Certification HVE 2 pour les légumes de Triskalia
Après la démarche Agriconfiance, l’organisation de producteurs de légumes de Triskalia et ses 600 producteurs, viennent d’obtenir la certification haute valeur environnementale de niveau 2. Au champ, des itinéraires techniques restrictifs et une réduction maximale d’intrants de synthèse. Mais pas que. Un "petit plus", espèrent les producteurs, pour toucher le marché de la restauration hors foyer.

Kerfulus, des alignements parfaits de choux offrent au paysage leurs reflets bleutés. "Je n’ai pas eu une seule attaque", confie Thomas Bouix, deux mois après l’implantation de sa parcelle faite au cordeau grâce à l’interface et la caméra de guidage. "Ça facilite le désherbage mécanique, zéro chimique. D’abord du binage puis j’ai butté. J’ai ma bineuse mais l’OP met à disposition du matériel". Pas d’attaque et pourtant, "je n’ai passé aucun traitement insecticide en deux mois", témoigne ce jeune éleveur installé après tiers à Cléguérec (56) en 2016.
Sur la base d'Agriconfiance
La coopérative Triskalia compte 600 producteurs de légumes, tous engagés dans la démarche Agriconfiance "à laquelle nous nous sommes attelés il y a près de vingt ans. Nous sommes fiers de ce que nous faisons", insiste Georges Galardon, président de Triskalia. Fertilisation organique et éventuellement apport minéral sur le rang, "ont permis de réduire de 20 à 30 % l'utilisation d’engrais. Cela passe aussi par des choix variétaux adaptés, pour limiter, voire supprimer, si possible, les insecticides, par des sondes pour irriguer ce qu’il faut au bon moment…", note Julien Prat. "En épinards, la protection fongicide a été arrêtée sur plus de la moitié des surfaces", poursuit le responsable de l’organisation de producteurs de légumes de la coopérative.
Quatre piliers de la certification HVE2
Gestion de la fertilisation, stratégies phytosanitaires, gestion de la ressource en eau, ce sont trois des quatre piliers de la Certification environnementale de niveau 2 que le ministère de l’Agriculture vient de reconnaître à l’organisation de producteurs. Pour être complet, s’ajoute le volet biodiversité. "Dans les années 70, le remembrement a été excessif ici. Quand je me suis installée en 86, j’ai créé des haies et des talus pour limiter l’érosion de ma terre et protégé les fossés", détaille Gilles Le Meur, éleveur et voisin de Thomas Bouix. "Les oiseaux s’y nourrissent, dans mes champs aussi. Je ne mets plus d’anti-limaces depuis quinze ans. Et j’ai aussi des oiseaux de proie, des buses qui dérangent les pigeons, aucune attaque sur mes petits pois. Sans parler des mulots et autres rongeurs qu’elles boulottent", note cet adepte du dialogue avec chasseurs et apiculteurs. "Quand j’ai appris que les abeilles n’avaient plus suffisamment à manger en cette période, j’ai mis en place des couverts végétaux à floraison d’automne". Autant d’évolutions de pratiques et d’engagements environnementaux, y compris sur le transport des légumes, qui motivent cette reconnaissance mais pour lesquels ces agriculteurs "qui on fait des efforts attendent un petits plus", insiste aussi Gilles Le Meur, pour un retour de la valeur.
Il faut maintenant que les achats se mettent en place.
Pousser l'avantage sur la restauration hors foyer
Pour y parvenir, la filiale Gélagri, transformatrice des légumes Triskalia, et les légumes surgelés Paysan Breton, entendent bien pousser l’avantage de ces mutations. "Nous sommes dans un contexte où nous constatons tous les jours l’évolution de la demande des clients qui veulent consommer local, qui veulent du sens. La coop est porteuse de valeurs, et nos produits sont de qualité". Avec l’obligation pour les collectivités en charge de la restauration hors domicile de réserver 50 % de la valeur des achats à des produits de qualité (20 % pour la bio et 30 % pour d’autres catégories de signes d’identification de la qualité et d’origine (Siqo, HVE et Certification environnementale 2), la coop entend pousser son avantage. "Notre discours a plus d’échos. On a une part à prendre mais il faut maintenant que les achats se mettent en place", lance Régis Pennarun de Gelagri, à destination des collectivités, entre-autres.
Production de légumes de Triskalia
600 producteurs en Bretagne
120 000 tonnes sur 8 000 ha
12 % en bio
9 légumes et 5 aromatiques
50 salariés













