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Règlement européen
Les bio sont inquiets

Alors que la croissance de la consommation en bio se poursuit à un taux de 10 % l’an, la production stagne. Pas de conversion et peu d’installations sont à mettre au crédit du Morbihan dont les producteurs s’inquiètent du nouveau règlement européen.

Véronique Jardin, animatrice du GAB 56, 
et René Kermagoret, président et producteur de Légume à Kervignac.
Véronique Jardin, animatrice du GAB 56,
et René Kermagoret, président et producteur de Légume à Kervignac.
© TERRA

« Notre objectif est clair, c’est 10 % de bio en 2013, nous partons de 2 %, il va falloir promouvoir l’installation » plaide René Kermagoret, producteur de légumes à Kervignac et président du GAB 56. Car du côté consommation, « les consommateurs répondent présents avec une croissance de 10 % l’an , 80 % d’entre eux ont une image positive de la bio et ne veulent pas d’OGM dans leur assiette ». L’inquiétude se porte plutôt du côté de la production, insuffisante. Après le coup d’arrêt des conversions à la fin des CTE « les politiques n’ont pas su rétablir d’aides conséquentes » déplore Véronique Jardin, animatrice du GAB. Pourtant en matière de développement, le Morbihan se distingue avec 440 000 repas bio servis dans 45 collectivités avec accompagnement pédagogique et sensibilisation. Une progression de 70 % en un an. « Il faut aider les paysans à s’installer . Les collectivités doivent prendre conscience que si elles veulent améliorer la qualité de l’eau, de l’air, elles doivent donner un coup de pouce » souligne René Kermagoret qui prône l’instauration de réserves foncières communales pour la bio à l’image des ZAC. D’autant que l’intérêt montré lors du Forum des métiers de Grandchamp « nous encourage, c’est une agréable surprise, la bio n’est plus tabou ». Travail avec l’ADASEA et les lycées agricoles sont autant de pistes du GAB pour promouvoir installations et conversion.

OGM à marche forcée
Reste une inquiétude de taille avec la modification du règlement européen « que tous les ministres de l’agriculture ont adopté en décembre dernier à l’exception du ministre Belge ». Avec ce règlement, qui bannit la subsidiarité, sonne le glas de la marque nationale AB et « des 20 années de travail de promotion, c’est aussi le retour à des marques privées avec des bases moins exigeantes » déplore le producteur. Ce nouveau règlement signe également la mort de l’interdiction de coexistence avec les OGM. « Nous ne baisserons pas les bras, nous allons semer un peu partout du maïs et le faire analyser, on va savoir s’il y a des cultures commerciales ». Des cultures qui contrairement aux essais ne sont pas soumises à obligations de déclaration. En cas de contamination, « c’est toute la culture bio qui est déclassée avec la législation nationale ». Avec le nouveau règlement ce ne serait plus le cas. « On veut ainsi nous imposer les OGM, on ne se laissera pas faire » prévient le producteur.

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