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La profession agricole a réaffirmé son engagement dans Ecophyto 2+

Réunis le 11 décembre dernier lors de la journée régionale Écophyto organisée par les chambres d'Agriculture de Bretagne, les acteurs agricoles impliqués ont témoigné de la dynamique engagée pour la réduction de l’utilisation et de l’impact des produits phytosanitaires en Bretagne.

Échanges entre six porteurs de projets visant la réduction de l’usage et/ou de l’impact des produits phytosanitaires.

Au cours de la matinée, six structures impliquées dans la réduction des produits phytosanitaires (Civam, chambre d’Agriculture, coopérative, Cuma, Gab) ont partagé leurs expériences sur la conduite d’essais systèmes (notamment via le dispositif Déphy Expé) et/ou sur l’accompagnement de collectifs d’agriculteurs. La complémentarité entre recherche appliquée et groupe de fermes est importante dans les changements de pratiques. Les leviers mobilisés pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires dans ces dispositifs sont multiples : désherbage mécanique, allongement de la rotation, auxiliaires des cultures, variétés résistantes, décalage de la date de semis, pilotage de la fertilisation… L’ensemble des acteurs a rappelé que combiner plusieurs leviers alternatifs était nécessaire pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires. Paul Rouaud (Adage 35) a aussi souligné l’importance de la re-conception des systèmes pour réussir à atteindre les objectifs de -50 % de produits phytosanitaires, fixés par le plan Ecophyto 2+.

 

Limiter líimpact des produits phytosanitaires

Le plan Écophyto vise non seulement à réduire l’usage des produits phytosanitaires mais aussi l’impact de ceux-ci. En Bretagne, la qualité de l’eau est au cœur de cet enjeu. Le DPR2 (Diagnostic de parcelles à risques 2) et Phytosite® sont deux outils qui peuvent limiter le risque de pollution de l’eau par les produits phytosanitaires. Le DPR2 permet d’évaluer le risque de transfert dans ce compartiment par des molécules et propose des solutions pour le réduire. Richard Guillouët, directeur du Crodip, a quant à lui, présenté Phytosite®. Cet outil, basé sur un entretien de 2 à 3 heures et une visite d’exploitation, permet d’aboutir à l’aménagement des différents postes présents dans un site phytosanitaire pour réduire les risques de transferts de produits dans l’environnement.

Rendre l'agriculteur plus autonome et acteur de son changement.

Le groupe permet d'échanger et de se rassurer

L’accompagnement de collectifs d’agriculteurs est au cœur du dispositif Écophyto, à travers les fermes Déphy et/ou les fermes dites 30 000 (1). Deux agriculteurs engagés dans ces groupes ont pu témoigner de leur expérience. Pour eux, appartenir à un collectif permet non seulement de trouver des solutions alternatives aux produits phytosanitaires, mais aussi et surtout d’échanger et de se rassurer. Au sein du collectif, ils peuvent partager leurs craintes, leurs prises de risques et ainsi lever des freins et tester de nouveaux leviers ensemble. Ils vont ainsi plus vite et plus loin dans la réduction des produits phytosanitaires !

 

Ecophyto 2+

L'importance de la posture de líanimateur

Deux animateurs Déphy ont témoigné de l’évolution de leur posture de conseiller au cours de la vie de leur groupe. Pour accompagner au mieux les agriculteurs dans leurs changements de pratiques, ils ont relayé au second plan leurs conseils techniques et se sont formés aux freins liés au changement et à l’animation de collectifs. Individuellement, ils cherchent à interroger la trajectoire de l’exploitant pour comprendre ses contraintes, ses objectifs et son évolution. Collectivement, ils favorisent les échanges, l’apprentissage entre agriculteurs pour bénéficier du transfert entre pairs, font appel à de l’expertise technique interne au groupe et questionnent les pratiques. "À un agriculteur qui me demande dans une parcelle ce qu’il doit faire, je lui renvoie sa question. Qu’est-ce qu’il souhaite faire ? Que lui ont appris les expériences passées ? L’objectif est de le rendre plus autonome et acteur de son changement", explique David Bouillé, animateur à la chambre d’Agriculture de Bretagne. Les deux conseillers ont abordé leur métier différemment afin d’avancer avec les agriculteurs dans la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. Au final, conseillers et agriculteurs ont changé !

 

Des pistes à travailler et de nouvelles actions prévues en Bretagne dès 2020

L’après-midi, André Sergent, président de la chambre d’Agriculture de Bretagne, a constaté la prise de conscience collective des différents partenaires et réaffirmé la nécessité de s’engager de manière massive et positive dans cette réduction. Michel Stoumboff, directeur de la Draaf Bretagne a ensuite présenté quelques actions de la nouvelle feuille de route Ecophyto 2+ régionale (accessible sur le site de la Draaf Bretagne). Des actions phares du plan seront poursuivies et amplifiées : l’animation des collectifs, la diffusion de leurs résultats, l’appui aux agroéquipements, la réduction des herbicides, le Certiphyto etc. Mais l’accent sera aussi mis en Bretagne sur les Certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP), l’accompagnement des exploitations bretonnes dans la certification HVE (Haute valeur environnementale) et la surveillance et la réduction des effets non intentionnels des produits phytosanitaires sur l’eau, les pollinisateurs et la biodiversité. Avec des objectifs partagés, Olivier Allain, vice-président du conseil régional, a réaffirmé l’importance d’une approche systémique et de l’agro-écologie au sens large.
Le président du comité Agronomie Écophyto, Yannick le Bars, a aussi souligné que de nombreuses thématiques devaient encore être étudiées : la répartition du temps de travail, le renouvellement des générations, le lien entre l’amont et l’aval au sein des filières, la rémunération des agriculteurs, la re-conception des systèmes… L’ensemble de ces thématiques devront être intégrées dans la réflexion globale de réduction des produits phytosanitaires en Bretagne.

 

Ecophyto 2+

Portes ouvertes en Bretagne

Deux projets de porte-ouvertes sont prévus tout au long de l’année en Bretagne. Les portes ouvertes Cap sans glypho ont pour but de montrer une ou des technique(s) alternative(s) au glyphosate ayant été mis en œuvre dans une exploitation bretonne. Les portes ouvertes Rencontres alternatives phyto (RAP) présenteront quant à elles des leviers mobilisés pour réduire l’usage des produits phytosanitaires et d'échanger sur les atouts et contraintes de ces leviers.

CONTACT :  Pour tous renseignements complémentaires, contactez Laurence Albert, animatrice Ecophyto, 02 23 48 27 94.

 

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