Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

L’agriculture paysanne, solution au changement climatique

Face au changement climatique, la Confédération paysanne de Bretagne s’est penchée sur les scénarios agricoles et alimentaires permettant de réduire les gaz à effet de serre. Pour effectuer la transition, c’est à "un choc, une révolution agricole" qu’elle a appelé, jeudi dernier à Lanouée (56) lors de son assemblée générale.

Confédération paysanne de Bretagne
À la tribune Véronique Marchesseau, Jean-Marc Thomas, Philippe Pointereau, Henri Dauce, Thierry Burlot et Soazig Le Bot.

"L’agriculture est à la fois, victime, coupable et solution face au changement climatique", cadre Soazig Le Bot, du comité régional de la Confédération paysanne. Et parce que "le phénomène influence l’ensemble des productions agricoles et met à mal la vie des agriculteurs", le syndicat paysan en a fait le thème central de son assemblée générale, rappelant les 23 % d’émissions de CO2 dont serait, à elle seule, responsable l’agriculture. "La sécurité alimentaire est réinterrogée et va devenir un enjeu prioritaire", estiment les responsables du syndicat qui ont fait le choix "d’intégrer cette problématique dans nos propositions d’actions", pointe Jean-Marc Thomas, porte parole régional. "L’agriculture que nous défendons est basée sur un système herbager, des semences population, l’assolement des cultures, le maintien des prairies permanentes, la réduction des intrants, la relocalisation de la consommation", fonde Véronique Marchesseau, secrétaire nationale du mouvement pointant en ligne de fond l’interrogation sur les pratiques et les systèmes à mettre en œuvre pour diminuer l’impact de l’agriculture sur l’émission de gaz à effet de serre (GES) mais aussi sur les politiques susceptibles de les encourager.

 

Changer alimentation, le levier

Pour apporter son expertise au débat, Philippe Pointereau. Le co-directeur Solagro se référera à la feuille de route gouvernementale pour contenir l’évolution de la température suivant les accords de Paris soit "pour réduire de 75 % l’émission de GES d’ici 2050, l’agriculture doit réduire les siens de 50 %". Une nécessité au risque de voir "l’agriculture souffrir plus encore si on n’est pas capable de limiter le réchauffement". Pour lui, la transition est possible. Elle passe par l’alimentation biologique, "le levier le plus puissant", estime, études à l’appui, l’administrateur de France nature environnement. Il place sur la deuxième marche du podium "le changement de pratiques agricoles". Et si l’empreinte de chaque adulte français est de près de 12 teq CO2/an, "on réduit de 37 % l’émission de GES en mangeant bio. On peut arriver à 50 % de réduction", ambitionne-t-il pour cette alimentation plus végétale, avec plus de légumineuses et moins carnée. Ainsi, "les produits animaux pèsent pour 89 % d’émission de GES chez un consommateur conventionnel contre 52 % en bio".

 

Révolution agricole

Une logique poussée à son terme dans l’étude Afterres avec des scénarios aboutissant en France à "une diminution de 46 % du cheptel bovin, laitier et allaitant, 40 % des porcs, de 38 % de pondeuses et de 22 % de volailles de chair". Une prospective de choc sur la terre d’élevage qu’est le Grand ouest. Il verrait passer son cheptel de laitières de 1,8 million de têtes à 0,8, et de 1 million de bovins allaitants à 0,2... "Rien n’est simple, la transition est possible, on y parvient avec le changement alimentaire. Il faudra faire face à des réductions drastiques", prévient le co-directeur de Solaro. Plus que la sobriété, l’austérité.

"Plus de sécheresse et plus de monde en Bretagne : le développement du territoire est en question", estime Thierry Burlot, conseiller régional. "C’est le changement du modèle économique qui fera l’environnement, il faut l’engager", appuie le président du comité de bassin Loire de Bretagne qui appelle à "prendre la mesure du phénomène". "On est à un moment clé, dans les dix ans à venir, 50 % des fermes vont changer de mains. C’est une opportunité pour réorienter et soutenir un modèle agricole qui réponde au enjeux sociaux et environnementaux", s’accordent avec Henri Dauce, les participants de cette assemblée générale réclamant la réorientation des aides publiques pour la transition. "On fait tout l’inverse. Il faut regarder en face cette révolution agricole", invoque Jean-Marc Thomas, porte parole de la Confédération Paysanne de Bretagne.

 

Confédération paysanne de Bretagne

Solagro

L'association Solagro, co-autrice de l’étude pluridisciplinaire parue dans l’American Journal of Clinical Nutrition, a mené également l’étude Afterres2050. Elle est dirigée par Philippe Pointereau, auteur du dossier grand public "Le revers de notre assiette, changer d’alimentation pour préserver notre santé et notre environnement", juin 2019.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Crédits carbone : les premiers contrats sont signés
Fin 2019, la Commission européenne donnait son feu vert au régime d'aide proposé par la France pour le paiement de services…
Marc revit et se rééduque en allant voir ses vaches
Agriculteur à Loucelles, (14) ancien président de la FDSEA du Calvados et ancien vice-président de la Safer Normandie, Marc Buon…
Le plan de relance de l'apprentissage peut profiter au monde agricole
Le 4 juin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé un plan de relance de l'apprentissage, avec notamment une prime à l…
Trop de porcs : l'État demande à la filière de s'organiser
Mardi 2 juin, un plan de filière porcin a été discuté en préfecture de Région pour tenter de résoudre le problème de fluidité des…
Les agricultures bretonnes en 2040 se dessinent aujourd'hui
Quels visages auront les agricultures bretonnes à l'horizon 2040 ? Désireux de se saisir des enjeux, de se projeter et de s'…
GAEC Cabri'Hyaule - Eleveurs de chèvres laitières : En bio, produire du lait avec des fourrages de qualité
Des bovins lait en conventionnel aux chèvres bio, la ferme a beaucoup changé depuis 2016. Aujourd’hui, nous sommes trois, le père…
Publicité