Mon ambition c'est le "faire ensemble"
Thierry Le Druillennec s'est installé en 1992. Depuis cette date il s'est investi au niveau du groupement de défense sanitaire jusqu'à en devenir président lors de la dernière assemblée générale. Membre du Gaec du même nom, il est aussi connu dans les concours animaux pour avoir présenté des grands championnes, en race Prim Holstein. Entretien avec un éleveur pour lequel les questions sanitaires ne sont pas juste un mot.

Vous venez de prendre la présidence du GDS Bretagne. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Thierry Le Druillennec. Je me suis installé en 1992 avec mon frère. Nous exploitons aujourd'hui en Gaec. Nous sommes quatre dans le Gaec, mon épouse, ma fille, mon frère et moi. Nous sommes en race Prim-Holstein et nous avons la particularité dans l'élevage de faire aussi des concours. Nous livrons 1,5 million de litres de lait, nous vendons des vaches en lait ainsi que des taureaux de saillie.
S'il y avait un mot pour caractériser votre début de présidence ?
T.L.D. Mon ambition c'est "faire ensemble", avec les éleveurs, les partenaires, l'administration : le sanitaire est connecté à tout notre environnement et il faut que tous les acteurs du monde de l'élevage comprennent que le sanitaire est important et se joue au collectif. C’est aussi "proximité" et "écoute" : nous avons réorganisé la présence des conseillers sur les territoires. GDS Bretagne doit être visible, écouter les besoins des éleveurs et leur apporter la réponse adaptée. Nous accompagnons les éleveurs au quotidien pour qu'ils puissent au mieux protéger leur élevage, et éviter l'introduction de maladies.
Entre la FPA, la grippe aviaire, et la FCO, les questions sanitaires reviennent sur le devant de la scène ?
T.L.D. Les questions sanitaires ont toujours été importantes pour la réussite de l'élevage. La FCO nous a touchés, la fièvre porcine, même si elle concerne moins les éleveurs de bovins, interroge. Le risque sanitaire lié au développement des échanges commerciaux en est probablement une cause. Même si ça paraît parfois loin, ça peut aller très vite et chacun doit rester en veille. Depuis l'hiver dernier on a beaucoup parlé de la biosécurité. Deux actions sont en place : un audit par le conseiller pour comprendre comment mieux protéger l'exploitation sans révolutionner son fonctionnement, puis une formation pour les éleveurs. Nous suivons aussi les mouvements d'animaux : chaque année près de 375 000 ont lieu vers les élevages bretons. Tous sont contrôlés. Les animaux viennent de chez le voisin, de Bretagne mais aussi de toute la France. GDS Bretagne surveille cela au quotidien. Le suivi des prophylaxies (la campagne commence au 1er octobre et se termine au 1er avril), est aussi au cœur de notre activité car cela permet de qualifier des élevages. Le sanitaire c’est aussi essentiel dès l’installation et un jeune qui s'installe doit l’intégrer dès le début de son projet.
La situation en Bretagne reste assez exceptionnelle.
T.L.D. Tout à fait, c'est assez exceptionnel, et si la situation reste maîtrisée c’est parce que chacun reste aux aguets. La première sentinelle c’est l’éleveur. Aujourd'hui pour la tuberculose, la brucellose, la leucose, le varron et l'IBR on atteint un taux global de 98,5 % de cheptels indemnes. En BVD 87 % de cheptels sont classés présumés indemnes et plus de 60 % des bovins bretons sont non IPI. Il reste donc encore 800 000 animaux sans connaissance de ce statut, mais ce chiffre évolue et s'améliore tous les jours. On a eu des cas d'IBR en Ille-et-Vilaine, fin de l'année dernière, et c’est la surveillance qui permet de découvrir les nouveaux cas. En sanitaire le risque est toujours présent, rien n’est jamais définitivement acquis.
L'hiver dernier, plusieurs centaines d'éleveurs se sont vus suspendre la délivrance des cartes vertes pour des questions de règlement de facture. Où en est ce conflit ?
T.L.D. La surveillance sanitaire a un prix et nous avons effectivement relancé des éleveurs en impayé à ce sujet. La rigueur s’est imposée - ce qui n’a pas plu à certains - pour bien gérer notre budget, comme tâche de le faire toute association ou entreprise. Nous sommes cependant à l’écoute de toutes les situations lorsqu’elles nous sont remontées, pour trouver une solution pour l’éleveur. Une petite minorité a voulu nous mettre en défaut, et une encore plus petite continue maintenant... chacun mène son combat ! Nous sommes là pour la collectivité. Une très grande majorité d'éleveurs ne comprend pas ceux qui ne veulent pas payer. Ce soutien de la majorité des éleveurs, c'est aussi ce qui nous a permis de tenir. 96 % des éleveurs sont aujourd'hui adhérents à GDS Bretagne.
Cela a changé des choses en interne ?
T.L.D. Oui dans la façon de fonctionner évidemment, de mieux expliquer les lignes de facturation, dans un contexte où l'on a l'obligation de maîtriser le budget. Et un budget bien maîtrisé nous permet de répondre aux besoins de service exprimés par les éleveurs !
Vous prévoyez de nouvelles actions en 2020 ?
T.L.D. Oui, l’action Paratuberculose évolue fortement. Notre objectif est de donner les outils à l’éleveur en fonction de son statut d’élevage, et avec l’appui du conseiller, pour choisir les mesures qu’il mettra en place en fonction de ses objectifs de production et de son statut d’élevage. Le conseiller sera toujours là pour l’aider.
Le GDS réunira ses adhérents du 9 décembre au 14 février
Pendant tout l'hiver les responsables du GDS iront à la rencontre des adhérents dans les quatre départements bretons. Les réunions débuteront le 9 décembre jusqu'au 14 février et auront pour thème central "risques sanitaires et faune sauvage : idées reçues ?"










