Le club Robot découvre un concentré d'automatisme
Une centaine de personnes, y compris les techniciens, du club Robot Eureden s'est retrouvée à Eréac (22) à l'Earl des Champs Perrin dans un élevage robotisé pour des échanges techniques élargis.

Le club Robot Eureden, normalement réparti sur les quatre départements, s'est transformé en un événement unique organisé à Eréac en Côtes d'Armor à l'Earl des Champs Perrin où chacun est venu puiser des informations techniques, mais aussi une bonne dose de convivialité post confinement.
Triskalia a lancé cette dynamique il y a cinq ans au Space. "Les éleveurs se réunissent deux à trois fois par an en groupe de 30 personnes dans chacun des départements. Aujourd'hui, il ne s'agit pas d'une porte ouverte mais d'un rendez-vous technique, qui au vu des circonstances sanitaires sera aussi convivial", indique Pascal Allo, responsable de région 22. Sont habituellement accueillis des adhérents avec des projets, ceux en vitesse de croisière et des clients "fidèles" aux programmes nutritionnels. Quatre ateliers techniques étaient organisés en des points différents de l'élevage : choix de la robotisation / projet économique ; importance de la ration à l’auge ; alimentation de la vache tarie et élevage de la génisse.
Un élevage automatisé pour gagner en souplesse
Les participants ont convergé vers l'élevage de Patrice Pécheul, une "belle" structure gérée par un seul exploitant et un salarié. En cours de restructuration depuis quatre ans, l'élevage comprend un troupeau de 145 vaches, deux robots de traite Lely (2008 et 2010) et un robot d’alimentation Trioliet (2019). Dans le même temps, un second salarié vient de rejoindre l'élevage. Effectivement, les investissements et les évolutions (bâtiments, robots, sociétés juridiques) depuis son installation en Gaec en 1993 n'ont cessé de s'enchaîner. "L'idée de reprendre l'exploitation voisine en 2018 avait pour but de saturer les deux robots de traite avec du lait A. Cela consolide la structure", explique Patrice Pécheul, qui projette à terme de produire 1,4 millions de litres de lait. C'est après que l'homme décide d'investir dans un robot d'alimentation. Ainsi la robotisation a pris le pas : le robot d'alimentation se déplace dans la stabulation par un système de rail électrique entre l'auge et la cuisine située près des silos. Une dizaine de rations est programmée par jour 24h/24. "Je voulais de la souplesse pour ne pas mettre l'exploitation en péril en cas de problème. Et puis, je voulais un élevage attractif pour l'embauche de main d'oeuvre", justifie-t-il.
Jean-Yves Deslandes, conseiller d'entreprise, envisage un temps de restructuration vers un système "cohérent" en sept ans. "Il y a quatre ans, nous avions des problèmes de main d'œuvre et de sanitaire. Le choix fait est économiquement raisonnable et raisonné".
Zoom sur le tarissement
Parmi les thématiques techniques abordées, celui de l'alimentation et de la santé au tarissement a retenu l'attention des participants. Il est conseillé de réaliser trois semaines en BACA négative (balance alimentaire cation-anion) avant vêlage, pas plus, indique un vétérinaire. Pourquoi ? Car plus la BACA est faible, plus le pH du sang est faible et moins les protéines sont liées au calcium alors mieux assimilé par la vache. D'où moins de problèmes de délivrance, de fièvre de lait et de soucis métaboliques au vêlage. Pour diminuer la BACA, on limite le sodium, le potassium et on apporte des chlorures, des sulfates ou du soufre. Comment contrôler ? Par une analyse d'urine qui doit être idéalement inférieure à un pH 7 en fin de tarissement (gestion en deux lots). Attention à la paille et au foin qui peuvent réserver des surprises.
Par ailleurs, pour ceux qui osent la prise de sang : la mesure de la glycémie et des corps cétoniques (B-OH) est simple et rapide à partir d'un petit appareil (70 €) et de bandelettes (problème de réduction de l'ingestion, apport en énergie insuffisant). "Quand cela déraille, il est bon de recontrôler".














