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L'embauche de réfugiés : une expérience en cours en Centre Bretagne

Face à la pénurie de main d'œuvre dans les élevages de Centre Bretagne, des élus ont décidé, en fin d'année dernière, de lancer un programme d'embauche de personnes réfugiées sur le territoire de la communauté de communes du Kreiz Breizh. Trois agriculteurs ont décidé d'entrer dans la démarche.

Les partenaires du projet d'embauche de réfugiés sur le territoire de la CCKB.

Suite à l’extension de la zone de Kerjean et l'artificialisation de terres agricoles, la communauté de communes du Kreiz Breizh (CCKB) a sollicité la chambre d’agriculture pour une étude ERC, "Éviter - Réduire - Compenser", afin de compenser la perte de valeur ajoutée agricole. La CCKB a rencontré le comité territorial de la chambre d’agriculture de Rostrenen pour déterminer les besoins du territoire : les élus professionnels ont opté pour un projet d'utilité collective qui dynamise le territoire et profite à tous les agriculteurs du secteur géographique. Les échanges ont abouti a un projet d’accueil et d’emploi de réfugiés dans les exploitations agricoles. Le projet comprend la création d’une entité collective pour accompagner six réfugiés et six exploitations agricoles, plus une aide à l’embauche sur les six premiers mois. Le tout pour une enveloppe budgétaire de 50 000 €.

Une intégration sur le long terme
En Centre Bretagne, plus de six mois sont nécessaires au recrutement d'un salarié. Le problème de l'attractivité du métier, ajouté à la situation géographique des exploitations, est un vrai casse-tête pour les exploitants, qui peinent à embaucher des salariés motivés.
"Il y a une réelle volonté d'accueillir sur le territoire de la CCKB avec une intégration à long terme. Nous avons travaillé sur l'accueil des familles : le logement, l'école, le travail de l'homme et de la femme...", explique Jennifer Nunes, de l'Anefa 22, en charge du recensement et de l’accompagnement des exploitants intéressés. "Les personnes accueillies sur les exploitations seront réfugiées statutairement au titre de la convention de Genève, en règle, avec une autorisation de travail, un titre de séjour et une inscription à Pôle emploi. Il faut savoir que ces personnes postulent à des offres d'emploi ouvertes à tous, publiées à l'Anefa et à Pôle Emploi", tient à ajouter la coordinatrice.
Aujourd'hui, trois employeurs ont décidé d'adhérer au projet. Après une mise en situation professionnelle de 15 jours, employeur et réfugié pourront décider de signer un CDI. L'agriculteur est dédommagé durant les six premiers mois pour compenser le temps et l'investissement consacrés à la formation.

Un travail d'accompagnement
De l'autre côté, l'Amisep, l'organisme pour l'insertion sociale, a pour mission de faire la promotion des métiers agricoles au sein de son réseau, afin d'attirer des personnes réfugiées vers un emploi et une installation durable sur le territoire. Sur le secteur de Vannes, Pontivy, Rostrenen, quarante réfugiés sont potentiellement éligibles, suivis par une référente sociale. La diffusion des offres et des profils recherchés a débuté (arrêtée par la période de confinement sanitaire), puis suivra une première prise de contact avec des visites d'élevage. "Au delà du frein de la langue, c'est la mobilité qui peut poser problème : le permis de conduire, les horaires de travail... Nos codes de l'entreprise ne sont pas présents, bien souvent leur relation au travail est alimentaire. Mais ce sont des gens très disponibles pour le travail", décrit Ivan Guégan, de l'Amisep.
Un suivi régulier et individuel sera assuré par l'Anefa 22 et l'Amisep pour aller chercher, si besoin, des formations complémentaires. "Si l'employeur valide, il y aura un travail en lien avec lui pour voir les difficultés rencontrées. La technicité peut être attractive si elle est accompagnée".

Il y a une réelle volonté d'accueillir sur le territoire de la CCKB, avec une intégration à long terme.

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