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Notre agriculture devrait-elle répondre aux diktats pour perdurer et être légitime ?

Fabienne Garel, présidente de la FDSEA22.

De plus en plus, nous, agricultrices et agriculteurs devons répondre à des injonctions, et même plus que cela, à de nouveaux diktats émanant d’une minorité de la bien-pensance envers l’économie, l’environnement, l’élevage de nos exploitations. Je fais ce constat avec amertume aujourd’hui et crainte pour demain.

Le diktat du prix bas, ou de l’économie à tout va, transforme un produit alimentaire noble en simple ligne comptable de dépense. Leur alimentation, certains voudraient l’acheter moins cher, toujours moins cher, mais avec toujours plus de signes et de critères de qualité. Or le travail que chacune et chacun d’entre nous fournit, a de la valeur, beaucoup de valeur, une "juste" valeur. Il faut que ces consommateurs exigeants comprennent qu’à travers leurs achats, ils ont la clé pour nous accompagner dans les évolutions vers des modes de production auxquels ils aspirent… ou pas ! Ils doivent aussi comprendre que l’alimentation doit être plurielle pour répondre à toutes les demandes.

Il n’y a pas un, mais des, consommateurs, et autant de modes de consommation.

L’idée d’une montée en gamme de la production ne peut avoir comme corollaire qu’un retour de la valeur ajoutée, et la rémunération des producteurs pour le temps passé, les contraintes techniques, et les risques assumés.

L’environnement, ensuite. Le diktat des peurs de quelques-uns a précipité l’État à nous imposer de nouvelles normes dans la conduite de nos cultures avec les ZNT. Et pourtant nos pratiques ont tellement évolué ces dernières années. Face à ces discours de peurs, nous devons rassurer en expliquant quelles nécessités nous avons à utiliser tel ou tel traitement pour protéger nos cultures, et quel en est l’intérêt pour la sécurisation de l’alimentation. Le débat doit être apaisé et constructif et surtout se baser sur la science et la technologie, sur ce que l’on sait et non que l’on suppose. Doit-on avoir peur du monstre du Loch Ness ! Le principe de précaution ne doit pas être un prétexte à l’immobilisme. La peur n’a jamais empêché le danger. Mais le progrès n’est pas que le danger… bien au contraire.

Je refuse le diktat de ceux qui veulent une campagne inerte et vide, en s’opposant aux divers projets agricoles. Lorsqu’un projet répond aux ambitions, ou à une nécessité qu’a un agriculteur pour lui-même, sa famille, et son exploitation ; il est vertueux pour son territoire. Il est pour ce dernier une source de vitalité. Parce que la campagne a besoin de ses agriculteurs.

C’est une réalité, les diktats se multiplient. L’agriculture n’en a pas besoin pour évoluer dans le bon sens, pour perdurer et pour être reconnue.

Nous, agricultrices et agriculteurs, sommes les acteurs des changements, et cela doit se faire à notre mesure. Nous y travaillons ! Laissez-nous y travailler.

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