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Revenu des aviculteurs : la grande distribution à l'index

Rémunération en baisse, disparition du parc breton : les éleveurs de volailles demandent la revalorisation des prix de reprise et un meilleur partage de la valeur ajoutée. Leurs revendications ont été entendues par les acteurs majeurs de la filière lundi 16 avril à Rennes, suite à une action menée depuis la veille vis-à-vis de la grande distribution.

Jean-Michel Choquet et Jean-Noël Sidaner, de retour des négociations à Rennes, exposent aux éleveurs les résultats des discussions.
Jean-Michel Choquet et Jean-Noël Sidaner, de retour des négociations à Rennes, exposent aux éleveurs les résultats des discussions.
© TERRA
Les chiffres du CER Bretagne sont édifiants : le résultat courant des éleveurs de volailles, d'à peine 13 000 euros par UTH en moyenne pour près de 2 000 m2 entre 2002 et 2006, a baissé à 11 670 euros ces deux dernières années.
Aussi, quatre exploitations sur dix dégagent moins de 7 500 euros par actif. Le Morbihan, premier département avicole de France, a perdu 800 000 m2 de parcs depuis 2000. Face à une augmentation du coût de production et du temps de travail ces dernières années, la FRSEA déplore une absence de revalorisation réelle des contrats.
Dans ce contexte, les représentants des FDSEA ont entrepris depuis l'automne dernier, des discussions avec les industriels de la région. Lesquels ont alors reconnu qu'ils n'étaient pas unis face à la grande distribution.
Aujourd'hui, les éleveurs de volailles demandent une revalorisation des prix de reprise pour permettre d'atteindre l'objectif de 23 200 euros pour 2 400 m2. Ils souhaitent aussi que le contrat-type soit indexé aux charges variables. Enfin, selon la FRSEA, les marges de la grande distribution, en ce qui concerne la volaille, sont telles qu'elles devraient permettre de rémunérer décemment les éleveurs, si les GMS acceptaient de diminuer leurs marges.

base Intermarché bloquée
Répondant à l'appel des FDSEA, environ 200 éleveurs ont convergé dimanche soir vers la base Intermarché de Saint Gérand, près de Pontivy (56), après s'être rassemblés aux quatre coins de la Bretagne. Pour la plupart éleveurs de volailles, ils soulignent toutefois le soutien dans cette action des autres productions ainsi que des anciens exploitants.
A 22h, les agriculteurs ont bloqué l'accès au site sur la voie publique, interdisant les entrées et sorties de camions. Trois chauffeurs se sont ainsi trouvés bloqués durant la nuit. Cette action pacifique s'est faite dans le respect des biens et des personnes : les éleveurs ne sont pas entrés sur le site, aucun prélèvement dans les locaux ou dans les camions n'a été effectué.
Les éleveurs se sont régulièrement relayés dans la nuit ainsi que dans la journée du lundi.

Gastronome tire les prix vers le bas
Lundi 16 avril, suite à l'action menée par la FRSEA, les acteurs de l'aviculture se sont réunis à Rennes dans l'après-midi. Etaient présents aux négociations : Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, Eugène Schaeffer, responsable avicole FNSEA, Jean-Noël Sidaner pour le Cravi et les quatre présidents des sections avicoles départementales, ainsi que les représentants de Doux, LDC, Duc, Unicopa, le groupe Glon du côté des industriels et un représentant de la fédération du commerce et de la distribution. Finalement, tous les acteurs majeurs ont répondu présents, à l'exception de Gastronome, troisième intervenant du marché de la volaille en France.
Et pour cause … les discussions de l'après-midi ont permis de mettre en évidence les contrats de vente très bas négociés par Gastronome avec la grande distribution. Dernièrement, cet industriel a lourdement investi dans un site avec une capacité de 900 000 poulets par semaine, ce qui l'encouragerait à faire du volume quel que soit le prix pour pouvoir amortir l'outil. Gastronome tirerait ainsi les prix vers le bas et empêcherait les autres industriels d'être concurrentiels vis-à-vis de la grande distribution.
L'action de la FRSEA à Saint Gérand s'est achevée lundi aux alentours de 20h. Cependant, les agissements de l'industriel Gastronome ont été condamnés avec véhémence par les syndicats bretons qui menacent de mener d'autres manifestations. "Une action à l'encontre de Gastronome permettra de faire bouger les prix sur toute la filière", déclare Jean-Michel Choquet, président de la section avicole du Morbihan, de retour des négociations. Les syndicats bretons regrettent enfin l'absence d'engagement dans les autres régions concernées, notamment dans les Pays de la Loire.

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