Une PAC au service des projets des agriculteurs

Depuis trop longtemps, entre un amont atomisé et un aval hyper concentré, à defaut de trouver de nouveaux débouchés, les agriculteurs subissent les conditions fixées par l’aval. C’est justement pour échapper à ce diktat que les légumiers bretons avaient construit leur organisation économique, pilier de la première mise en marché.
Pour permettre aux producteurs de lait d’échapper à une contractualisation individuelle subie, des Organisations de Producteurs se sont développées depuis 2012, et se sont regroupées en Associations d’Organisations de Producteurs (AOP). En porc, les groupements travaillent activement à la création d’une AOP pour redonner du pouvoir aux éleveurs. La filière viande bovine réfléchit aussi à s’organiser davantage pour faire face à la grande distribution.
Notre FDSEA soutient, et accompagne, ces démarches structurantes qui ont pour objectif d’assurer un prix rémunérateur aux agriculteurs, ainsi que la pérennité de notre métier.
On peut critiquer des résultats parfois timides, ou des évolutions trop lentes. Il n’appartient qu’à nous tous, agriculteurs, organisations économiques et professionnelles, d’encourager et de contribuer au renforcement de notre structuration. Les enjeux de notre organisation collective sont aujourd’hui d’autant plus grands que, demain, les leviers structurants de la PAC pour nos exploitations seront dans les organisations de producteurs et dans leurs associations. La convergence nationale et européenne est inéluctable. Les compteurs seront en soustraction pour nos exploitations ! C’est la raison pour laquelle nous nous devons d’être innovants, et chercher des solutions ailleurs que dans les seules aides directes, vouées à diminuer.
Les programmes opérationnels, dont peuvent bénéficier les OP et AOP reconnues pour accompagner leurs projets d’entreprise, font partie de ces solutions. La PAC est une politique économique qui doit rester aux agriculteurs, et donner le cadre le plus commun possible, pour limiter les distorsions de concurrence.
Les velléités du conseil régional de Bretagne de gérer les deux piliers de la PAC et de s’accaparer cette manne financière au service de ses propres ambitions politiques ne sont tout simplement pas acceptables. La preuve par l’exemple : par manque de financement pour l’appel à projet PCAEA 2020, le conseil régional exclut par idéologie certains systèmes d’élevage et les installations prévues entre avril et mai. Le renforcement des politiques régionales ne peut que susciter notre méfiance : le Sradett, schéma prescriptif sur le climat et la biodiversité notamment, en est l’exemple le plus flagrant ! Ce seront des règles et des distorsions de concurrence supplémentaires !
L’objectif de nos exploitations, est de générer des résultats, du revenu, pour la pérennité de l’activité agricole. Seuls des leviers structurants nous permettront d’y parvenir. Les manœuvres politiciennes n’ont pas ici leur place.












