Terra 29 mai 2014 à 08h00 | Par H.Bonneau

Biodiversité : en tirer profit !

A l’aube de l’examen de la future loi cadre sur la biodiversité par le parlement, la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor souhaite renforcer l’information et la formation des agriculteurs et des agricultrices sur "cet enjeu grandissant tant à l’échelle de la planète, qu’à celle des exploitations", explique Jean-Paul Hamon, responsable du pôle environnement à la chambre d’agriculture. Interview.

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Jean Paul Hamon, Responsable du pôle environnement à la chambre d’agriculture
Jean Paul Hamon, Responsable du pôle environnement à la chambre d’agriculture - © H.B

 


Quels sont les enjeux de la réglementation sur la biodiversité pour les exploitations ?


Jean-Paul Hamon. Ils sont multiples. Le projet de loi prévoit de se déployer sur plusieurs axes majeurs : la création d’une agence française de la biodiversité regroupant des structures existantes, le "retoilettage" des dispositifs en place pour protéger les milieux naturels et l’introduction de nouvelles dispositions (en partie contestées par la profession). L’agriculture doit rester au centre de ces négociations. Les conséquences sur une exploitation sont de plusieurs ordres. La biodiversité, faunistique et floristique, peut d’abord être produite par la diversité des espaces gérés (cultures,prairies, haies…). Elle peut également être utile à l’agriculteur par l’intermédiaire d’auxiliaires ou de polinisateurs par exemple. Cependant, elle est parfois subie, via les dégâts sur les cultures ou des réglementations contraignantes (trame verte et bleue…).

 


Peut-on utiliser la biodiversité pour améliorer ses performances ?


JP.H. AEI, Agro-écologie, AEP, qu’importe le nom qu’on lui donne, le principe d’utiliser les services éco-systèmiques de la nature pour améliorer ses performances techniques et économiques existe. Il peut prendre plusieurs formes, parfois simple à mettre en oeuvre. Ainsi, entretenir ses bords de champs selon certains principes peut favoriser la présence d’auxiliaires permettant de réguler des prédateurs. De même, sur les cultures de colza, certains peuvent implanter des espèces qui servent de leurre pour les prédateurs.Par ailleurs, d’autres diversifient leur assolement avec par exemple l’introduction d’oléoprotéagineux. Au final, en mettant en place ces pratiques, l’agriculteur gagne globalement en autonomie, notamment au niveau des intrants. Le chimique est en partie remplacée par l’action de la biodiversité.

 


La chambre d’agriculture organise une session de formation sur ce thème à l’attention des femmes. Pourquoi ?


JP.H. L’agronomie n’est pas un domaine réservé aux hommes même s’ils sont le plus souvent ceux qui assurent les travaux aux champs (bien que le tracteur ne leur soit pas réservé non plus). L’agronomie concerne tous les chefs d’exploitation, quel que soit leur genre. Que ce soit sur les choix d’assolement ou le plan de fumure, c’est un pôle de décisions stratégique qui conditionne l’entreprise dans sesproductions, sa capacité de développement et d’adaptation à son environnement. Il n’y pas de domaine réservé et les femmes ont toute légitimité à investir ces questions. Organiser une journée spécifique pour les femmes, qui peut amener des solutions concrètes sur les exploitations, peut permettre aux agricultrices de s’emparer du débat et contribuer à une communication positive du métier.

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