Terra 20 juin 2019 à 11h00 | Par Claire Le Clève

Journée laitière : l’attente de prix est pressante

Devant eux, 80 % de la collecte laitière en France. Un face à face convoqué le 11 juin dernier par la FDSEA du Morbihan avec ses producteurs de lait, lors de la journée laitière. L’attente de prix est forte après 10 ans d’absence de création de valeur dans la ferme laitière. Quels effets de la loi Egalim? C’est toute la question.

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Face aux producteurs laitiers, les représentants de 80 % de la collecte laitière : Benoît Drouin d’Agrial, Damien Lacombe, président de Sodiaal, Fabien Choiseau de Lactalis et Thierry Roquefeuille et Marie Richard du CNIEL.
Face aux producteurs laitiers, les représentants de 80 % de la collecte laitière : Benoît Drouin d’Agrial, Damien Lacombe, président de Sodiaal, Fabien Choiseau de Lactalis et Thierry Roquefeuille et Marie Richard du CNIEL. - © Claire Le Clève

 

 

"On a peut-être ici (en Bretagne ndlr) des conditions optimales pour produire du lait. Mais les producteurs doutent". Avec les EGA, le plan de filière et la loi Egalim, qu’est-ce qui a changé, qu’est-ce qui va changer en termes de prix pour les producteurs de lait et d’attractivité du métier ? Car la pyramide des âge dessine le départ de la moitié d’entre-eux, d’ici 10 ans. La requête est simple. Le contexte adossé par Marie-Andrée Luherne, présidente de la section lait de la FRSEA, aussi : "nous vous fournissons un produit de luxe que vous ne nous payez pas à la hauteur", lance-t-elle aux responsables de Sodiaal, Agrial, Lactalis... Or, les perspectives 2019 sur les marchés "sont plutôt favorables", estime Marie Richard, cheffe du service économie du Cniel.

Passer des hausses, oui mais

Retrouver du prix pour les producteurs, "il y a eu prise de conscience… Le revenu était le sujet numéro 1 sur lequel il fallait agir….avec une marche en avant pour établir le prix en tenant compte des coûts de production", assure Thierry Roquefeuille, président de la FNPL et du Cniel, sur les intentions de la loi Egalim. Et la proposition d’un indicateur de 396 euros/ 1 000 l de coût de production ne fait pas débat même si les instances européennes doivent encore l’entériner. Dans l’attente, reste sa traduction. "On est à l’an un. Dans la filière laitière, tout le monde a joué le jeu dans la négociation des marques", assure Damien Lacombe, président de Sodiaal qui n’est pas le seul à espérer que le marché français permette d’aller "chercher ce plus… Le pas n’est pas complet, on va aller en années deux et trois chercher encore une hausse. Les 396 euros ont fait naître des espoirs qui ne sont pas une réalité", tempère-t-il.

En deux à trois ans

Même constat chez Agrial, avec la volonté "d’appuyer fort dès cette année, la prise de conscience était propice à cela et continuer ensuite", justifie de la stratégie Benoît Drouin, président du conseil de surveillance de la branche lait d’Agrial. Même son chez Lactalis sur la mobilisation "pour aller chercher cette dynamique de hausse", assure Fabien Choiseau, "on a obtenu des hausses, on s’engage à faire le ruissellement mais pas celles de l’inflation dans nos entreprises, le système est-il durable ?", poursuit-il. Hausses obtenues sur les marques mais pas sur celles des distributeurs (MDD) où "c’est moins bon". "Il ne faudrait pas que la grande distribution reprenne d’une main ce qu’elle donne de l’autre", renvoie Benoît Drouin.

Inquiétude palpable

Face à l’inquiétude exprimée par la salle, "les EGA sont arrivés à cause du lait, s’il n’y a rien, ça va être très difficile", prévient-t-on. "L’attractivité laitière est perdue, la déprise est partie… 396 euros en deux à trois ans ! Non, il va falloir que la loi s’applique tout de suite avec retour au producteur", s’exclame l’un des éleveurs. "La demande est urgente. Vous avez des éleveurs en attente. Il va falloir faire en sorte que cette loi s’applique", résume avec détermination Frank Guéhennec, président de la FDSEA. "Prenez-garde de ne pas trop nous malmener", met elle aussi en garde Marie-Andrée Luherne. D’autant que dans ce jeu de ping-pong, reste la très difficile transparence d’évaluation des marges pour y voir réellement clair, comme le regrettait l’Observatoire des marges dans son denier rapport : ce qui est transparent côté éleveur et grande distribution, l’est moins côté laiteries...

Claire Le Clève

 

 

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