Terra 05 janvier 2018 à 08h00 | Par Aurélien Tournier

Ecloferm : un système pour faire naître les poussins à la ferme

L’EARL Joliavi, implantée à Assais-les-Jumeaux (79), teste depuis le début de l’année l’éclosion à la ferme. Un investissement dont le coût s’élève à 35 000 euros. Plusieurs gains sont constatés.

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Au cœur de son bâtiment, Jérôme Gloriau a opté pour l’installation de deux modules, longs de 88 m. La mise en place semble être simple : l’éleveur a mis des cornières afin de pouvoir supporter le poids du matériel. Lors de chaque lot, il utilise 225 plaques composées chacune de 150 œufs.
Au cœur de son bâtiment, Jérôme Gloriau a opté pour l’installation de deux modules, longs de 88 m. La mise en place semble être simple : l’éleveur a mis des cornières afin de pouvoir supporter le poids du matériel. Lors de chaque lot, il utilise 225 plaques composées chacune de 150 œufs. - © Terra

Au sein du groupe coopératif Terrena, Jérôme Gloriau fait figure de pionnier. Il fait en effet partie des cinq éleveurs à tester le concept X-Treck, commercialisé en France sous la marque "Ecloferm". Développé en 2004 par la société néerlandaise Vencomatic, l’objectif est de permettre l’éclosion des œufs au cœur des bâtiments d’élevages. Les poussins ont ainsi directement accès à l’eau et à la nourriture : leur développement intestinal et le système immunitaire seront par conséquent stimulés. Par ailleurs, exit le stress du transport ou encore de la manutention.

Un environnement plus sain

"L’éclosion à la ferme, on ne pensait pas que cela pouvait arriver un jour. Ce concept sera-t-il généralisé demain ? Lorsque nous avons appris que Terrena cherchait des volontaires, nous avons décidé d’expérimenter. Nous voulons évoluer dans le métier et on a sauté sur l’occasion", explique l’éleveur.

Concrètement, des plaques – chacune contenant 150 œufs incubés à 18 jours – sont disposées sur un système de rails. Celui-ci est exposé – à l’aide d’un treuillage - à l’air libre, assurant un flux d’air optimal. Tout est automatisé, il suffit simplement d’appuyer sur un bouton. Le regard reste cependant essentiel. Il faut en effet veiller à ce que la température des œufs soit maintenue à 38 degrés. Le réglage de la hauteur de l’appareil permettra d’ailleurs de l’ajuster ; le flux d’air peut l’être de la même manière.

Le système est composé de deux niveaux. Après l’éclosion, le poussin se dirige vers un niveau inférieur. "Le poussin est humide. Ce deuxième niveau est composé d’un plastique épais pour favoriser le séchage. Cela permet aussi d’effectuer une transition et d’éviter un choc thermique. En haut, la température était de 38 degrés, elle sera de 33 degrés sur la litière. Pour y accéder, le poussin bénéficie d’un passage", commente encore Jérôme Gloriau. Dès que la phase d’éclosion est terminée, c’est à l’éleveur d’enlever les coquilles d’œufs. L’appareil, quant à lui, reste fixé au plafond. Mais il peut être relevé afin de ne pas gêner les animaux et l’éleveur lors de la suite du cycle de production.

Aujourd’hui, seul l’un de ses trois bâtiments est équipé. Un deuxième est prêt à l’être. Mais Jérôme Gloriau attendra encore un peu compte tenu de l'importance de l'investissement, 35  000  euros, pour se doter d’un tel outil.

Des premiers gains relevés

Pour autant, l’éleveur paraît tout de même satisfait, voire convaincu, au regard des premiers résultats constatés. "Cette installation contribue au bien-être animal. Les poussins sont très calmes, on ne les voit pas par exemple sauter sur l’aliment. Ils sont beaucoup plus paisibles et en meilleure santé. Et mieux produire, c’est aussi mieux manger", souligne-t-il notamment. Le taux de mortalité à 10 jours est en baisse (on passe de 2  % à 1  %)  ; l’indice de consommation passe à 1,6 (contre 1,7). Le gain moyen quotidien est quant à lui situé entre 51 et 52  g (contre 50  g auparavant).

L’éleveur apporte également moins de compléments alimentaires. "Il n’y a pas besoin de les booster, ils se débrouillent seuls", indique-t-il. Moins de saisies (malformation, griffures) sont constatées dans les abattoirs. Le taux d’éclosion se situe pour sa part entre 95 et 97  %. "L’ambiance serait un plus, il y a également davantage de volume d’air", précise-t-on aussi. Enfin, l’éclosion peut être programmée un dimanche. "Ou même un jour férié. On gagne alors un jour de production, nous ne sommes pas obligés d’attendre le lundi. La coopération, c’est aussi du travail en commun", souligne-t-il.

Un nouvel équipement qui a également un impact sur l’image même de l’exploitation. "Nous voilà naisseur-engraisseur. C’est intéressant vis-à-vis des consommateurs, la traçabilité est totale", note-t-il aussi. Ce système ne semble pas seulement attirer les clients. Plusieurs éleveurs, et même des vétérinaires, n’hésitent pas à pousser la porte de l’exploitation afin d’en savoir plus sur ce système encore peu connu dans l’Hexagone.

Repères

2013 : installation de Jérôme Gloriau sur l'exploitation en Gaec et construction d'un poulailler de 1400 m2.

2016 : départ en retraite de Bernard Gloriau (père) et de Louis Gloriau (oncle), associés du Gaec. Seule, la production avicole est conservée.

2017 : construction de deux autres poulaillers de 1700 m2 .

4 à 7 lots de poulets par an selon les bâtiments, et 1 lot de dindes.

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