Terra 20 avril 2018 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Écorner efficacement et sans douleur s’apprend

Ils étaient 15 jeudi dernier (à l’EARL Kersuzana à Locoal-Mendon (56)) à mettre en pratique bons gestes et bons outils pour écorner. Une technique qui, pour le bien-être de l’animal et de l’éleveur, requiert de bonnes pratiques pour éviter souffrance et repousse. Dispensée par le GDS de Bretagne, une centaine de formations a déjà eu lieu en trois ans, preuve du besoin.

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Cautériser efficacement en utilisant du matériel efficace et adapté
Cautériser efficacement en utilisant du matériel efficace et adapté - © Claire Le Clève

 

 

"Il reste 10 minutes, qu’est-ce-que vous voulez voir ? Vous voulez refaire une anesthésie locale ou la sédation, qui veut essayer le fer à cartouche de gaz ou l’écorneur à tête céramique ? ", interroge Gwenaël Tabart, formateur du GDS de Bretagne. Dans la nurserie de l’Earl de Kersuzana, à Locoal-Mendon, la concentration est de rigueur. Sur une table, les outils "pour bien écorner les veaux", côtoient la cage de contention qui retient l’attention de la bonne quinzaine de participants, pour majorité éleveuses et/ou salariées. Leur demande ? Acquérir les bons gestes pour cette pratique d’élevage très encadrée réglementairement (voir ci-dessous). Car en droit français, écorner correspond à une mutilation, "il faut donc tout mettre en oeuvre pour limiter la douleur", appuie, pour le groupement technique vétérinaire,GTV, partenaire, Florent Auguste, vétérinaire à Malestroit. Il a fourbi produits d’anesthésie et anti-inflammatoire, prêt à pointer la localisation exacte de l’injection de l’un et l’autre. Mais pour tous les participants, reste un même souci.

Le bon geste et le bon matériel

"L’objectif, c’est que le petit veau ne bouge pas et qu’on puisse réaliser ce geste seule", raconte Fanny enchaînant, "on veut prendre en charge la douleur, on voit bien qu’ils ont mal, c’est un stress et on n’aime pas ça. Je vais peut être opter pour l’anesthésie générale", s’interroge-t-elle, échangeant avec ses collègues. "C’est l’occasion de voir les différents matériels, le geste à faire et ce qui paraît le plus efficace et le plus facile. Nous appliquons déjà l’anti-inflammatoire et les bêtes sont mieux. Je préfère le faire quand ils ont moins d’une semaine", estime de son côté Pascal quand Estelle insiste sur sa volonté de pouvoir écorner seule et plus confortablement pour elle et l’animal car "on écorne à chaque fois 5 à 6 veaux et ça nous prend bien plus d’une heure, voir deux et ce n’est pas au point". "On sait que ça marche parfaitement en écornant le plus tôt possible, en administrant un anti-inflammatoire en ayant un système de contention qui immobilise parfaitement l’animal, en tondant au préalable la zone des bourgeons. Le geste lui s’apprend", encourage Gwenaël Tabart pour qui, intervenir avec méthode sur le jeune veau avec une bonne contention limite traumatisme et souffrance de l’animal, "cela évite de mutiler inutilement les os du crâne".

Claire Le Clève

 

Encadrés

 

 

 

 

 

 

La contention, élément clé d'un écornage pratiqué dans de bonnes condiitons
La contention, élément clé d'un écornage pratiqué dans de bonnes condiitons - © Claire Le Clève

Bien écorner

Ce que dit la loi :

-avant 4 semaines, ce geste ne nécessite pas d’anesthésie et doit être effectué par des personnes expérimentées.

-au dessus de 4 semaines, l’ablation du cornillon ou écornage doivent être réalisés sous anesthésie locale ou générale par un vétérinaire.

Des bonnes pratiques :

-Intervenir tôt entre le 3 eme et le 28 j.

-Bien contenir l’animal en l’immobilisant parfaitement et aussi pour travailler seul. Des équipement existent, cage, tête de contention, anneau rond, porte anti recul, anneau de contention spécial cornadis…

-Tondre, la clé du succès, avant l’ébourgeonnage pour localiser les bourgeons, enlever la barrière isolante des poils qui sont vecteurs d’infection…

-Pour gérer la douleur induite par la cautérisation, utiliser un anesthésique local par injection est recommandé. En relais de cette anesthésie de courte durée, des anti inflammatoires sans oublier le passage d’un spray désinfectant.

-Cautériser efficacement en utilisant du matériel efficace et adapté : l’anneau de cautérisation doit être bien apparent.

-Surveiller ensuite car l’écornage est un stress important.

 

L'anneau de cautérisation doit être bien apparent.
L'anneau de cautérisation doit être bien apparent. - © Claire le Clève

Vous avez-dit écorner ?

L’écornage ou ébourgeonnage du veau revient à couper l’alimentation des veines périphériques de la base du cornillon avant qu’il ne soit apparent et non pas à le calciner. Privé de vascularisation, le cornillon ne pousse plus. Réalisé trop tard ou en se concentrant sur la pointe du cornillon plutôt qu’à sa base, l’écornage peut être imparfait, occasionnant des repousses partielles.

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