Terra 09 mai 2019 à 11h00 | Par Claire Le Clève

L’agriculture suédoise sous la loupe d’Idréa

L’agriculture suédoise est-elle réellement la plus propre au monde ? Rien de tel que d’aller voir sur place, vérifier et se faire sa propre idée. C’est la philosophie que groupe prospective laitière d’Idréa applique depuis 10 ans. 12 agriculteurs seront du voyage, début septembre, lançant une cagnotte participative pour donner un coup de pouce à leur projet.

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Les membres du groupe prospective d’Idréa tous réunis à Ploërmel pour inventorier les interrogations et faire le point sur l’agro-écologie à la française.
Les membres du groupe prospective d’Idréa tous réunis à Ploërmel pour inventorier les interrogations et faire le point sur l’agro-écologie à la française. - © Claire le Clève

 

 

"Quel est le cahier des charges de l’agriculture la plus propre du monde ? ", résument Alain et Isabelle Le Chrome, éleveurs laitiers à Rohan. Des questions, ils s’en posent et ils les posent. "On annonce là bas des fermes en bio avec des vaches qui produisent 9 000 à 10 000 l de lait. Ici c’est autour des 6 000 litres. Alors c’est du bio intensif. Quand on sait les contraintes techniques et les coûts que cela induit avec leurs 4 à 6 mois de nuit… Si c’est pour mettre tout son argent dans du concentré !", résument de leurs interrogations, notamment économiques, les 12 membres du groupe. Ils se sont réunis, jeudi dernier à Ploërmel, pour lister leurs interrogations auprès des différents interlocuteurs qu’ils rencontreront du 1 er au 5 septembre prochains. Mais aussi pour entendre détaillée par Jean-Yves Porhiel, de la Chambre régionale d’agriculture, la réalité française de l’agro-écologie, "et la mettre en parallèle avec ce qui est fait en Suède".

Réellement la plus propre ?

"On dit que l’agriculture suédoise est la plus propre, on va vérifier. C’est notre façon de faire depuis 10 ans. S’interroger, et voir sur place et avec des experts. Construire sa propre idée, de nos propres yeux", enchaîne de la méthode de prospective, appliquée à l’agriculture, que Marie-Pierre Racouët, responsable de ce groupe, éleveuse laitier bio à Pleucadeuc, a initié. Et les objectifs du voyage sont clairs, "comprendre comment les éleveurs suédois ont raisonné leur système laitier en conciliant logiques économiques, sociales et environnementales", résume Guillaume Evain, producteur de lait à Saint Marcel. Et pour ce faire, ils n’omettront ni d’analyser la filière laitière suédoise avec différents représentants de ses échelons, ni de comprendre les modes de gouvernances, ni d’explorer les démarches de qualité et de productions alimentaires durables dans ce pays où la question du bien être animal n’est pas récente. Autre aspect essentiel, "c’est la manière dont ils ont axé leur communication avec le reste de la société et l’image qu’ils ont su imposer", à confronter au déficit d’image dont souffre souvent l’agriculture hexagonale.

Ouverture grand angle

Nous allons voir également s’il n’y a pas des choses qui sont transférables dans nos exploitations ou dans nos organisations", envisagent-ils, ouverts. Depuis 10 ans, ils appliquent cette technique. "En 2008, nous sommes allés en Allemagne voir les nouvelles énergies et les grandes exploitations de 2 000 vaches. Puis nous nous interrogions sur la politique européenne agricole, alors nous sommes allés à Bruxelles, puis en Irlande pour leur gestion de l’herbe et leurs bâtiments low-cost, dans le Jura pour l’organisation des producteurs autour du Comté, dans les Hauts de France pour le Maroilles et la ferme des 1 000 vaches", inventorient les membres du groupe, enrichis par ces expériences et dont la force, "c’est ce grand angle, on n’est pas figé sur un modèle", notent-ils, toujours curieux. "Cela a amené certains de nous à prendre des décisions stratégiques radicales, nous sommes passés en bio", illustrent Marie-Pierre et Jean-Claude Racouët ou Guillaume Evain. "Le fait de s’intéresser à ce qui se fait ailleurs nous permet de prendre des idées, d’envisager des évolutions, y compris dans nos filières", enchaîne-t-il. "A notre retour d’Irlande, nous avons investi dans les chemins pour que nos vaches accèdent mieux aux pâtures", note Rozenn Le Glehello, "pour aller chercher l’herbe le plus longtemps possible".

Une ouverture sur le monde qui est vaste. Et pour les suivre, les membres ont ouvert une page facebook et lancé une recherche de partenaires financiers avec cagnotte participative.

Claire Le Clève

 

Pour plus de renseignements : https://www.facebook.com/VoyageSuedeIDReA/

et https://miimosa.com/fr/projects/vers-le-pays-de-l-agriculture-la-plus-propre-du-monde/

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