A Caulnes, les éleves découvrent des systèmes laitiers atypiques
Les élèves de BTS Acse du lycée agricole de Caulnes sont partis à la découverte de différents systèmes laitiers. Ils ont rencontré Jacky Savin et son associé qui ont opté pour la monotraite et les vêlages groupés au printemps. Et un allègement de la charge de travail pour les éleveurs.

Le lycée agricole de Caulnes et le Cedapa, en partenariat avec le bassin versant Rance - Aval - Faluns - Guinefort ont fait plancher les élèves de BTS Acse 1 sur des systèmes laitiers variés. Au travers d'enquêtes et de témoignages filmés, ils ont présenté leurs travaux à la veille des vacances scolaires dans le grand amphithéâtre.
Au micro ou devant la caméra, ils ont multiplié les témoignages. Reporters en herbe, parfois le chewing-gum à la bouche, ils sont allés interroger des agriculteurs chez eux : des producteurs de lait bio, des producteurs en système herbager ou des producteurs à la recherche d'un maximum d'autonomie. Parmi eux, Jacky Savin à l'Earl Les Besnaudières à Parthenay de Bretagne (35) est venu témoigner directement devant les élèves de son système qui inclut la fermeture de la salle de traite deux mois dans l'année au troupeau de 70 vaches.
Pâturage, monotraite, arrêt de la traite deux mois
Installé en 1991, Jacky Savin gère avec son associé (installé en 2009) deux ateliers : un atelier de lait bio de 250 000 litres de référence laitière et un atelier de porcs à l'engrais conventionnel, qui cessera d'ici deux ans. Elevage de porc NE à l'origine, les crises porcines (98-998, 2002...) et les problèmes sanitaires ont mis à mal la trésorerie. L'exploitation s'est orientée vers la production de lait bio et le cheptel truies retiré. Marqué par ces années difficiles, Jacky Savin recherche au maximum l'autonomie et la réduction des charges d'élevage en lien avec l'Adage 35. En 1999, il évolue vers un système herbager : à la place des prim'holstein, il introduit dans son cheptel des jersiaises, des normandes et des montbéliardes (croisement trois voies aujourd'hui). En 2004, il décide de fermer la salle de traite et de travailler en monotraite. Sur 67 ha, 64 ha sont implantés en herbe, dont 40 ha accessibles. Le grand atout de ce système. Base de l'alimentation, le pâturage est prépondérant. Les vaches sont rentrées en janvier et nourries avec de l'enrubannage et surtout du foin. "On limite les charges alimentaires. Notre coût alimentaire est d'environ 50 €/1000 litres et on vise les 40 €", partage l'éleveur.
Des vêlages groupés sur mars
"Avec les vêlages groupés, nous avons un cycle tous les ans. Je ne reviendrai pas en arrière", défend Jacky Savin. De fin février jusqu'à fin avril, les associés enchaînent les vêlages avec une pointe de travail très concentré en mars, la plus intense de l'année, car le but est de produire le lait en même temps que la production d'herbe afin de fournir un lait au moindre coût. "En mars, nous travaillons tous les jours avec 7-8 vêlages le même jour. C'est de la surveillance. 70 % des vêlages sont concentrés sur mars. Un peu en avril ", précise-t-il. Les jeunes génisses sont dans le même temps prises en charge par des vaches nourrices. "Elles ont trois génisses chacune. Les veaux se rendent au champ à un mois, un mois et demi avec un sevrage courant octobre-novembre. Ainsi, on allège le travail, on minimise le coût et cela demande moins de place en bâtiment". A l'Earl, la gestion de la reproduction est donc une étape clé gérée sur la période du mois de mai. "Les génisses, nourries par les vaches nourrices se développent bien, sans souci avec une bonne croissance à 24 mois. Et nos vaches avec la monotraite sont en bon état et fécondent bien".
Enfin, après le tarissement en décembre, trois à quatre semaines après les vaches rentrent en bâtiment courant janvier. Le niveau d'étable en temps normal atteint 3 800 litres par vache, avec un EBE annuel de 100 000 € pour 2 UTH et un coût alimentaire d'environ 50 €/1000 litres (40 € visé).
"A partir de septembre, le travail s'allège beaucoup. Nous avons une coupure en hiver quand les jours sont cours. La charge de travail est confortable, la charge mentale est moindre. On a la rémunération aussi. Je suis serein aujourd'hui". conclut Jacky Savin.













