Valentin fait pousser des plantes exotiques en Bretagne
Collectionneur de plantes exotiques, Valentin Moricet détonne dans le métier. Maraîcher-horticulteur dans les Côtes d'Armor, il vend non seulement des légumes classiques, mais aussi des fleurs à manger, des agrumes et surtout du gingembre "breton" qu'il est parvenu à acclimater. Il sera au salon à Paris pour faire goûter ses spécialités très originales.

Un gingembre breton qui pousse en Côtes d'Armor ! Originaire d'Inde, le rhizome utilisé en cuisine et en médecine traditionnelle, pousse habituellement en Asie, au Pérou... dans beaucoup de régions du globe mais sûrement pas en Bretagne !
Pendant plusieurs années, Valentin Moricet a cherché à mettre au point une nouvelle variété - qu'il a lui même testée - capable de pousser sous nos latitudes. Bingo.
Passionné de plantes exotiques et de fleurs comestibles, cet ancien élève du lycée horticole de Saint-Ilan se rendra au Salon de Paris 2020 sur le stand Bretagne pour la seconde année consécutive, afin d'y présenter ses spécialités. Primé l'année dernière au salon Ohhh La Vache à Pontivy pour son pesto breton Breizh'To à base de plante camembert (Vietnam), il se prépare à deux jours d'immersion à Paris, loin de son potager. Pour Valentin Moricet, ce sera l'occasion de rencontrer des chefs et de faire goûter ses spécialités avec dans sa valise, son gingembre breton, mais aussi des fleurs à croquer, des cacahuètes et du curcuma.
Deux jours d'immersion à Paris, ce sera l'occasion de rencontrer des chefs et de faire goûter ses spécialités.
Un gingembre aux notes d'agrume
Ce collectionneur de plantes, ce géo trouve-tout du végétal a une formation de paysagiste (bac pro) et un BTS en production horticole. Fin 2015, il revient dans son village natal à Boculé à Vildé Guingalan pour s'y installer sur 4 000 m² (sans les aides). Son choix se porte sur un marché de niche : la production de gingembre, de fleurs comestibles, de légumes et d'agrumes. Localisé près de Dinan, Dinard et Saint-Malo, "90 % de ma clientèle sont des restaurateurs", précise-t-il. Chaque matin, il part en tournée, livrer les restaurants et les épiceries fines dans lesquelles il dépose ses spécialités : confiture fraise-gingembre, gelée de lilas, gelée de mimosa, sel parfumé, gingembre en poudre...
Son gingembre breton, au parfum très citronné et d'une belle couleur jaune, plaît aux cuisiniers et aux spécialiste des épices. En 2018 au salon de Pontivy, venu avec un taboulé de fleurs, il était reparti avec un prix spécial décerné au gingembre. Installé sous tunnel, le rhizome, planté en février et récolté en octobre-novembre, est produit à faible échelle, 2 kg sur l'année. "Mon objectif est d'arriver à un total de 10 kg. J'ai le débouché mais j'en manque". Après avoir mené un long travail de sélectionneur pendant plusieurs années, le producteur cherche à faire enregistrer cette nouvelle variété pour préserver son travail.
Porter la cause des petits producteurs
Dans son potager, sous tunnel ou en pleine terre, tout ce qui est comestible y pousse. Du citron caviar, du poivre du Sichuan, du rosier comestible, du kumquat, de la cannelle de Magellan, des ananas, du goyavier du Brésil, de la cardamone, des théiers... près de 180 espèces dont "60 de fleurs comestibles". Et même de la vanille ou de la patate douce qu'il cherche à acclimater dans le salon de sa maison. Le producteur âgé de 26 ans ne vit pas de la vente de sa production et effectue donc des travaux dans les jardins alentours pour conforter son salaire. À Paris, il espère également interpeller des élus et des politiques bretons sur la situation des petits producteurs "atypiques" comme lui. "Je souhaiterais plus de soutien, plus de foncier aussi, parvenir au moins à un hectare de terre. Dans ce marché de niche, les banques sont frileuses pour accorder des prêts", souligne Valentin Moricet qui imagine à l'avenir retaper la grange en pierre attenante et y aménager son laboratoire et son magasin. "Cela ramènerait de l'activité ici, à Boculé".











