Terra 30 août 2018 à 08h00 | Par Hélène Bonneau

Donner pour mieux recevoir !

Promotion du "Manger français", défense de prix plus rémunérateurs, vigilance autour de la loi alimentation... La semaine passée, la FDSEA et les JA des Côtes d'Armor se sont faits entendre via une distribution de tomates sur la RN12 et devant le magasin Carrefour de Langueux.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Barrage filtrant sur la RN12 pour distribuer des tomates... et donner de la voix pour défendre l'agriculture made in France.
Barrage filtrant sur la RN12 pour distribuer des tomates... et donner de la voix pour défendre l'agriculture made in France. - © Terra

La semaine dernière, à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs des Côtes d'Armor, une cinquantaine de producteurs a répondu présent pour distribuer des tomates aux automobilistes via un barrage filtrant sur la RN12 à hauteur d'Yffiniac et plus tard dans la journée devant l'hypermarché Carrefour de Langueux. Des actions voulues positives envers le consommateur mais qui révèlent une réalité financière morose. Le prix de la tomate payé au producteur atteint des records à la baisse, qui peut ne pas dépasser les 25 centimes au kilo.

 

Mise en alerte

L’objectif premier de cette opération était de sensibiliser les consommateurs au prix des produits agricoles qui "n'ont plus rien à voir entre le prix payé producteur et le prix d'achat consommateur", dénonce Hervé Conan, responsable de la section légumes à la FDSEA des Côtes d'Armor. Même son de cloche auprès du président des Jeunes agriculteurs, Tanguy Rousseau, lui-même producteur de légumes : "même si l'on sait que nous ne rattraperons pas les prix bas de la saison, nous devons alerter les médias, et nous souhaitons a minima avoir une belle arrière saison". En toile de fond de cette manifestation couvait aussi la question de la distorsion de concurrence au sein même de l'Union européenne. "Nous souhaitons que tout le monde sorte par le haut avec des normes sociales, environnementales et fiscales acceptables pour tous", réclame Hervé Conan. "On en est loin", avoue-t-il. Didier Lucas, président de la FDSEA 22, poursuit : "Dans toutes les productions, la France est en deçà des prix pratiqués dans le reste de l'Union européenne. Nous devons changer les codes de la commercialisation en France". À l’heure de la rentrée, et avant le retour de la loi alimentation à l’Assemblée nationale, à propos de laquelle le ministre Stéphane Travert a annoncé des avancées pour le 12 septembre prochain, les producteurs costarmoricains ont souhaité alerter les pouvoirs publics sur les attentes fortes de la profession. Cette première action d'interpellation doit rappeler que FDSEA et JA "resteront vigilants quant à l’issue des EGA, et qu’ils ne manqueront pas d’exprimer leurs inquiétudes et désaccords". Les syndicats estiment l'opération réussie grâce à une forte reprise médiatique de leur action. Reste à transformer une bonne image de l'opinion publique en prix rémunérateur pour les producteurs.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes
L’actualité en direct
Infos techniques terra sur Synagri

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui