Terra 05 juillet 2018 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Moisson : la facture sera plus élevée

Le baril de pétrole est reparti à la hausse cette année. A l'heure des moissons, les entrepreneurs de travaux agricoles annoncent une hausse des tarifs. Explications.

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La hausse du carburant depuis le début de l'année entraîne une hausse des coûts des travaux agricoles.
La hausse du carburant depuis le début de l'année entraîne une hausse des coûts des travaux agricoles. - © Terra

 

Et allez donc, c'est reparti... le prix des carburants à la pompe est en augmentation. Le pétrole a renoué avec des niveaux élevés : en avril, le baril a atteint 74 dollars pour la première fois depuis 2014 et flirte aujourd'hui avec les 80 dollars. Pour les automobilistes, depuis le 1er janvier 2018, le prix de vente moyen des carburants sur le territoire a considérablement grimpé. Fin juin, le gasoil routier est en hausse de 6 ct à 1,45 €/litre (+ 9 ct fin mai) ; le SP95 s'affiche à 1,53 € (+ 7 ct). Si juin connaît une accalmie dans cette ascension, et même une baisse, qui peut prédire la suite compte tenu de l'instabilité des décisions géopolitiques ?

Chez les entrepreneurs de travaux agricoles, on commence à tousser ; la fédération nationale Entrepreneurs des territoires (FNEDT) annonce la couleur à la veille des moissons : "c'est une hausse qui se dessine".

Des hausses de tarifs pour la moisson

"Le poste carburant qui représente 14 % des charges de l’entreprise de travaux agricoles française flambe au moment où la saison des travaux agricoles bat son plein", alerte Jean-Marc Leroux, délégué régional des Entrepreneurs de Bretagne. "Avec une consommation variant de 15 à 22 litres/ha, la moisson est une activité qui nécessite de faire le plein régulièrement, et la facture s’annonce salée pour les entrepreneurs". Et qui le sera également pour tous les utilisateurs de matériels agricoles, agriculteurs assurant eux mêmes les travaux ou encore adhérents de Cuma.

Le prix du gasoil non routier (GNR) a atteint 1 € TTC/litre la semaine passée, soit une hausse de 30 % en un an. Pour ces moissons, il faut donc se préparer à une hausse des prestations. Et la fédération de préciser : "La plupart n'ont augmenté les tarifs que de 2 %... Si les entrepreneurs voulaient répercuter l’ensemble des coûts, on serait effectivement à 5 % entre la hausse du fioul et l'inflation. Nous aurons des difficultés à répercuter la hausse du coût du carburant dans le prix de vente de la prestation aux agriculteurs, eux-mêmes confrontés à des prix agricoles bas, des charges courantes élevées et une baisse probable des soutiens publics !", souligne Jean-Marc Leroux.

Dans ce contexte, la FNEDT condamne l’annonce du ministre de l'action et des comptes publics le 23 mai dernier à propos de la remise en cause du taux réduit de taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sur le GNR agricole. Une mesure qui n’est pas compensée par le retour de la croissance économique dans le secteur agricole.

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