Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Choucas des tours : mieux cibler les actions de régulation

La population de choucas des tours ne cesse de progresser, principalement dans le Finistère et les Côtes d’Armor. Estimant les prélèvements autorisés par arrêté préfectoral inefficaces, les associations de protection de la nature montent au créneau pour préconiser des méthodes alternatives.

De gauche à droite : Laurent Pélerin, président de la  LPO Bretagne, Jean-François Conan, agriculteur à Guilligomarc’h, Jean-Pierre Roullaud, administrateur Bretagne Vivante, Pierrick Berthou, agriculteur à Quimperlé, et Daniel Le Mao, administrateur LPO  Bretagne.

"J’ai perdu un bon quart de mon maïs", affirme Jean-François Conan, producteur de lait bio à Guilligomarc’h (29). "Sur 6,5 ha de céréales, 5 ha ont dégagé", rajoute Pierrick Berthou, agriculteur bio à Quimperlé. Comme eux, éleveurs et producteurs de légumes sont sans cesse plus nombreux à se plaindre de dégâts de choucas, principalement en Finistère et Côtes d’Armor.

Une population en forte progression

"La population de choucas a fortement augmenté ces dernières années, ce qui n’est pas sans provoquer de conflits d’usage". Président de la LPO, la ligue de protection des oiseaux de Bretagne, Laurent Pélerin est bien conscient des dégâts occasionnés à l’agriculture, notamment sur les jeunes semis, et aux particuliers (nuisances sonores aux abords des dortoirs, cheminées obstruées par les nids…). Mais s’il convient d’une nécessaire régulation, il est loin d’être d’accord avec les méthodes actuellement en vigueur. "Le préfet des Côtes d’Armor a pris un arrêté dérogatoire autorisant le prélèvement de 8 000 oiseaux. Celui du Finistère s’apprête à en signer un pour 12 000 choucas". Des arrêtés que les associations de protection de la nature vont attaquer, "car ils ne servent à rien : les populations de choucas ne cessent de croître".

Choucas

Mieux connaître le choucas

S’exprimant aussi au nom de Viv’armor nature et Geoca, Laurent Pélerin avance plusieurs raisons pour expliquer leur opposition. "Pour savoir comment réguler efficacement le choucas, il faut d’abord mieux comprendre les raisons de son explosion". Pour cela, une étude vient d’être lancée en Bretagne par la Dréal. "Elle portera sur l’évaluation de la répartition de la population reproductrice, grâce à des comptages dans une vingtaine de communes représentatives par département, détaille Daniel Le Mao, administrateur de la LPO. Mais aussi sur ses déplacements, grâce à une vingtaine d’oiseaux équipés de GPS. Sur sa reproduction, puisqu’il semblerait que le nombre d’oiseaux à l’envol par nid ait progressé. Et sur son alimentation, grâce à des prélèvements de jabots et l’analyse de muscles". En effet, pour le moment, difficile de dire s’il déterre les plantules de maïs pour consommer le grain ou chercher des larves qui s’y cacheraient. "D’ici un an, les premiers résultats nous permettront de voir plus clair. Et de cibler des méthodes vraiment efficaces".

Des méthodes alternatives...

Incitant à "changer de regard sur le vivant" et se refusant à tuer des oiseaux "pour de simples difficultés économiques", les associations de protection de la nature préfèrent mettre en avant des méthodes alternatives. En ville, lieu d’habitat des choucas, l’utilisation de la fauconnerie peut disperser les dortoirs avant la période de nidification. "On demande aussi aux particuliers un comportement civique, rajoute Daniel Le Mao. En ne laissant pas traîner de nourriture et en obturant leurs cheminées avec du grillage ou des chapeaux". Des perchoirs à rapaces pourraient favoriser les prédateurs naturels des choucas. Et des arbres pourraient être plantés dans des lieux "non problématiques", zones commerciales ou industrielles, pour fournir des zones de report aux oiseaux.

… en ville et à la campagne

S’ils nichent en ville, c’est à la campagne que les choucas s’alimentent. "Il faut donc limiter leur accès à la nourriture dans les bâtiments d’élevage, sur les chantiers de semis ou sur les chaumes, lors de la récolte, énumère Jean-Pierre Roullaud, en charge des questions agricoles à Bretagne vivante. L’effarouchement peut aussi donner de bons résultats".

Mais pour les associations de protection de la nature, il faudrait sensiblement réduire la culture du maïs. "Le choucas est un oiseau opportuniste. Et c’est depuis l’augmentation des surfaces en maïs dans les campagnes bretonnes que sa population a flambé. Seul un changement du modèle et des productions agricoles dominantes permet d’envisager un équilibre "naturel" pérenne dans le temps".

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Thierry Coué
Thierry Coué, Président de la FRSEA de Bretagne : "Chaque agriculteur doit prendre conscience du besoin de se protéger, et de protéger son exploitation"
Depuis le début de la crise du coronavirus, le monde agricole semblait en retrait, presque observateur. Les comportements ont…
Lettre aux agriculteurs et agricultrices de Bretagne

Madame, Monsieur,

Comme le reste du monde, la Bretagne est confrontée à la pandémie due au coronavirus Covid-19. Dans…

Jérémy Labbé, nouveau président de JA22
Le 11 mars dernier s’est tenu le conseil d’administration électif des Jeunes agriculteurs des Côtes d’Armor. Dorénavant c'est un…
Germain et Laura Evo, jeunes aviculteurs, engagés aussi
Du comité organisateur de la prochaine fête de l’agriculture, à Grand-Champ, Germain Evo 32 ans, en est, Jeune Agriculteur aussi…
Eureden s’adapte et s'organise pour assurer ses services

La crise COVID-19 impacte profondément notre filière porcine et les équipes Eureden sont entièrement mobilisées pour…

Publicité