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Prud'hommes
Henri Moal se présente sur Morlaix

En retraite depuis 8 mois, Henri Moal, ancien directeur de la Sica de Saint Pol de Léon, s'apprête à devenir conseiller prud'homal au tribunal de Morlaix.

Henri Moal, directeur de la Sica de Saint Pol de Léon pendant 27 ans, s'apprête à siéger au collège employeurs de la section agriculture du conseil des Prud'hommes de Morlaix.
Henri Moal, directeur de la Sica de Saint Pol de Léon pendant 27 ans, s'apprête à siéger au collège employeurs de la section agriculture du conseil des Prud'hommes de Morlaix.
© Terra

Il aurait pu profiter paisiblement de sa retraite, prise en février dernier, après 27 ans passés à la tête de la Sica de Saint Pol de Léon. "Mais je ne voulais pas me couper complètement de ce qui a fait ma vie professionnelle pendant 40 ans", avance Henri Moal pour expliquer son engagement sur la liste FDSEA lors des élections prud'homales, le 3 décembre prochain.

27 ans directeur de la Sica de Saint Pol

Petit retour en arrière : fils de légumiers de Saint Pol de Léon, Henri Moal, son diplôme d'ingénieur agronome en poche, débute sa carrière professionnelle en 1972 comme conseiller de gestion au Centre d'économie rurale du Calvados. "A l'époque, on allait chez les producteurs pour des conseils techniques et de gestion".
Trois ans plus tard, le voilà attaché de direction à la coopérative de Lennon, à Châteauneuf du Faou, un poste qu'il occupera pendant 6 ans avant de devenir directeur de la Sica de Saint Pol de Léon, en 1981. "Mes deux premiers postes m'ont bien servi, notamment en ce qui concerne les relations avec le conseil d'administration". Travaillant en binôme avec Alexis Gourvennec jusqu'en 2004, Henri Moal précise le rôle de chacun. "Au conseil d'administration de définir la politique de la coopérative, à la direction de la mettre en musique".

Une nécessaire diversification

En 27 ans à la tête de la Sica de Saint Pol de Léon, Henri Moal aura noté bien des changements, à commencer par la montée en puissance de la diversification. "Il y avait bien eu une première tentative en 1963, suite au fort gel de l'hiver. Mais les productions traditionnelles marchaient bien". A partir des années 70, l'artichaut connaît ses premières difficultés de commercialisation. "A cette époque, les structures d'exploitation étaient très petites, notamment en bord de côte, obligeant les producteurs à faire du chiffre d'affaires à l'hectare". La diversification s'accélèrera encore à partir de 1985.
L'autre changement concerne la volatilité des cours des légumes, désormais bien plus importante. "Il n'y a plus de facteurs d'inertie, avance Henri Moal pour expliquer des cours en dents de scie du jour au lendemain. "Avant, il y avait du stockage chez le grossiste, le demi-grossiste... Aujourd'hui, tout le monde travaille en flux tendu". Une situation difficile à vivre pour les producteurs. "Il faut avoir le cœur bien accroché ! Il suffit d'un petit excédent pour que le prix décroche fortement".

Aller vers plus de qualité

En 27 ans, l'ancien directeur de la Sica a aussi vu la montée en puissance de la qualité. "Il y a eu une prise de conscience des producteurs que, dans un marché où l'offre est supérieure à la demande, la qualité est une condition pour vendre"; Et, de l'amélioration de la qualité intrinsèque des produits, on est passé à la certification de l'exploitation, EurepGap d'abord puis GlobalGap.

Gérer le social au quotidien

S'engager aux Prud'hommes ? "On me l'avait déjà demandé quand j'étais en activité", se souvient Henri Moal. Mais il a alors suffisamment à faire pour donner suite. "Maintenant que je suis en retraite, j'ai du temps. Et ça me permettra de garder un pied dans la profession". Car l'aspect social l'a toujours intéressé, convaincu qu'il était que le personnel était à gérer par la direction. "En 27 ans, j'ai été confronté quotidiennement à la législation sociale". S'il n'y connaissait pas grand-chose en arrivant à la Sica, il lui a fallu assimiler rapidement le droit du travail. "C'est tellement complexe que nous faisions appel à un cabinet spécialisé".
Du côté des relations sociales, aussi, les choses ont bien changé ! "Aujourd'hui, si un employeur n'arrive pas avec un dossier déjà constitué aux Prud'hommes, il va perdre à tous les coups. Ce qui oblige, à la moindre bêtise du salarié, à engager une procédure écrite, dont il restera forcément des traces au niveau des relations entre employeur et salarié".

 

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