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Au concours des Miss, Karen défend la place des femmes en agriculture

Lancé en 2013, le concours Miss France agricole veut promouvoir les femmes et les hommes qui font et feront l'agriculture de demain. A Landivisiau (29), Karen Caboche en profite pour défendre ses convictions et montrer que les femmes y ont toute leur place, y compris là où on ne les attend pas forcément.

Sur la photo qu'elle a sélectionné pour le concours Miss France agricole, Karen Caboche pose fièrement, juchée sur un tracteur, "un Fendt", précise aussitôt la jeune femme. "Un 420 cv, le plus gros de la gamme". Et le plus gros de l'ETA Pengam, à Bodilis, où elle vient de démarrer un contrat d'apprentissage, dans le cadre de son CS machinisme au centre de formation de Saint Ségal (29).

 

Seule fille en CS machinisme

Un parcours pas banal ! "Je suis la seule fille de ma promotion, précise Karen, qui a commencé ses études par un Bac pro à la Maison familiale de Landivisiau, réputée pour sa filière équine. "Mais en Première et Terminale, j'ai préféré faire mes stages en lait et veaux de boucherie". Et c'est à cette occasion qu'elle découvre et se prend de passion pour le matériel agricole et le machinisme. Au point de vouloir en faire son métier. "Mon rêve ? Dans quelques années, être patronne d'ETA, entreprise de travaux agricoles". Pour le moment, elle met toutes les chances de son côté, en apprenant le métier. "Depuis début octobre, j'ai été au lisier et au fumier, au maïs ensilage et grain. J'ai aussi fait un peu d'élagage, conduit une remorque, tassé l'ensilage, tiré sur des remorques embourbées...". Des tâches où les femmes ne sont pas légion. "C'est aussi ce qui m'a poussé à postuler au concours de Miss France agricole", relate la jeune femme.

"Mon rêve ? Dans quelques années, être patronne d'ETA, entreprise de travaux agricoles".

 

Votez avant le 12 décembre

Lancé sur les réseaux sociaux en 2013 pour mettre en avant de façon positive les hommes et les femmes qui font et feront l'agriculture de demain, le concours compte désormais six catégories : miss et mister France agricole (plus de 18 ans), miss et mister junior (15-18 ans), graines de paysans (moins de 15 ans) et couple de l'année. Ouverte le 23 novembre dernier, l'édition 2019 compte déjà plus de 250 inscrits, agriculteurs, agricultrices, enfants d'agriculteurs, étudiants et salariés agricoles. Et les internautes ont jusqu'au 12 décembre prochain pour voter pour leur candidat préféré avant que le jury ne se réunisse.
Composé de cinq membres, Patrick Maurin, élu du Lot et Garonne qui a marché à travers la France pour sensibiliser au problème du suicide en agriculture, Laurence, l'une des fondatrices de l'association Les elles de la terre, Antoine, administrateur de la page Facebook L'agriculture par les agriculteurs, Marina, enseignante en lycée agricole, et Anne-Marie, qui a participé à l'émission l'Amour est dans le pré, il désignera les vainqueurs de chaque catégorie. Et, petit clin d'oeil au concours Miss France, c'est le 14 décembre en soirée que seront proclamés les résultats.

 

Avec humour

Si le buzz créé sur les réseaux sociaux permet une pré-sélection des candidats, c'est sur leur photo et leur texte qu'ils seront finalement départagés par le jury. Habituée des podiums, elle est 3e demoiselle du concours Mademoiselle 29, Karen a trouvé dans les Miss France agricoles un concours qui correspond mieux à ses valeurs. Si la photo s'imposait pour cette passionnée de machinisme, c'est sans aucune difficulté qu'elle a rédigé son texte. Non sans une pointe d'humour, "c'est grâce à nos machines que nous pouvons manger nos bonnes céréales le matin pour prendre plein de forces pour aller travailler", elle y défend ses convictions. "J'aimerai être élue Miss France agricole pour démontrer la possibilité pour une fille de travailler en ETA mais aussi dans ce milieu qui est encore trop réservé aux hommes". Avant même la publication des résultats, pari gagné ou presque : près de 2 000 personnes ont aimé sa publication. "Les gens m'encouragent, s'étonne presque Karen. Et mon patron est fier de dire qu'il a une Miss dans son ETA".

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