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Un observatoire pour lutter contre l'agribashing

La cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole Demeter se décline dans les départements. En Ille-et-Vilaine, la préfète Michèle Kirry s'est rendu le 2 juillet sur l'exploitation du président de la chambre d'agriculture, Loïc Guines, pour installer cet observatoire de l'agribashing.

La préfète Michèle Kirry a réuni les partenaires de l'observatoire départemental.

"Je n'imaginais pas faire une telle annonce dans un bureau de la préfecture", glisse Michèle Kirry en arrivant sur l'exploitation de Loïc et Jean Philippe Guines, sur les rives du Couesnon (35). "Lorsque j'avais fait le tour de la Bretagne dans des exploitations à mon arrivée ici, le sujet de l'agribashing et des souffrances rattachées à ces incivilités était déjà présent, avec à la clé une charge mentale très forte chez les agriculteurs". Mais comment définir exactement l'agribashing ? Pour la représentante de l'Etat, c'est le dénigrement systématique du monde agricole et agroalimentaire. Un paradoxe à l'heure ou la souveraineté alimentaire alimente nombre de débats, car derrière cette notion, c'est justement tout le travail des éleveurs et des producteurs français.
"Le débat critique est admissible dans une démocratie. Ce qui ne l'est pas, c'est la violence, les incivilités, les intrusions...", poursuit Michèle Kirry. Cet observatoire est d'abord né d'un constat : En Ille-et-Vilaine, comme partout en France, la stigmatisation des activités agricoles, d’élevage et de vente de produits issus de ce secteur, communément appelée “agribashing”, conduit à une multiplication des actes d’incivilité, d’intimidation voire de violences envers les professionnels en lien avec l’agriculture. Sur le département de l'Ille-et-Vilaine, une quinzaine de faits ont été recensés depuis le début de l'année, dont cinq jugés sérieux, à savoir qui peuvent mettre une vie en danger."On voit aussi des tags apparaître sur les exploitations, ça ne paraît peut être pas grand chose mais même ça il faut le signaler".

Rien d'anodin
Cédric Henry, président de la FDSEA 35 abonde dans ce sens : "Les agriculteurs qui l'ont vécu l'ont très mal pris !". Mais cet observatoire ne sera efficace qu'à condition que chacun fasse les signalements. "Il faut que les agriculteurs déclarent ce qui se passe chez eux, et même si cela ne se traduit pas forcément par une procédure au tribunal", ajoute Loïc Guines.
Réunissant la chambre départementale d’agriculture, les syndicats agricoles (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale), les représentants du secteur agroalimentaire (ABEA,UGPVB) et les services de l’État (DDTM, DDCSPP, police et gendarmerie), l’observatoire départemental de l’agribashing permettra, à travers des échanges permanents, de dresser un état des lieux exhaustif des problématiques de sécurité rencontrée. Mais aussi de coordonner des actions de prévention et d’information et d'élaborer des solutions communes. Afin de mieux objectiver le phénomène et de développer des actions adaptées, l’observatoire s’appuiera notamment sur une base de données, collectées de façon anonyme et sécurisée via les organisations partenaires des agriculteurs et les entreprises agroalimentaires. Les faits qui relèveraient du pénal et n’auraient pas été signalés aux forces de l’ordre seront transmis à la cellule nationale Demeter, créée au sein de la direction générale de la gendarmerie.

Le débat critique est admissible dans une démocratie. Ce qui ne l'est pas, c'est la violence.

Dans un communiqué, La fédération Bretagne Nature Environnement (FBNE) et l’ensemble de ses associations membres, dont VivArmor Nature, dénoncent "la collusion et le manque d’objectivité à l’origine d’un tel projet, qui s’inscrit dans la droite ligne de la cellule Demeter, dont la dissolution a été demandée par 27 associations en février dernier". Elle déplore notamment de ne pas être représentée au sein de cet observatoire. "Force est de constater que le monde associatif est, bien malgré lui, prié de ne pas rejoindre la table des discussions et que l’expertise de nos associations sur la question agricole ne pourra certainement pas y être entendue. Nous remettons donc en cause l’impartialité et l’objectivité des débats et des solutions pouvant être discutées et apportées par cet observatoire", peut-on notamment lire dans le communiqué. "Il ne faut pas tout mélanger", répond la préfète. "Quels que soient les débats légitimes qui animent la société aujourd'hui, les agriculteurs méritent le respect et la gratitude. Il y a d'autres institutions ou les associations peuvent porter le débat, là c'est un outil technique".

 

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