Isabelle Desmots défend "tout le monde"
Installée seule en 2005 à la tête d’un atelier de 2 500 m² en poulet lourd passé à 4 500 m², maman seule pour ses trois enfants, Isabelle Desmots n’a pourtant pas hésité à s’engager à Nivillac (56). Elle est conseillère municipale pour "représenter tout le monde, le monde rural, bien sûr mais pas que".
"Je me suis investie à fond", avoue Isabelle Desmots dans un grand sourire, optimiste. Battante, assurément, cette femme l’est, avec une détermination servie par un franc parler apprécié à la mairie de Nivillac. Des dispositions et des convictions qu’elle met aussi au service de sa délégation pour Groupama. Et un parcours de vie distingué fin novembre par le 2 me prix de la dynamique agricole de la banque Populaire Grand Ouest, attribué à son grand étonnement, même si elle reconnaît : "il a fallu que je me batte pour arriver à me faire une place dans un monde d’hommes". Vrai pour l’aviculture où son professionnalisme la place dans le quart supérieur de son groupement Sanders, vrai pour les équipes municipales où la loi a obligé la parité. "On est venu me chercher et j’ai dit oui". Et si ses enfants, sa priorité de toujours, sont grands maintenant, "je me suis toujours organisée. Pour pouvoir me dégager du temps pour eux d’abord, j’ai modernisé les ateliers. Je l’ai fait aussi pour rester autonome et ne dépendre que de moi". Une volonté chevillée comme un gage d’indépendance. "J’ai aussi conscience que mon élevage peut créer des nuisances alors j’ai arrêté un ancien bâtiment proche du village pour en construire un nouveau l’an dernier éloigné avec toutes les normes bien-être. Il faut bien faire les choses".
Une fenêtre ouverte sur les autres
Alors oui, "j’ai accepté d’être à la mairie pour représenter tout le monde, aussi le monde rural mais pas que", raconte cette femme qui vit cet engagement comme une chance. "Le premier mandat est celui de l’apprentissage. J’y suis encore. Il faut s’investir. On y va pour travailler, défendre et donner son avis", décrit-elle, investie dans les commissions voirie, bâtiment, vie associative, syndicat du port du Folleux, déchet dans l’EPCI… "Je participe aux réunions, la semaine passée j’en avais quatre, parfois une seule, en soirée ou en journée. Je m’organise pour", dit-elle de son engagement compatible avec son activité professionnelle, "je m’organise et m’adapte pour". Car elle le considère comme une fenêtre ouverte. "C’est intéressant de côtoyer un monde que je n’aurais jamais été amenée à rencontrer. S’intéresser aux autres et se rendre compte qu’il n’y a pas que dans le milieu agricole où il y a des problèmes", assure-t-elle, randonneuse à ses heures, ouverte. "Cela m’a permis de rencontrer les élus des communes environnantes. Aller voir ce monde extérieur permet de s’enrichir, ne pas rester enfermée. Je m’y ressource en parlant d’autre chose. Cela élargit notre ouverture d’esprit", apprécie Isabelle Desmots. Un engagement qui n’est pas un long fleuve tranquille. "Il y a eu des conflits, des arrêts. J’ai continué, fidèle à moi même et à mes engagements", raconte cette femme qui, si on le lui propose, doublerait volontiers son mandat, "encore pour défendre tout le monde" mais qui s’insurge du dénigrement systématique dont sont victimes les agriculteurs. "Injuste. J’aimerai qu’on nous fasse confiance".
Claire Le Clève
Cela élargit notre ouverture d’esprit"












