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"La Bretagne, tête de pont pour reconquérir le marché français de la volaille"

Le projet de reprise de Doux par le consortium réunissant le groupe LDC, leader français de la volaille, et ses partenaires est "clair et pérenne". Gilles Huttepain, directeur général du groupe sarthois et président d’Huttepain Bretagne l’a réaffirmé vendredi dernier à Grand-Champ (56), à l'occasion des 10 ans de cette filiale qui s’appuie sur 200 éleveurs. En transformant le modèle pour répondre aux attentes sociétales, il s’agit d’alimenter les outils dans l’Ouest de la France pour partir à la reconquête du marché national de la volaille. Car l’hexagone importe aujourd'hui 40 % des volailles qu'il consomme. Dans ce plan ambitieux, "on va avoir besoin d’éleveurs", insiste le dirigeant dans cet entretien accordé à Terra.

Gilles Huttepain, directeur général LDC et Huttepain Bretagne.
Gilles Huttepain, directeur général LDC et Huttepain Bretagne.
© Terra

Que représente Huttepain Bretagne au sein du groupe LDC ?

Gilles Huttepain. Huttepain Bretagne représente la partie amont de LDC, sous la filiale Huttepain aliment. Chez LDC, il y a quatre pôles, le pôle volaille avec le poulet de Loué, Le Gaulois, dirigé par Denis Lambert, le pôle traiteur avec les marques Marie et Tradition d’Asie, dirigé par Stéphane Sallé, le pôle international, dirigé par Philippe Gelin et enfin le pôle amont que je dirige. Le groupe emploie 19 500 personnes, dont 750 dans le pôle amont. Huttepain Bretagne est une filiale que nous avons créée en 2008 et qui compte aujourd'hui 200 éleveurs. Ils élèvent pour 60 % du poulet lourd, 25 % sont en dindes, le reste en canard, pintade et pondeuses. Il s'agit surtout d'une organisation au service des éleveurs d’un côté et de l’autre des abattoirs.

 

Dix ans après votre implantation en Bretagne, qu’en retirez-vous ?

G.H.Historiquement, LDC n'était pas très présent en Bretagne. Les premières implantations importantes se sont faites à partir de 2004 avec la reprise des outils de la CAM56. Puis il y a eu la création de Huttepain Bretagne en 2008 et en 2012, la reprise de l’abattoir de Sérent (56), puis celle de Boscher Volailles à Mur de Bretagne (22) en 2015 et enfin la reprise des activités du groupe Doux. Deux choses nous attirent vers la Bretagne, c'est le savoir-faire des salariés et celui des éleveurs qui évolue. La Bretagne était plutôt sur une production de masse, sur le grand export. Désormais nous sommes sur de la volaille fraîche. En 1990, 10 % des volumes consommés par les Français étaient importés, puis 25 % en 2000 et 45-47 % aujourd'hui. On a donc perdu 35 points de parts de marché en 30 ans. L’un de nos objectifs , c’est la reconquête de ce marché intérieur. Déjà, à Sérent, en six ans, nous sommes passés de 60 000 volailles abattues par semaine à 390 000. Nous sommes dans la même démarche avec la future unité de Chateaulin. On va avoir besoin d’éleveurs.

 

Comment envisagez-vous l’avenir de la reprise de Doux par LDC ?

G.H. Nous, on le voit bien cet avenir. Toute la partie export est reprise par le groupe Al Munajem qui était jusque là client de Doux, donc c'est une bonne chose. LDC a repris les usines de Quimper et Châteaulin et part à la reconquête du marché avec ce nouvel abattoir. Et nous avons constitué une société qui s’appelle Yer Breizh avec le groupe Al Munajen, le groupe LDC, le groupe Terrena, Triskalia et la Région Bretagne. C’est un peu l’unité nationale pour la reconquête du marché. On veut proposer aux éleveurs un projet avec un débouché solide.  En face, il y a des consommateurs zappeurs qui, suivant le moment de la journée, veut du label, du certifié, pour son sandwich ou son repas de famille. On doit répondre au consommateur. Je pense qu'il est prêt à payer un peu plus cher.

 

Dans la reconquête du marché de la volaille française, les éleveurs bretons ont-ils des atouts que d’autres n’ont pas ?

G.H. Oui je vous le disais, c’est leur savoir-faire. Les Bretons ont le sens de l’élevage. Par contre cette reconquête va appeler des mutations. Ce n’est pas la même chose de faire un poulet export d'1,7 kg ou un poulet plus lourd de 2,3 à 2,5 kg qui répond à la volonté de reconquête du marché intérieur. L’objectif est qu’à l’horizon 2021, tous ces éleveurs soient "Nature d’éleveurs". 15 % sont déjà dans cette démarche de progrès. La responsabilité sociale et environnementale (RSE) va s’imposer aux éleveurs, notre responsabilité de la porter. Nous traduisons cette volonté par la mise en place de fenêtres dans tous les élevages, par l’enrichissement du milieu avec des bottes de paille, des perchoirs ou par la réduction de densité pour le bien-être animal. On a baissé de 42 % l’utilisation d’antibiotiques en trois ans, c’est une vraie révolution ! On est aidé par les jeunes éleveurs, ils ont cette lucidité. Tout cela va tout à fait dans le sens des États généraux de l’alimentation. Il faut qu’on soit fiers de notre production française. Arrêtons de faire du dénigrement en disant qu’on ne produit pas bien en Bretagne. Et bien non, on produit bien avec des produits de qualité, tout en étant compétitif. À nous d’assurer l’équilibre économique et la marge de l’ensemble des éleveurs en créant des outils comme il y en existe en Europe du Nord. On a déjà celui de Boscher à Mûr-de-Bretagne et le nouvel abattoir répondra à ces mêmes critères (400 000 poulets semaines ndlr) avec un investissement global de 55 millions. 250 emplois seront créés pour reprendre des salariés du site existant et 5 millions d'euros seront investis sur l’usine de Quimper. Nous avons investi 200 millions d’euros dans l’ensemble de nos outils cette année. C’est un vrai projet de groupe, fédérateur, avec une éthique générale, qui est un gage de fierté pour les éleveurs. On est en train de réécrire une page et on accueille les éleveurs d’où qu’ils soient.

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