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Le renouvellement des laitières vu d'ailleurs

Lors de ses réunions de proximité, BCEL Ouest a survolé les frontières pour voir comment étaient élevées les génisses et renouvelées les laitières, ailleurs au Québec, en Espagne, en Irlande. Un tour d'horizon qui permet de rappeler les étapes clés pour optimiser la rentabilité des vaches sur leur carrière : l'âge au 1er vêlage, la croissance de la génisse et la longévité du troupeau.

Les rencontres de BCEL Ouest à Plénée-Jugon (22) le 6 février dernier en présence de 150 éleveurs.

Au Québec à la ferme Clerjoye, l'âge au 1er vêlage est de 21,7 mois. Cette baisse de plus de 3 mois depuis 2014 s'explique par un suivi rigoureux du poids, facteur clé de la première IA.
De l'autre côté de l'Atlantique, là-bas, la première insémination est réalisée autour de 400 kg, vers 13 mois. Une pratique qui a permis de gagner + 323 kg de lait sur la 1re lactation. "Pour réduire les dépenses car le remplacement est le 2e poste de dépenses opérationnelles des fermes laitières au Canada et parce que c’est plus rentable sur la vie de la vache. Et puis nos génisses aujourd’hui sont prêtes pour ça !", indique Débora Santschi de Lactanet, qui indique qu'au Québec, la rentabilité d'une vache sur la carrière entière ne sera jamais atteinte avec un vêlage à 30 mois. À 26-27 mois d'âge au 1er vêlage, les charges variables atteignent 1 574 € par génisse, 100 € de plus qu'un vêlage à 23-24 mois.

 

Au Québec, un suivi rigoureux des génisses

Pour y parvenir, trois points clés dans l'élevage des génisses sont à suivre : le colostrum, la distribution de lait et le suivi de croissance (1re IA au bon poids). "Le premier message est de peser le colostrum pour évaluer sa qualité. Il existe des outils simples. Cela veut dire qu'il faut aussi être vigilant sur la quantité produite et donc le rationnement des vaches taries. Enfin, il faut le distribuer le plus tôt possible, viser 4 litres sur les 6 premières heures", indique Stéphane Saillé, directeur technique et innovation. 
Le second message concerne le suivi des croissances avec des dates de pesée fixes (sevrage, IA) et une bonne maîtrise du GMQ avec un suivi de croissance afin de s’assurer d'une alimentation adéquate.

 

Faire vieillir le troupeau

En Espagne, les trois principales causes de réformes des laitières sont les mammites, la reproduction et les problèmes de pattes. En Irlande, le nombre moyen de lactations à la réforme varie entre 3,4 et 4,6 quand sur la zone BCEL Ouest, il est de 3,15, en baisse depuis 2010. John-Paul Murphy, responsable de la ferme Moorepark en Irlande a pour objectif de faire vieillir ses vaches jusqu'à 5,5 lactations car 5 lactations assurent 3 870 € de profit, a calculé l'éleveur irlandais. "Cela représente 1 000 € de profit par lactation", décrit Samuel Danilo, responsable technique Stratégie, Système, Economie et Indicateurs de performance des élevages. "En Irlande, moins de 20 % des vaches sont réformées à la fin de la 1re lactation, même moins de 17 % ce qui permet de garder des animaux et d'aller sur de la longévité".

 

Ne pas subir l'élevage des génisses

Avec un taux de renouvellement de 20 à 35 %, l'Espagne se rapproche de la France (33 %). La gestion des effectifs de génisses peut suivre trois statégies : celle qui consiste à élever le nombre de génisses pour assurer le renouvellement strict du troupeau ; à élever les génisses pour le renouvellement et la vente de génisses pleines ou de vaches en lait ou à déléguer l'élevage des génisses. "Élever toutes les génisses est intéressant si avec le prix de vente de la génisse, vous couvrez les 1 300 € de coût de production", expliquent les spécialistes. Car élever moins de génisses, c'est réduire de 18 heures le temps de travail estimé par génisse, ce sont des bâtiments moins saturés et des besoins fourragers réduits (une génisse laitière équivaut à 4,8 tMS de fourrages ou 0,4 ha de maïs)... "On est dans une situation où les génisses poussent les vaches laitières à la réforme. Il vaut mieux faire partir des vaches à réformer et faire entrer après les génisses dans le troupeau", rappelle Stéphane Saillé.

 

Le renouvellement, combien me coûte-t-il ?

BCEL Ouest distribue une méthode de calcul avec un exercice à faire chez soi. Par exemple, un élevage de 800 000 litres vendus ; 100 VL ; 33 % de réforme compta ; 33 VL à remplacer ; 24 600 € VL réformes ; 1 200 € de vente en lactation ; 2 vaches mortes ; 82 génisses présentes à 1 350 € / génisse ; âge au 1er vêlage de 28 mois ; 1 VL achetée 1 300 €. 
"Entrées" - "Sorties" = 18 519 € / 800 = 23 €/1 000 litres de coût de renouvellement.

 

Et en France ?

Quel est l’âge moyen au 1er vêlage des génisses BCEL Ouest ? 70 % des élevages ont des vêlages supérieurs à 26 mois d’âge, avec une moyenne à 28,4 mois. Quant au coût moyen du renouvellement aux 1 000 litres sur la zone BCEL Ouest, il s'élève à 22 €. "Ce n'est qu'au cours de la 2e lactation quand l'éleveur a payé la génisse que le produit est supérieur aux charges et que la génisse devient profitable", rappelle Stéphane Saillé, directeur technique et innovation. BCEL Ouest propose un outil, Efficow, qui calcule la rentabilité des animaux. Il compare individuellement les vaches sur leurs charges opérationnelles et leurs produits à l'échelle d'une lactation, mais aussi à l'échelle de la carrière de l'animal, de sa naissance jusqu'à sa réforme. 
Côté réformes, ce sont les mammites de loin (35,6 %), puis les problèmes de reproduction et enfin les boiteries qui sont cause de réforme. Le coût de santé estimé est de 7 335 €/an pour un élevage de 75 VL, indique BCEL Ouest.

 

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