Recy Ouest : Une deuxième vie pour les ficelles bleues et filets de balles rondes
Créée en 2014 en Normandie, la start up RecyOuest a inventé un nouveau processus de traitement des ficelles et filets plastiques utilisés dans les exploitations. En recherche de partenaires pour financer la première unité de traitement dans le monde, elle lance une grande expérimentation auprès des éleveurs normands pour les inciter à trier ces déchets.

C’est après avoir élevé ses enfants durant quelques années que Marcella Moisson se pose la question de son retour dans le monde professionnel. À l’époque, "je voulais être utile", se souvient l’ancienne cadre dans l’industrie textile. Elle se met à la recherche d’un matériau à recycler. Elle a l’idée de retraiter le plastique comme fibre. "Dans le plastique, il y a énormément de choses à faire. Je me suis spécialisée dans les thermoplastiques filamentaires". Dans le secteur de l’agriculture, elle met la main sur les deux éléments qui lui permettront de commercialiser son projet : les filets de balles rondes et les ficelles bleues. En 2014, elle crée la startup RecyOuest en Normandie. "Ces deux déchets ont les mêmes contaminants, la paille, le foin, la terre et l’eau", explique l’ancienne biologiste, spécialisée en biologie moléculaire et génie génétique. Ces plastiques "à usage unique" se retraitent de la même façon, ils ont en outre un potentiel de retraitement intéressant : "c’est un plastique de haute qualité, en polyéthilène haute densité ou en polypropylène". Un milliard de ces plastiques est actuellement utilisé de par le monde sans aucune solution de recyclage.
Les éleveurs sont les premiers maillons de la chaîne
Brevet déposé
Marcella Moisson s’est inspirée de son expérience dans le textile pour inventer un nouveau procédé de nettoyage des déchets par action mécanique, sans eau. "Le recyclage demande souvent beaucoup d’eau pour le nettoyage, ce n’est pas satisfaisant". La solution, dont le brevet a été déposé en 2015, permet de créer des granulés utilisables dans la fabrication de nouveaux filets pour balles rondes ou pour d’autres usages dans le domaine de l’industrie plasturgique.
Située près de Caen, au sein de l’espace de travail partagé du Crédit agricole, la start-up emploie trois personnes. Elle est en phase de levée de fonds pour construire ce qui sera la première usine mondiale de recyclage des filets pour balles rondes. Marcella Moisson l’imagine en Normandie, ou dans le grand Ouest, au cœur de l’élevage et proche des ports pour l’import européen de matière à recycler.
Une collecte plus large
Les déchets, la start-up en collecte depuis sa création. Pour monter son usine, elle a besoin de 10 000 tonnes de ficelles et de filets. Pour exemple, en 2017, 11 000 tonnes de filets ont été utilisés en France ; seuls 40 % sont récupérés. Marcella Moisson estime que "l’idéal serait de collecter la totalité". L’amélioration de la collecte française fait partie de son plan de développement. "Les éleveurs sont les premiers maillons de la chaîne, insiste la présidente de RecyOuest, sans eux, rien n’est possible". Elle a démarré une expérimentation en Normandie. "Nous appelons les éleveurs à nous rejoindre et à devenir des ambassadeurs". Leur mission est d’enseigner à leurs homologues la meilleure façon de recycler ces deux plastiques et sa finalité. Tous les élevages sont concernés. "Pour le moment, dans le domaine du cheval, rien n’est collecté. Ce secteur représente pourtant un tiers de la consommation des ficelles".
Comment trier
Pour bien trier les filets et faciliter leur traitement, il faut les secouer après les avoir enlevés de la balle et les mettre tels quels dans le sac de recyclage. Ne pas les mettre au sol où ils se saliraient, ni en boule, ce qui rend leur nettoyage plus difficile.













