Terra 30 août 2018 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Space : l’agriculture innove pour améliorer les conditions de travail

Un programme à la "densité inédite" devrait accueillir les 100 000 visiteurs attendus du 11 au 14 septembre au parc des expositions de Rennes, pour la 32e édition du Space. L’événement fait cette année une place toute particulière aux conditions de travail dans ce monde de l’élevage en proie à l’agrandissement de ses structures et où faciliter le quotidien des éleveurs est un enjeu vital.

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Les conditions de travail seront au cœur du prochain Space pour les organisateurs du Space, Jacques Jaouen, André Sergent, Marcel Denieul et Anne-Marie Quéméner entourant Sylvaine et Christophe Dano, aviculteurs qui accueillaient cette présentation à St-Jean-Brévelay, sur leur exploitaiton.
Les conditions de travail seront au cœur du prochain Space pour les organisateurs du Space, Jacques Jaouen, André Sergent, Marcel Denieul et Anne-Marie Quéméner entourant Sylvaine et Christophe Dano, aviculteurs qui accueillaient cette présentation à St-Jean-Brévelay, sur leur exploitaiton. - © Terra

"Si le côté humain ne va pas bien, ce n’est pas possible de faire fonctionner une exploitation", assure André Sergent qui, avec les autres responsables du Space, ont choisi d’ancrer leur présentation du prochain salon professionnel sur cette exploitation de Sylvaine et Christophe Dano (lire encadré), comme un symbole. Car après la robotique ou le numérique "et les lourds investissements qui les accompagnent", la thématique de l’Espace pour demain, centre névralgique du Space, sera dédiée aux conditions de travail au service des éleveurs et éleveuses. Un signe fort et "un thème fédérateur qui va dans le sens de l’innovation". Ainsi, "l’aspect humain et l’amélioration du quotidien", se retrouveront-ils projetés "au cœur des préoccupations du Space. Cette dimension humaine est la dimension première de l’élevage", rappelle Marcel Denieul, président du Space. Et si pour se faciliter la vie, "investir est parfois nécessaire, ça passe aussi par sa façon de faire et de revoir les choses. C’est passer par la délégation à l’ETA ou la Cuma pour soulager le temps de travail et l’investissement, ou le service de remplacement". Et gare aux conditions de travail qui ne seraient pas à la hauteur de l’enjeu, "avec les problèmes de recrutement qui en découlent", mettent en garde les organisateurs du Space.

 

Dense, très dense Space

Cette 32e édition du Space connaîtra une "densité inédite", prévient Anne-Marie Quéméner, commissaire générale du salon. Elle se lit entre autres dans le nombre d’exposants attendus, "1 410 dont 456 internationaux de 41 pays", inventorie-t-elle avec une présence renforcée des représentants de l’Afrique de l’Ouest, dont le Nigeria, "quand on connaît le poids démographique de ce pays (le plus peuplé d’Afrique avec 190 millions d’habitants ndlr)", situe-t-elle. 15 000 visiteurs internationaux en provenance de 128 pays avaient franchi les portes du Space l’an passé. Mais au-delà des chiffres, et de ceux aussi des 40 nouveautés pour les Innov’Space, on retiendra aussi du programme l'importance des concours d’animaux. Ainsi celui national de la race Parthenaise, "l’allaitante très bouchère", race à l’honneur pour la première fois au Space cette année. Le Roussin sera la star des ovins. Le challenge France Prim’holstein qui se déroulera pour la 3e fois au Space captera tous les regards sur les 190 meilleurs animaux à départager. Sans compter les 100 conférences "qui font du Space un événement unique dans cette dimension d’échange de savoir-faire et de rencontres".


Grande désillusion

Reste l’actualité qui fait battre le cœur du Space. "Pourquoi dans un marché ouvert avons-nous 18 centimes d’euros de décalage avec les autres bassins de production en porc ?", interroge Jacques Jaouen, vice-président du Space et président de la chambre régionale d’agriculture en évoquant le malaise porcin. "Il est temps de réfléchir à notre façon de mettre en marché et que nos organisations se mettent autour de la table", convoque-t-il pointant un moral en berne dans les campagnes, "et une grande désillusion, on nous a fait miroiter des choses" regrette-t-il après la mobilisation sur les EGA. Des sujets sur lesquels le ministre de l’agriculture Stéphane Travert sera attendu de pied ferme lors de sa visite du salon de l'élevage.

 

Les organisateurs de Terres de Jim présentaient jeudi dernier les derniers préparatifs de la fête.
Les organisateurs de Terres de Jim présentaient jeudi dernier les derniers préparatifs de la fête. - © Terra

Terres de Jim grandit encore

L'édition 2018 de Terres de Jim couvrira finalement jusqu'à 130 hectares puisque la finale régionale de labour de Bretagne et Pays-de-la-Loire sera intégrée à l'événement. Les organisateurs, Olivier Sourdin président du comité d'organisation en tête, présentaient jeudi dernier les derniers éléments clés de Terres de Jim 2018 avec les différents partenaires.

À quelques jours maintenant de l'édition 2018, les équipes s'activent à temps plein sur le terrain et ils ne chôment pas. Ce sont en effet des kilomètres de clôture et des centaines de m2 de chapiteaux qui restent encore à installer, mais déjà l'ensemble commence à prendre tournure. En quelques semaines, ce qui était une immense parcelle de blé est progressivement en train de se transformer en ce qui sera la plus grande fête agricole de plein air d'Europe. De nouvelles animations sont venues compléter une offre déjà imposante, avec des courses de drones, des courses féminines de moiss'bat'cross réservées et une manche de coupe de bois sportive qui devrait sans aucun doute être très spectaculaire puisque les 30 meilleurs bûcherons de France
s'affronteront. Les JA n'oublient pas bien-sûr ce qui fait le challenge essentiel de cette fête à savoir présenter une vision positive et dynamique de l'agriculture, puisqu'un robot de traite sera en fonctionnement pendant tout le week-end et les spectateurs pourront découvrir la réalité de la traite, ce qui devrait sans aucun doute provoquer au minimum de l'étonnement... voire plus !

Une des problématiques de l'agriculture aujourd'hui étant le challenge du renouvellement des générations mais aussi de faire face aux besoins de main-d'œuvre, Charles Fossé, a pris en charge l'animation de la journée du vendredi qui sera consacrée à l'emploi et à la découverte des métiers de l'agriculture et autour. 2 000 scolaires et étudiants participeront de l'école primaire au BTS, et il sera même possible de trouver du travail sur l'événement puisqu'un job dating sera organisé.

Rendez-vous à Javené du 7 au 9 septembre.

Jean Dubé

"Du temps pour m’organiser"

Là, sur les hauteurs de "beau soleil", à Saint-Jean-Brévelay, au cœur de l’ex triangle d’or de la volaille morbihannaise, Sylvaine Dano, avicultrice avec son époux Christophe, ont continué à croire dans la production de dinde avec LDC. Ils sont partis d’un constat simple, "la consommation de volaille continue à croître partout". Autre postulat à l'installation ? "Je voulais gagner ma vie, oui, mais avoir du temps pour m’organiser comme je le souhaitais". Dont actes. 26 ans plus tard, de deux bâtiments, les voilà à la tête de sept sur 9 000 m² dont 1 800 m2 flambant neufs, consacrés au seul démarrage de leurs poussins, phase tout autant critique que déterminante. "On est super équipés pour ce stade. Tout le reste en découle, on a gagné en temps de travail mais pas que, en sanitaire aussi et en performances". Lumière naturelle, LED et sol béton rivalisent avec pesage automatique, boîtier électronique et caméra de surveillance pour prolonger leur œil d’éleveurs, irremplaçable... Et le couple de recruter deux salariés et un apprenti pour s’engager mieux ailleurs… "Notre métier est méconnu, il est agréable avec des horaires acceptables, permet de concilier notre vie personnelle et professionnelle. Cela nous a permis de nous investir dans d’autres responsabilités", martèle Sylvaine Dano.

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