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Continuer ou se reconvertir : le temps de la réflexion, pour choisir

15 ans après la création de la session de formation "Continuer ou se reconvertir"(1), pour aider et prendre le temps de faire ses choix, le profil des stagiaires évolu. Plus que les problèmes économiques, ce sont avant tout les accidents de la vie qui invitent ceux qui en sont victimes, à repenser leur avenir. Le point sur cette parenthèse qui permet d’envisager l’après, plus sereinement.

En près de deux ans, 124 personnes se sont formées au sein de la session "Continuer ou se reconvertir"
© MSA

 

C’est dans le Morbihan que cette formation a vu le jour, il y a plus de 15 ans grâce à la mobilisation des élu.es de la chambre d’agriculture et de MSA. L’idée était d’accompagner les agriculteurs et agricultrices fragilisé.es par des difficultés économiques à prendre du recul et surtout à rebondir sur de nouveaux projets de vie (professionnel et privé). Cinq ans plus tard, l’expérience est étendue à l’Ille-et-Vilaine et ce n’est qu’en 2018, que la formation est initiée en Côtes d’Armor et en Finistère. Aujourd’hui, la dynamique est enclenchée sur les quatre départements bretons avec une parfaite synergie entre les deux MSA et les chambres d’agriculture de Bretagne.

 

Le profil des stagiaires a changé

Reste que le profil des stagiaires a évolué. Les difficultés économiques ne sont pas l’unique motivation. La surcharge de travail, la pression mentale accentuée souvent par des problèmes de santé ou par un manque de visibilité du futur (pas de successions possibles), les relations humaines, les accidents de travail et de la vie (divorce, décès, handicap) sont un ensemble de facteurs déclenchant la participation aux sessions de formation. Le plus souvent, l’inscription se fait par les travailleurs sociaux des MSA qui connaissent les situations individuelles des personnes. Il arrive aussi que les participant.es viennent à la formation suite à une information presse ou après un échange avec un ou une conseillère de la chambre.

Un point commun, la reprise de la confiance en soi.

Enclencher un processus pour aller de l'avant

L’un des objectifs de la formation est de prendre le temps et du recul pour enclencher un processus de changement. La modalité de trois jours en résidence est propice pour libérer l’esprit de son quotidien et, surtout, prendre du recul. Les temps collectifs permettent de partager et de construire avec les autres. Le groupe est un appui pour avancer. Le témoignage d’agriculteurs et d’agricultrices qui sont passés par cette formation éclaire les participant.es sur le cheminement pour avancer. Ces témoignages de leurs pairs est salutaire car ils ouvrent les horizons et montrent que c’est possible de rebondir après le doute et la difficulté. On met des mots sur les maux. Le questionnement, les temps de parole et d’expressions sont les marques de fabrique de la formation. Après les trois jours, quatre semaines à cinq semaines plus tard, les stagiaires se retrouvent lors d’une journée de formation pour refaire le point et aussi pour bâtir leur plan d’action. Puis dans les quatre mois qui suivent la formation, des rendez-vous individuels sont pris avec chacun et chacune des participant.es pour faire le point sur les difficultés rencontrées et la mise en place de leur plan d’actions.

 

Agriculteurs en difficulté 

Un contenu très riche

Au programme, seront abordés les appuis pour conforter son exploitation, les accompagnements techniques, juridiques, humains, organisation du travail, ergonomie, procédures d’accompagnements économiques, le marché et la recherche d’emploi, les aides à la reconversion, les formations possibles pour rebondir, la transmission de l’exploitation, les droits sociaux... Des contenus de formation riches répondants aux attentes des stagiaires (cf graphique page ci-contre).

 

Confiance en soi

Cette "parenthèse hors de chez soi" conforte les choix possibles, y compris pour certaines personnes, celui de se maintenir dans l’exploitation en réorganisant par exemple les ateliers et le travail, pour d’autres réduire les moyens de productions et pour d’autres encore, diversifier l’activité. Un seul point commun réunit l’ensemble des participant.es, c’est la reprise de la confiance en soi, primordiale pour se projeter avec plus de sérénité.

(1) Cette formation bénéficie de fonds de financement Vivea.

 

Agriculteurs en difficulté 

 

Ils et elles ont dit

À l’issue de la formation, ils et elles témoignent :

- Je retiendrai : qu’il ne faut pas brûler les étapes à suivre, respecter ses limites et surtout contacter les bonnes personnes, ne pas rester seul et en parler.

- Étudier le pour et le contre avant de quitter son exploitation et voir les accompagnements (aides, services) pour une reconversion.

- Prendre ma santé en compte, prendre le temps de faire les démarches nécessaires à mon arrêt d'activité. J’accepte cette solution.

- Ouf, je n'ai plus d'appréhension, j'ai confiance en l'avenir et c'est un projet à deux avec mon mari.

- Une avancée pour moi car j’ai pu me présenter devant le groupe et libérer ma timidité.

- Décompresser, dédramatiser, permet de mieux appréhender les problèmes, de trouver plus rapidement des solutions.

 

 

Agriculteurs en difficulté 

Youenn a trouvé une réponse à son dilemme

2017, l’assistante sociale en vie professionnelle de la MSA d’ Armorique parle de la formation à Youenn, éleveur laitier en individuel d’une cinquantaine d’années, sur l’exploitation familiale dans le Finistère Sud. Il témoigne de son parcours. "Un an s’est écoulé avant de m’inscrire à la session de formation. J’en étais arrivé au point de me dire que je n’avais rien à perdre à suivre cette formation. J’avais tout tourné dans ma tête pour essayer de trouver une solution seul, en vain. Un peu plus de 6 mois après, je suis aujourd’hui dans l’idée d’arrêter d’exploiter et de retrouver un travail à l’extérieur. En participant à la formation, je cherchais du partage avec des agriculteurs-trices qui ont les mêmes questions que moi. Et j’avais besoin de trouver un interlocuteur pour être accompagné dans ce dilemme : "Continuer ou se reconvertir" ? Outre les échanges avec les participants, la formation a créé une sorte de "parenthèse", un temps de pause pour continuer à avancer et clarifier ce à quoi j’aspirais au niveau professionnel. Cela a été d’autant plus bénéfique que j’ai bénéficié de l’aide au répit proposée par la MSA d’Armorique sur cette même période. Je me suis rendu compte que je n’avais plus la motivation pour mon métier. La formation m’a apporté une ouverture sur plusieurs solutions dans ma situation. Comment faire pour arrêter l’exploitation par exemple. Mon premier souhait était d’arrêter le lait, activité devenue très pesante pour moi, en lien avec mes soucis de santé. De fil en aiguille, j’en suis arrivé au constat que continuer uniquement avec les cultures et les contraintes d’exploiter en bordure littorale, ça ne m’intéressais pas. Un conseiller d’entreprise de la chambre d’agriculture m’accompagne maintenant pour mettre en place les choses concrètement ". / Propos recueillis par Nolwenn Garino pour le groupe Relations humaines

 

En chiffres : Depuis 2017 et jusqu’au 30/10/2019 pour les 4 départements bretons : 124 stagiaires ont été
formés dont 51 femmes et 69 hommes, la moyenne d’âge est de 52 ans (de 30 à 59 ans). (Données des chambres d’agriculture Bretagne)

 

Agriculteurs en difficulté 

En pratique

Deux ou trois fois par an, partout en Bretagne, les sessions se déroulent sur quatre jours (trois jours en hébergement et une dernière journée un mois plus tard). L’hébergement, la restauration et les frais de formation sont pris en charge. Un service de remplacement peut-être également financé selon les besoins par les MSA.

Les prochaines dates :

Côtes d’Armor : Saint-Jacut de la mer et Plérin : les 28, 29 et 30 janvier et 19 mars ou les 26, 27 et 28 mai et 30 juin.

Finistère : Sud Finistère et Quimper : les 28, 29 et 30 janvier et 10 mars ou les 9, 10 et 11 juin et 9 juillet.

Ille-et-Vilaine : Cesson-Sévigné et Rennes : les 19, 20 et 21 novembre et 17 décembre, puis les 18, 19, 20 février et 24 mars ou le 24, 25, 26 novembre et 17 décembre.

Morbihan : les 26, 27, 28 novembre à Erdeven et 19 décembre à Vannes. Erdeven et Vannes : 2, 3, 4 mars et 2 avril ou 17, 18, 19 novembre et 17 décembre.

Contacts et renseignements : 

Pour l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan : chambre d’agriculture, Anne Jorre, 02 23 48 27 02, anne.jorre@bretagne.chambagri.fr ou MSA des Portes de Bretagne, 02 99 01 80 20.

Pour les Côtes d’Armor et le Finistère : chambres d'agriculture, Isabelle Lemaitre-Georgelin, 02 96 79 21 22 ou MSA d'Armorique, 02 98 85 59 08.

Pour plus de renseignements : www.formation-agriculteurs.com/exploitants/continuer ou se reconvertir

 

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