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European Chicken Commitment : nouveau traumatisme ou eldorado du futur ?

Depuis un an maintenant, de nombreuses enseignes de la distribution ou de la restauration se sont engagées à respecter l’European Chicken Commitment (ECC) à l’horizon 2026. Si cette nouvelle segmentation du poulet peut être vue comme un danger pour la filière, des relations équilibrées entre les différents acteurs peuvent en faire une opportunité.

Grande distribution et restauration s’engagent à respecter le cahier des charges ECC dans leurs approvisionnements d’ici 2026. Certaines enseignes vont même plus loin en annonçant que 20 % d’entre eux auront accès au plein air ou à un jardin d’hiver.
© Pascal Le Douarin

Porté par une trentaine d'ONG européennes (dont CIWF, Welfarm et L214 pour la France), le European Chicken Commitment se veut être un référentiel de bien-être animal pour les poulets de chair. Il comporte plusieurs critères : l'utilisation de souches de poulet à croissance plus lente, une densité d'élevage plus faible (30 kg/m² max), de la lumière naturelle, des perchoirs et des substrats à piquer, un abattage plus respectueux des animaux et un audit externe de ces standards.
Grande distribution et restauration s’engagent à respecter ce cahier des charges dans leurs approvisionnements d’ici 2026, que ce soit pour le poulet frais, congelé ou transformé. Certaines enseignes vont même encore plus loin en annonçant que, en plus des 100 % de poulets ECC, 20 % d’entre eux auront accès au plein air ou à un jardin d’hiver. Ces décisions sont bien trop souvent prises sans concertation avec la filière sous la pression d’actions de certaines ONG animalistes ; elles servent alors de sauf-conduit pour continuer l’activité de l’entreprise et préserver son image.

Ne pas reproduire le traumatisme de l’œuf
Mais les difficultés de la filière œuf vécues ces dernières années sont encore dans toutes les têtes… Juste après la mise aux normes des cages en 2012, et sous la pression d’ONG animalistes, la grande distribution a annoncé des objectifs ambitieux d’approvisionnements en œufs hors cage. Cela a précipité la transition vers l’œuf alternatif, aux dépens des éleveurs de poules pondeuses en cage qui venaient tout juste de réaliser de lourds investissements toujours en cours d’amortissement à l’heure actuelle ! L’histoire semble malheureusement se répéter pour le poulet.
Les enseignes s’engagent à respecter le ECC en 2026, mais personne ne précise à quel prix sera acheté le poulet, ni même si la filière française est en capacité d’y répondre. Par exemple, la majorité des abattoirs ne pourra pas répondre à ce cahier des charges eu égard aux investissements liés à la mise en place d’un système d’étourdissement par atmosphère contrôlée. Aujourd’hui, en France, moins de 10 abattoirs en sont équipés, et seuls 10 % des abattoirs seraient en mesure d’en acquérir un. C’est pourquoi, au-delà des annonces, il est important de se confronter aux réalités du marché.

Schema

Facteurs de réussite pour la filière
D’ici à 2026, le premier enjeu sera donc de déterminer la capacité de la filière française à répondre à l’ECC. L’interprofession s’est déjà prononcée en faveur de la mise en œuvre de ce cahier des charges, à la condition que cela réponde effectivement à la demande du marché. Prudence et visibilité doivent être de rigueur. De plus, elle précise qu’il faut anticiper au moins 18 mois à l’avance la mise en place d’une telle filière.
Le deuxième enjeu sera de bien prendre en compte le surcoût de l’ECC dans la valorisation finale du produit. Celui-ci s’élève à 27 % pour le poulet sortie élevage et à 59 % sortie abattoir (si seul le filet est valorisé en ECC). Monter en gamme rend inévitablement les produits agricoles plus chers. Il faudra donc mieux les valoriser et reconnaître à son juste niveau la valeur créée par chacun des maillons de la filière.

 

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