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A la FDSEA "redonner la fierté aux agriculteurs et une ambition pour l’agriculture"

C’est une équipe de la FDSEA du Morbihan confortée par sa récente ré-élection aux manettes départementales qui a tenu tribune, lundi dernier, à la faveur de l’assemblée générale du syndicat, à Lauzach. Arnaud Rousseau, nouveau monsieur Sofiprotéol est venu, entre-autre, éclairer le nouveau projet stratégique du syndicat.

Une équipe de la FDSEA confortée qui a porté à sa tête Frank Guéhennec ici avec Arnaud Rousseau, président de la FOP et de Sofiprotéol, membre du bureau de la FNSEA.
© Claire Le Clève

 

Ils veulent "un revenu décent" et aspirent à plus de "reconnaissance de notre métier". Ils en ont plus qu’assez de ce dénigrement délétère "qu’il faut contrecarrer. L’agribashing, ce n’est pas une vue de l’esprit, ce sont des intrusions, des agressions verbales… Il ne faut rien laisser passer et se défendre car l’inquiétude est vive sur les conséquences à l’installation", une véritable dissuasion. Ils veulent que cesse cette "surtransposition environnementale qui nous pénalise", et expriment leur sentiment "d’appartenir à un réseau qui est une force, celui de la FDSEA", avec de "l’échange, sans modèle d’agriculture mais avec une complémentarité"

"Vous représenter au mieux"

Des propos repris par Franck Pellerin, nouveau secrétaire général de la FDSEA du Morbihan, à partir des mots des éleveurs du réseau syndical. Ceux qui, élus dans les cantons, portent au conseil d’administration renouvelé en cette fin janvier, les préoccupations "du terrain. Ce pour quoi nous avons été élus, pour défendre collectivement les agriculteurs et pour vous représenter au mieux", poursuivra-t-il avec Frank Guéhennec, porté de nouveau à la tête du bureau et du syndicat lors du conseil électif, fin janvier dernier, avec une équipe confortée. Ces expressions locales, "nous avons décidé d’en faire notre fil rouge", a insisté la nouvelle équipe. Restent aussi des attentes du réseau départemental vis à vis de l’instance nationale. Elles ont été exprimées après une courte séance à huis clos et un dense passage en revue de l’année écoulée. "Comment démystifier la FNSEA ou encore quelles réponses apporter collectivement aux questionnements, ou bien l’inquiétude face à la disparition des élevages et comment faire en sorte que la FNSEA pèse moins sur les FDSEA", sont autant d’interrogations exprimées par les élus cantonaux.

Une nouvelle ambition

Des interrogations et des attentes fortes vis à vis de la maison mère qu’ Arnaud Rousseau, président de la puissante fédération française des oléoprotéagineux, estime "normales", lui offrant l’occasion de rappeler le rôle de la FNSEA au-delà de ses aspects organisationnels. "Notre premier objectif est de redonner une ambition pour l’agriculture française", s’appliquera-t-il à démontrer, rappelant le grand écart entre aspirations exprimées par la population et l’arbitrage final par le porte-monnaie : "Lidl a fait la meilleure progression l’an passé" et "si il y a une attente au niveau bio et local, j’y suis favorable, il ne faut pas exclure d’alimenter nos marchés de proximité", cadre t-il en pointant ce continent africain à portée de Méditerranée où la démographie explose. La chine l’a bien compris. "Seuls 15 pays sur terre sont capables d’alimenter le reste monde (dont la France). En Europe, nous avons une agriculture équilibrée", justifie-t-il pour défendre "notre modèle", se désolant de voir s’atrophier la balance commerciale de la France en matière d’agriculture. Et de dérouler le nouveau projet stratégique du syndicat au travers quatre fondamentaux.

Projet stratégique

En premier lieu, "le goût d’entreprendre pour les hommes et les femmes de l’agriculture", peu importe la taille de l’exploitation, "l’important c’est le projet", estime t-il pourvu "que les agriculteurs vivent de leur revenu". Autre sujet, celui de la proximité, "c’est au plus près du terrain que nous seront capables de maintenir le réseau". Les filières, en sont un autre, "il faut trouver le moyen de les développer car quand ça fonctionne !" illustrera-t-il avec les possibles rétributions des aménités apportées par l’agriculture notamment en matière d’économie des gaz à effet de serre. Le président de Sofiprotéol développera sa vision "offensive" sur le sujet : "on a des pratiques, on ne fait ni brûlis, ni travailler des enfants, nous sommes auditables sur des critères européens et mondiaux. On est capable de les certifier et de les valoriser", appuie-t-il avant de pointer le quatrième rôle fondamental du syndicat : "l’influence, le lobbying, la manière de porter notre projet sur l’angle politique". Et pour ce faire, "il faut des collaborateurs, de la matière grise, c’est notre force", justifie-t-il des 1 000 salariés et du poids de la maison mère sur les épaules départementales. Demeurent les enjeux à venir et une agriculture "de nouveau challengée".

S’impliquer collectivement

Bousculée et remise en cause y compris au sein même du monde agricole, quant bien même pour Frank Guéhennec, "tous les modes de productions sont défendables" au nom du "Manger Français" et des garanties qu’il apporte. Un président de la FDSEA alors très offensif face à la Confédération paysanne "contre tous les projets. Il n’est pas acceptable de se lyncher entre-nous paysans", plus magnanime vis à vis de la Coordination rurale "qui a signé avec nous la charte riverain en décembre dernier". Restent des dossier de mobilisation majeurs, dont la future PAC. "Nous avons déjà perdu 25 % d’aides, or pour les laitiers, 97 % du revenu, c’est des aides ! " pointe l’éleveur laitier en Gaec à Camors. Ne pas lâcher non plus "sur la juste rémunération du produit, créer des vocations passera aussi par le prix", martèle t-il avant de rappeler que "en vertical ou en transversal, il faudra qu’on s’organise pour récupérer ce qui nous revient, Il va falloir s’impliquer collectivement", enjoint-il.

Claire Le Clève

 

Filières, "rapprocher le syndicalisme et l’économique"

 

Attention à la tentation du repli sur soi "si vous ne pesez pas vous n’existerez pas", estime Arnaud Rousseau dans le débat sur les filières et le revenu des agriculteurs, thème de l’assemblée générale. Il en veut pour preuve les regroupements coopératifs à l’œuvre, également en Bretagne. Quant à la gouvernance ? "Oui, on a un syndicat qui s’est détaché de la question économique, j’œuvre pour qu’on ait un syndicalisme plus économique… Le marché ne peut pas tout… Il faut mettre de la matière humaine et de la vison politique… Quant à la gestion quotidienne, ce sont des sujets de professionnels. Il faut laisser les cadres gérer la boîte tout en gardant un œil… ", estime le président de Sofiprotéol, qui encourage à s’investir. "L’économique et le syndical ont besoin de travailler de concert". Reste que pour lui "on est au pied du mur. Avec les EGALIM, on a fait une partie du boulot. Il faut se mettre en ordre de bataille", encourageant à s’investir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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