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La filière laitière à Roche aux Fées communauté, un maillon essentiel du développement local

Quels sont les services rendus par l'élevage laitier vis-à-vis d'un territoire mais aussi les "dys-services" (dys pour dysfonctionnement) ? Un diagnostic a été établi avec plusieurs parties prenantes sur Roche aux fées communautés en Ille-et-Vilaine, l'objectif étant d’identifier les principaux enjeux à laquelle la filière laitière est confrontée et de dégager des pistes d'amélioration. Voici les résultats de leurs échanges.

Réunion de travail autour des services et dys-services de l'élevage laitier sur Roche aux Fées Communauté.

Des éleveurs laitiers, des conseillers agricoles, des personnes des syndicats d’eau, des associations environnementales et des représentants de la communauté de communes ont ainsi été invités à participer au diagnostic sur ce territoire où l'activité agricole est prépondérante et représente un maillon essentiel du développement local. Sur les 8 000 emplois de Roche aux Fées communauté, 13 % sont issus du secteur agricole et 17 % de l’industrie. Pour comparaison, la répartition des emplois en Ille-et-Vilaine est respectivement de 3 % et 13 %. C'est dire la place importante de l’agriculture sur le territoire. Qui plus est, les principales industries implantées sur le secteur sont des entreprises agroalimentaires avec notamment Lactalis qui emploie 800 salariés.

 

Un pool de compétences agricoles à sauvegarder et développer

L’agriculture et l’élevage laitier en particulier sont très représentés sur le territoire et contribuent fortement à son dynamisme. D’un point de vue technique, cela permet d’avoir des éleveurs avec des compétences fortes, irriguant ainsi autour un important réseau de services agricoles et créant de ce fait une émulation entre les acteurs. Celle-ci se matérialise à travers un grand nombre d’actions et/ou de collectifs tels que des Cuma, des projets de méthanisation, de vente directe… Cela se traduit aussi par un accès favorisé aux nouvelles technologies (robot de traite et d’alimentation…) ainsi qu’aux résultats de recherche issus de la R&D.

Comme dans la majorité des territoires, la filière laitière fait face à une restructuration de ses exploitations et une diminution de leur nombre. Se pose également la question du renouvellement des générations d’éleveurs avec un métier parfois peu attractif en termes de revenu. La transmission des bâtiments, la compétition sur le foncier avec l’agencement du parcellaire et la cohérence des projets d’installation sont identifiés comme des points sensibles. La capacité des éleveurs à s’adapter à un nouveau contexte économique, social et environnemental et à choisir leur stratégie sera primordiale.

 

Segmentation du lait, un challenge économique important

Le dynamisme agricole du territoire et son positionnement géographique vis-à-vis de Rennes ont permis d’établir une filière laitière viable économiquement et créatrice d’emplois avec l’implantation d’outils industriels tels que ceux de Lactalis. Cela peut avoir un effet négatif avec une certaine dépendance des éleveurs vis-à-vis de l’industriel et de sa stratégie. Depuis la fin des quotas, les élevages laitiers font face à une forte volatilité du prix du lait, limitant ainsi la marge de manœuvre de leurs exploitations.

La segmentation du lait a été mise en avant comme étant un enjeu économique important afin d’améliorer la valeur ajoutée générée dans la filière et perçue par les éleveurs. Cela peut se traduire au travers de pratiques d’élevage différentes (bio, pâturage, sans OGM…) et/ou de commercialisation hors des filières longues (vente directe, circuits-courts). L’autonomie protéique peut s’inscrire dans ces démarches afin de limiter les intrants de l’exploitation et donc les émissions de gaz à effet de serre liés à leur production. Par exemple, une entreprise de déshydratation de la luzerne est présente sur le territoire afin de faciliter sa valorisation animale.

 

Le bien-être des éleveurs, un élément essentiel

Roche aux Fées communauté se situant à proximité de Rennes, la cohabitation entre les éleveurs et les néo-ruraux est un sujet de discussion ! L’accroissement de la population sur le territoire est à la fois un facteur positif et un sujet de crainte pour les éleveurs. Tout d’abord, cela peut contribuer à une augmentation de la part de vente directe ou circuits-courts du fait d’une plus étroite relation entre éleveurs et consommateurs. À l’inverse, c’est un élément de crainte car cela peut amener davantage de tensions (odeurs durant les épandages, traitement phytosanitaire…). Plus globalement, les critiques relayées par les médias (associations contre l’élevage, mouvements vegan…) envers la filière et l’élevage laitier touchent fortement les éleveurs. Cela peut majorer d’autant plus la solitude de certains éleveurs présents dans des secteurs moins dynamiques.

 

Climat, énergie, eau... l'élevage a des atouts à faire valoir !

Le climat de la communauté de communes de la Roche aux Fées est favorable à la récolte de fourrages de qualité et donc à la production de lait. Néanmoins, le changement climatique induisant de plus en plus de périodes de sécheresse a pour effet une prise de conscience des éleveurs de l’importance de la thématique environnementale.

L’élevage laitier est à la fois facteur de services et dys-services environnementaux. Cela a été longuement évoqué au cours de la réunion. L’activité d’élevage a un rôle important vis-à-vis du territoire avec le maintien du paysage (haies, prairie, rivière, forêt…) et de la fertilité des sols (effluents d’élevage). Malgré cela, un constat d’artificialisation des sols agricoles est constaté du fait de la proximité de l’agglomération rennaise. Par ailleurs, certains dysfonctionnements ont été notés suite au remembrement agricole et à une intensification de la production fourragère et laitière avec pour conséquences une baisse des haies, une augmentation de l’érosion et de la fertilisation azotée menant notamment à une baisse de la qualité de l’eau. Afin d'y remédier, l’équilibre "prairie-maïs" dans les assolements agricoles sur lesquelles la production laitière doit se baser est un des axes d’ajustement. Augmenter la part de prairies dans les assolements et la proportion de pâturage dans l’alimentation des vaches sont des leviers à privilégier. Dans cette optique, les échanges parcellaires et la mise en place de boviducs, actuellement menées sur le territoire, doivent être encouragées davantage. L’élevage doit accroître son pouvoir de stockage de carbone via les prairies mais aussi les haies. Le bois de celles-ci peut être utilisé pour la production d’énergie renouvelable. La filière laitière a une carte à jouer sur ce sujet avec également la mise en place de panneaux photovoltaïques, d’unités de méthanisation… Les politiques publiques du territoire ont soutenu des initiatives permettant ainsi d’avoir une production de 66 GWh d’énergie renouvelable sur le territoire (3 % de l’énergie renouvelable produite en Ille-et-Vilaine).

Cette étude de cas sur les services et dys-services rendus par l’élevage laitier a été menée dans le cadre du projet européen Interreg Dairy-4-Future. Un diagnostic similaire a été réalisé dans chacun des pays impliqués dans le programme (Royaume-Uni, Irlande, Espagne, Portugal et France). Tout l'enjeu de ce projet est de travailler sur la durabilité sociale et sociétale des exploitations laitières.

filière laitière

 

Une agriculture spécialisée dans la production de lait

Sur Roche aux Fées communauté la production laitière en 2018 est de l’ordre de 100 millions de litres de lait. Avec, comme dans l’ensemble de la Bretagne, une restructuration particulièrement marquée des élevages sur la dernière décennie. En effet, la production laitière s’est accrue de 8 % entre 2010 et 2018. Sur le même pas de temps, le nombre d’exploitations laitières a diminué de 22 %, passant de 300 à 235 et les surfaces de prairies ont sensiblement diminué.

La production par exploitation a donc logiquement augmenté de 328 000 à 454 000 litres (+38 %), légèrement au-dessus des moyennes départementale et régionale respectivement de 429 000 et 444 000 litres de lait par exploitation. Cette augmentation a été permise notamment par une augmentation de 13 % du nombre de vaches laitières. Qui plus est, 23 % des exploitations laitières ont au moins 100 vaches ce qui est un peu plus élevé que la moyenne départementale (19 %).

 

L'environnement de la communauté de communes, c'est :

Deux rivières qui la traversent : la Seiche au nord et le Semnon au sud,

Un paysage bocager avec 1 700 km de haies,

Un climat océanique avec des précipitations moyennes de 670 mm (883 mm pour la Bretagne),

Les sols agricoles sont généralement composés de schistes au-dessus desquels se trouve une couche d’argile et de limon. Profondeur entre 30 cm et 1 m,

Les sols destinés à une activité agricole représentent 77 % de la surface de la communauté de communes (en 2017). L’intégralité est destinée à une activité d’élevage, directement par le pâturage ou indirectement pour l’alimentation des cheptels,

L’assolement est composé de 36 % de céréales, 31 % de prairie, 27 % de maïs et 6 % d’oléo-protéagineux.

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