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La première étape consiste à réaliser un bilan "carbone"

Le changement climatique est là. La chambre d'agriculture de Bretagne incite les agriculteurs à s'engager dans la réduction des énergies fossiles et des gaz à effet de serre (GES). Le point avec Loïc Guines.

Loïc Guines, élu référent à la chambre d'agriculture de Bretagne, en charge du dossier sur le changement climatique.

Quels changements observez-vous dans les pratiques agricoles ces dernières années ?

Loïc Guines. Les semis de maïs par exemple ont pris de l'avance. Il y a 40 ans, les semis n'étaient pas réalisés avant début mai. Maintenant, ils sont quasi faits en avril. Les hivers se suivent et sont moins froids même s'il y a des courtes périodes plus froides. Et les étés sont plus chauds. Quant au printemps, il avance par à-coup avec du temps désséchant, de l'eau puis du très chaud...

 

Vous proposez 4 axes de travail qui incitent les exploitants à réduire les énergies fossiles, les GES d'un côté, et à stocker le carbone et produire de l'énergie positive de l'autre ?

L.G. Le réchauffement climatique est une réalité et l'agriculture a sa part de responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre. Tout citoyen doit regarder comment il peut réduire son impact. Il faut voir cela comme une nécessité d'abord, avant d'y voir une opportunité.
Dans les exploitations, il faut donc réfléchir à comment travailler pour émettre moins de GES. La contre-partie vient avec le stockage du carbone. Avec ces 4 axes, nous faisons le tour global de l'exploitation vers la neutralité carbone.

 

Beaucoup d'agriculteurs agissent (méthanisation, photovoltaïque, herbe...) mais par quoi commencer ou poursuivre les actions ? Que conseillez-vous de faire ?

L.G. La première des choses est de faire un bilan "carbone", un point zéro de la situation. Cela doit nous aider, nous indiquer les points de notre fonctionnement à améliorer, poste par poste, étape par étape. Rien ne sert de courir plusieurs lièvres à la fois au risque de se décourager. Allez-y par étape ! Après, il est possible de progresser seul mais sur des sujets complexes, mieux vaut travailler en groupe pour se rassurer. Les expériences des uns et des autres nous nourrissent et nous font avancer plus vite.

 

L'agriculture est-elle seule à mener ces mutations ? L'État, les EPCI sont-ils suffisamment présents ?

L.G. Les collectivités ont eu l'obligation de réaliser les PCAET avec une fonction de promotion. La chambre d'agriculture apporte sa réflexion et sa technique. C'est vrai, nous aimerions qu'il y ait de l'incitation à faire des bilans "carbone" mais il n'y en a pas. Parallèlement se développent les PSE(1) et le marché du carbone. Sur le marché du carbone, nous sommes partie prenante dans les réflexions à condition que ce marché soit rémunérateur pour les agriculteurs. Il n'est pas question que les paysans en récoltent que les miettes !

(1) Paiement pour services environnementaux.

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