La session régionale sous tension
La session régionale de la chambre d’agriculture qui se déroulait le 16 décembre, a été accueillie par les sifflets des salariés en grève ce jour là pour protester contre les décisions de restructuration et les réductions de moyens.

L’ambiance était tendue dans le hall d’accueil de la chambre d’agriculture lundi matin. Les membres de la session étaient accueillis par plus de 150 salariés en grève, qui comptaient bien se faire entendre. La préfète de Région Michèle Kirry a d’emblée rappelé aux salariés qu’il n’était pas possible de laisser s’installer une situation de nouveau déficit, et soulignait les progrès réalisés dans la définition et les moyens du plan d’accompagnement. André Sergent, président de la chambre régionale d'ariculture, a de son côté souligné le contexte de "baisse des ressources qui avait marqué les derniers exercices budgétaires", et la "nécessité de trouver une meilleure adéquation des services aux ressources disponibles et aux besoins des agriculteurs". Sur la formation par exemple, il indiquait qu’il "restait 600 places de formation vacantes en Bretagne", soulignant le fait que l’arrêt de la formation par les chambres d’agricultures ne signifiait pas une baisse de l’offre de formation, ni même de l’effort de formation dans un contexte où l’installation et le développement de compétences dans les équipes salariées sont des axes prioritaires de travail pour l'agriculture.
Des salariés en désaccord avec les décisions
Du côté des salariés grévistes et de la Cfdt on déplore le vote du projet politique et des 67 procédures de licenciement "enclenchées". Au final, la Cfdt dénonce la perte de 145 postes, passant de "669 collaborateurs fin 2018 à 524 fin 2021". "À terme, avec les départs en retraite, les licenciements, les fins de CDD et les démissions, l'atterrissage sera de 489 ETP contre 622 fin 2018", décrit Guirec Scolan, un des porte-parole.
Après une première grève le 12 octobre à Plérin, la Cfdt a pris un avocat, demandé la tenue d'un audit financier et rencontré la préfète de Région fin novembre. "L'audit financier sera réalisé après les premières procédures de licenciements, c'est regrettable", exprime Guirec Scolan. La Cfdt réclame un accompagnement encadré par un cabinet de reclassement auprès des agents licenciés, "l'équivalent de 80 licenciements budgétés pour 2020" (dont 18 licenciements, repris ou non par les centres de formation partenaires). Elle reproche une analyse faite à la va-vite et des remèdes qui ne sont pas les bons. Par exemple, les salariés et leur syndicat s'interrogent sur les coûts de maintien des chambres départementales, "pour peu que soit respectée la couverture des services départementaux" et demandent d'attendre la sortie du contrat d'objectifs et de performances des chambres d'agriculture courant 2020, qui fléchera les subventions "avant de se séparer des compétences".
Pendant cette session à huis clos, la chambre d'agriculture de Bretagne adoptait son projet stratégique.











