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Légume : une année 2018 "décevante" pour la Sica

La Sica Saint-Pol (Finistère) a connu une moins bonne année 2018 que la précédente. Son activité "légumes" a perdu 6 % à 159 millions d’euros, la partie horticole, elle, restant stable à 35 millions. Mais il y a des motifs de satisfaction.

Le volume de légumes produit par la première organisation de producteurs de France (850 producteurs dans 650 fermes) demeure à peu près égal à la précédente saison - 230 000 tonnes de 47 légumes vendus sous marque Prince de Bretagne - récoltés sur 14 000 hectares et 41 exploitations sous abri (tomates et fraises). Mais avec un chiffre d’affaires de 194 millions d’euros (40 % à l’export), "c’est une année décevante", a résumé le vice-président de la coopérative spécialisée de Saint-Pol de Léon, Jean-Michel Péron, lors de la conférence de presse qui précédait l’assemblée générale de la Sica, le 16 mars. Les mauvaises performances de trois légumes, produits historiques du bassin, ont marqué les esprits.

Le chou-fleur, tout d’abord. Le légume emblématique de la Sica et de toute la Bretagne légumière a vu son chiffre d’affaires reculer de 23 % pour une production de près de 50 millions de têtes, soit un peu moins de la moitié de la production régionale. Les pertes au champ ont été importantes et le marché allemand s’est un peu plus tourné vers l’offre espagnole. L’échalote, elle, a vu son chiffre d’affaires divisé par quatre par rapport à la campagne précédente, alors que les rendements ont été abondants (près de 20 000 tonnes). La raison ? Principalement la forte concurrence exercée sur le marché par l’échalote de semis. Quant à l’artichaut, son chiffre d’affaires a dégringolé de 30 %, sous l’effet des mauvaises conditions climatiques de fin d’hiver qui ont entamé le potentiel productif des plants.


Les labels bio et sans pesticides en progression
Dans ce flot de mauvaises nouvelles, il y a heureusement des raisons d’espérer des jours meilleurs. Les réponses de la Sica Saint-Pol aux attentes sociétales semblent satisfaire le marché. Dans le Bio par exemple, la production (7 232 tonnes en 2018) ne cesse de progresser. Elle est quatre fois plus importante qu’il y a dix ans et représente désormais 7 % du chiffre d’affaires légumes avec trente-neuf producteurs sous référentiel AB et sept en conversion. "La section renseigne au moins une fois par semaine des légumiers conventionnels qui s’interrogent", commente le président de la Sica, Marc Kéranguéven. Autre motif de satisfaction, le "zéro pesticide". La Sica a lancé en 2018 le label "Nature et Saveurs" en tomate, avec trois autres coopératives bretonnes, UCPT, Savéol et Solarenn.
"Nous en sommes à 10 % de notre offre de tomate en zéro pesticide et nous visons à terme 30 à 40 %", poursuit Marc Kéranguéven. La Sica travaille d’ores et déjà d’autres légumes (brocolis, courges) sous son label "Cultivées sans pesticides". L’échalote devrait suivre bientôt, grâce à l’utilisation de variétés tolérantes au mildiou, proposées par l’Organisation bretonne de sélection, outil de création variétale au service des légumiers bretons. Cependant, il reste encore à convaincre le marché et bien informer les consommateurs de la démarche des producteurs. L’an passé par exemple, seules 55 des 400 tonnes de brocolis cultivés sans pesticides par la Sica ont été valorisées comme tel sur le marché.


De nouveaux outils commerciaux se développent
Sur le plan commercial enfin, la Sica s’adapte aux évolutions du marché et aux demandes des clients, en France et à l’étranger. Le sacro-saint cadran reste majoritaire dans la fixation du prix (68 % des volumes), mais d’autres outils commerciaux se mettent en place. Marc Kéranguéven évoque cette vente réalisée en juin dernier qui a permis de prévendre 6 millions de têtes à récolter sur la saison, soit plus de 10 % de la production. La Sica travaille par ailleurs, au nom de l’AOP bretonne Cerafel (Sica, UCPT, Terres de Saint-Malo), au développement d’un outil prédictif des apports de choux-fleurs, en corrélant production et conditions climatiques, du semis à la récolte. L’expérimentation en cours doit permettre, à terme, d’éviter la destruction en maîtrisant la transformation et en anticipant la logistique. L’outil pourrait bénéficier à d’autres productions. Quant à la station de conditionnement ultra-moderne de Vilargren, dont le chantier a été stoppé pendant plusieurs années, les travaux sont en cours pour une mise en service en 2021. Un outil stratégique pour gagner en compétitivité.

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