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Réussir l'implantation

Un colza bien développé à l’entrée de l’hiver sera plus résistant aux ravageurs d’automne. Un semis précoce permet d’atteindre cet objectif (ici colza au 30 septembre).

Date et densité de semis : tôt et clair

Semer dès fin août

Pour avoir un colza bien développé à l’entrée de l’hiver, il faut semer tôt. Ce colza développé sera ainsi mieux disposé pour résister aux ravageurs et aux à-coups climatiques. Pour cela, il faut semer à partir du 20 août et avant le 5 septembre. Un colza qui va avoir plus de 1,5 kg/m² de biomasse avant la pause hivernale aura déjà absorbé plus de 100 kg d’azote. Les gains de croissance permis par ces quelques jours longs et chauds de fin d’été peuvent être décisifs face à plusieurs ennemis de la culture. Les limaces et les altises seront moins nuisibles sur des colzas déjà développés et permettront de faire l’impasse sur un insecticide. Une forte biomasse de colza permet aussi d’étouffer les mauvaises herbes et de maintenir les parcelles dans un bon état de propreté.

Viser une densité de 20 à 40 plantes/m²

Le colza valorise bien les peuplements clairs. Mieux vaut peu de plantes bien développées et vigoureuses que trop de plantes chétives qui se concurrencent entre elles. Il faut viser 30-40 plantes/m² pour les lignées et 20-30 plantes/m² pour les hybrides, soit entre 1 et 2 kg/ha de semences selon le PMG, le poids de 1 000 grains. Le colza s’adapte aussi au semis en ligne au semoir monograine, à écartement de 50 cm par exemple. Le binage est alors possible. Dans ce cas, pour éviter l’élongation automnale, il ne faut pas dépasser 15 plantes au mètre linéaire.

 

Fertilisation au semis : valoriser les engrais de ferme pour un bon démarrage

Colza d’hiver

Prairies ou dérobées mises à part, le colza est la principale culture à pouvoir valoriser à l’automne les engrais de ferme à action rapide : effluents de volaille et lisiers de porc notamment. Dans de bonnes conditions d’implantation et de croissance hivernale, le colza est capable d’absorber 100 à 150 uN/ha, voire davantage, du semis à la sortie d’hiver. Autant d’azote qui sera à déduire de la dose à apporter sur la 2e partie du cycle. Cet azote est fourni en partie par le sol : en se minéralisant, l’humus libère 30 à 40 uN/ha, voire plus si les températures hivernales sont douces. L’implantation de plantes compagnes peut également y contribuer, grâce à la fixation de l’azote atmosphérique par des légumineuses gélives (féverole, lentilles…). Un apport modéré d’effluent viendra donc compléter cette fourniture d’azote afin d’obtenir un colza développé et vigoureux en entrée d’hiver.
Les risques de lessivage sont néanmoins élevés à cette période de l’année, ce qui interdit tout risque d’apport azoté supérieur aux besoins. De fait, réglementairement, la fertilisation au semis est limitée en Bretagne à 65 uN équivalent engrais minéral. Il est recommandé d’enfouir l’apport dans l’heure qui suit l’épandage. Dans le cas contraire, les pertes peuvent dépasser 50 à 80 % de l’azote uréique ou ammoniacal apporté.
Pour raisonner la fertilisation à apporter à la culture en sortie d’hiver, on prendra en compte l’azote déjà mobilisé par la culture en sortie d’hiver et l’objectif de rendement.

Colza d’hiver
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