Concilier environnement et économie, c'est urgent !
Les agriculteurs bretons intègrent chaque jour davantage l’environnement dans leurs pratiques avec des résultats indéniables. Leurs efforts ont permis de résorber les excédents et de maîtriser les risques de fuites permettant une amélioration incontestable de la qualité de l’eau.
La Bretagne a d'ailleurs été citée en exemple lors de la conférence environnementale à Paris.
Les agriculteurs sont aujourd'hui contraints par plusieurs réglementations - zones vulnérables, ZES, ZAC, BVC, plan algues vertes – provoquant parfois des pertes de compétitivité. La réforme des ZES doit permettre l’évolution des exploitations dans le respect des règles environnementales. Nous sommes prêts à envisager la déclaration des flux à l’échelle de la Bretagne, à condition que les contreparties proposées soient effectives (mise à jour simplifiée des plans d’épandage, prise en compte de l’azote réel dans le dispositif de surveillance…). Nous déplorons que l’expérimentation promise ne soit mentionnée dans le projet de texte.
Le futur programme d’action nitrates prévoit le renforcement de contraintes, parfois en dépit du bon sens agronomique. Cela pose plusieurs difficultés :
-
une absence de reconnaissance des efforts faits par les agriculteurs et des résultats obtenus, qui ne fera qu’amplifier la suspicion des autorités européennes à l’égard de notre région, alors qu'il faudrait faire confiance aux agriculteurs, récompenser les efforts réalisés, valoriser les résultats obtenus.
-
comment respecter des règles non fondées sur l’agronomie et sur les contraintes sociales ? Le recul - pour des raisons juridiques - au 31 mars de l’autorisation d’épandage avant maïs, est un bon exemple. Quel gain en terme de développement durable, dès lors qu’il faudra procéder aux épandages en très peu de temps, épandre le samedi, la nuit, avec des machines plus grosses et provoquer plus de tassement ? Comment concilier ces épandages tardifs avec un objectif de maïs plus précoce pour l’implantation de couverts efficaces ?
-
quelles conséquences économiques sur l’agriculture bretonne et les activités liées ? Alors que les fermetures d’entreprises s'enchainent, toute évolution écologiquement injustifiée de la règlementation n’est pas acceptable. Le prochain plan breton agricole et agroalimentaire vise à redonner de la compétitivité à ces secteurs, à sauver l’économie régionale. Des réglementations trop restrictives conduiront à la destruction d’emplois.
Nous condamnons l’attitude anti-citoyenne des associations environnementales. Elles devront assumer leur responsabilité, le jour où l’agriculture bretonne, l’économie et les emplois qui en découlent seront laminés.
Voilà pourquoi, nous appelons les pouvoirs publics à ne pas céder à la pression purement écologique, qui fait fi des deux piliers du développement durable : l’économie et le social.
Nous ne demandons pas moins d’environnement, mais de la simplification, plus d’agronomie et plus de confiance aux agriculteurs. C’est avec cet esprit que nous avons sollicité le droit à l’expérimentation, et la prise en compte de l’azote total qui permettrait l’optimisation de sa gestion sur le territoire.
Cette réforme du programme d’action, nous l’attendions depuis de nombreuses années afin de redonner des perspectives à notre agriculture. Trop de blocages ont conduit des territoires bretons au bord du gouffre. Nous attendons très vite la concrétisation des annonces claires du
Premier ministre au Space.
Il y a urgence à enfin concilier environnement et économie.



Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,