Terra 28 mai 2015 à 08h00 | Par Jean Dubé

Stop. Arrêtez !

Les agriculteurs avaient fini par prendre l'habitude -sans pour autant l'accepter- de s'entendre reprocher la pollution de l'eau. Cette "douce complainte" ne s'arrête pas alors que beaucoup de choses ont changé dans les campagnes. Pire, cette image détestable semble maintenant s'accrocher sur tous les plans, l'eau, les sols, l'air, comme un mauvais chewing-gum usé qui resterait collé à la chaussure.

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Thierry Coué Président de la FRSEA
Thierry Coué Président de la FRSEA - © terra

Si le contentieux "directive nitrate" de Bruxelles est derrière nous grâce aux efforts réalisés par les agriculteurs, le ciel semble à nouveau s'assombrir à cause, cette fois, de la "directive air". Les agriculteurs n'en peuvent plus en Bretagne de réglementations, de contraintes, et de ne jamais voir leurs efforts reconnus et pris en compte.

Je dis stop ! Arrêtez !

On ne peut pas à tout bout de champs, tout interdire, tout réglementer, depuis les épandages de fumier, le nombre d'arbres, jusqu'à la taille des haies. Ça suffit, ces règles incohérentes et insupportables qui empêchent l'agriculteur de faire son métier et qui n'ont qu'un but : celui de flatter quelque microcosme verdoyant ou dédouaner l'électorat citadin.

Ça suffit ces discours démagogiques qui tenteraient de nous faire avaler que la pollution de l'air à Paris par les particules serait provoquée par des épandages d'azote d'agriculteurs bretons.

N'en déplaise à certains, la France n'est pas une île perdue en plein milieu de l'océan.

Les agriculteurs et leurs entreprises d'amont et l'aval sont au coeur des questions économiques, sociales, environnementales de la société française. Ils sont chaque jour confrontés à des concurrents, intégrés à des marchés de plus en plus mondialisés.

Il suffit de les accabler de règles, de contraintes, de normes incohérentes et injustifiées, qu'eux seuls supportent et qui les pénalisent sur les marchés internationaux, et même sur le marché intérieur !

Pourquoi croyez-vous que 80 % des poulets consommés dans nos cantines viennent du Brésil ? Parce qu'ils sont plus verts que les poulets français ?!

Le projet de Sdage Loire-Bretagne est actuellement en consultation. Il va imposer des règles supplémentaires qui ne tiennent compte ni des résultats déjà obtenus en Bretagne, ni des objectifs réellement atteignables !

La France va s'imposer des objectifs qu'elle ne respectera pas et qui nous vaudront une condamnation financière de Bruxelles !

Tout le monde va y perdre : les agriculteurs qui vont encore devoir faire des investissements, les collectivités, les industriels qui seront soumis à des contraintes coûteuses et les citoyens qui devront "payer" !

Agriculteurs, élus, acteurs économiques, vous qui êtes concernés par le développement de votre territoire, je vous invite à répondre à la consultation du Sdage pour dire : stop. Arrêtez !

Exigeons une évaluation sérieuse des impacts économiques, sociaux et financiers de chaque nouvelle règle avant son adoption.

 

Thierry Coué

Président de la FRSEA.

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