Alexandre Turpin : Voir ce qui me plaît vraiment
Impliqué, ouvert, volontaire, Alexandre Turpin, 18 ans, en bac pro CGEA au lycée de Kerlebost à Saint-Thuriau, l’est. Originaire du Sud-Ouest où il souhaite s’installer, il s’est pourtant ouvert à la Bretagne et ses autres modes de productions grâce à sa formation. Une immersion enrichissante, y compris en stages dénichés notamment grâce à la plate-forme www.bretagne.stage-agricole.com.

"J’ai cette passion de l’agriculture, ça m’a toujours intéressé. J’ai voulu voir ce qui me plaît vraiment", explique sans détour et dans un grand sourire Alexandre Turpin, tout juste 18 ans. Entre le Gers et la Bretagne, où son cœur balance ainsi que ses attaches familiales, il lui faudra sans doute choisir entre deux régions "et des agricultures très différentes. Mon père, près d’Auch, a une exploitation agricole où il a arrêté le lait en 2009 et se consacre aux cultures et à la vigne. L’élevage disparaît progressivement du paysage de cette région", constate le jeune homme qui retourne tous les étés là bas. "Je travaille dans une ferme en vente directe où j’ai fait mon stage de découverte de ce mode de commercialisation. J’ai beaucoup appris grâce à eux", apprécie Alexandre, sociable. "Durant mes stages au lycée, j’ai voulu multiplier les expériences pour voir ce qui me correspond : les vaches laitières, et ça ne me plaît pas vraiment, le canard gras dans le Sud-Ouest. C’est intéressant, j’ai gardé le contact avec mes anciens maîtres de stage et je travaille l’été avec eux sur les marchés nocturnes et gourmands. C’est une autre facette, complémentaire, du métier", analyse-t-il, ayant profité des opportunités offertes dans sa formation initiale. Cette année, à l’orée du bac, il a déniché dix semaines de stage déclinées en trois périodes. Ce, dans l’exploitation de Thomas Guégan, président de JA Bretagne, installé en production porcine, 110 places d’engraissement, et un troupeau allaitant de 60 mères en races salers et charolaise sur 230 ha.
Je voulais toucher à tout, voir ce qui me plaît vraiment.
Simple comme un coup de portable
"Ça s’est fait juste sur un échange téléphonique", détaille toujours souriant, Alexandre Turpin. "Et ça n’a pas été un casse-tête de trouver ce stage", apprécie, encore surpris, le jeune homme. Une expérience qui se poursuit sur un sentiment de réussite et de découverte de productions qu’Alexandre explore. "Et l’atelier vache allaitante m’a beaucoup plu, même si l’atelier porc ne me déplaît pas", explique-t-il, motivé et toujours curieux "de découvrir différentes productions dans mon cursus scolaire, c’est une opportunité". Et c’est avec le même esprit de découverte qu’il se présente au concours de pointage pour son lycée Kerlebost, en Prim’Holstein de surcroît, "encore pour apprendre". Et parce que des Jeunes agriculteurs du Morbihan étaient venus présenter la plate-forme Stage Agricole dans son lycée, "j’y ai eu recours. Je n’ai pas un réseau dans le milieu agricole ici. Alors, j’ai fait la démarche sur le site". Payante : "et je suis très content d’Alexandre", ponctue bienveillant Thomas Guégan installé à Malguénac, avec un salarié. "Changer de région, c’est précieux, on a une autre vision, ce ne sont pas les mêmes façons de travailler, pas les même débouchés. Dans le Sud, il y a peu de porc".
Du cep et du sarment à la bouteille
Alors pour la suite, Alexandre serait heureux de s’installer aux côtés de son père. "La vigne franchement, c’est ce qui me plaît, énormément. On est à l’extérieur. En toutes saisons, il y a des choses à faire, c’est très technique. J’aime tout, tailler, lever, broyer les sarments, récolter...", détaille ce lycéen sur l’exploitation paternelle de 120 ha où les cépages Gros-menseng, Merlot, Tannat, Uni-blanc, Colombard et Sauvignon s’expriment sur 22 ha. "J’aimerais un jour avoir ma bouteille, vinifier sans passer par la coop. C’est un rêve. On a un voisin qui fait son vin et qui exporte". Possible donc pour Alexandre qui mesure aussi le chemin à parcourir avant de coller sa première étiquette sur la dive bouteille. "J’espère que je pourrais m’installer avec mon père mais avant, il y a encore beaucoup de connaissances à acquérir pour maîtriser tout le processus". C’est ce qu’il tentera de parfaire, dès l’an prochain avec un BTS en œnologie et techniques viticoles dans la région de Bordeaux.
Pratique : www.bretagne.stage-agricole.com. Les JA sont à l’initiative de cette plate-forme internet qui met en relation fermes et étudiants en quête de stage. 130 maîtres de stages se sont déclarés sur toute la Bretagne. L’accès au site, ouvert, permet, grâce à une carte de localiser les fermes et leur production et de faire son choix sur cette interface de mise en relation.













