Erwan Boschet : "on a toujours besoin d’apprendre et se perfectionner"
Demandeur de formations, Erwan Boschet, salarié du service de remplacement Seremor, l’a toujours été, prolongeant déjà son BTS par un certificat de spécialisation, en alternance, dans le Morbihan. Aujourd’hui, il continue à se former, "par besoin et intérêt", et tuteur, il transmet à son tour ses acquis.

2004. "À l’époque, ce n’était pas très courant de poursuivre après. Le bac + 3 n’était pas démocratisé. Très peu d’élèves de ma promotion en BTS production animale au lycée La Touche (de Ploërmel, 56), ont continué leurs études, seuls deux ou trois, en école d’ingénieur. C’est tout. Aujourd’hui, c’est monnaie courante une licence pro", situe Erwan Boschet du contexte scolaire qui a été le sien. Il a alors 20 ans et l’envie, chevillée depuis l’enfance, "de travailler dans l’agriculture. Mes parents n’étaient pas agriculteurs, mais mes grands-parents et un oncle, oui. Alors les vacances, c’était toujours à la ferme". Sourires.
Un CS par alternance
Il fera donc ses études au lycée agricole avec "des stages au contrôle laitier. Durant les vacances scolaires et le week-end. Je commençais déjà à travailler au Seremor sur des remplacements en exploitations". BTS en poche, "j’avais envie de me spécialiser en lait". Il ressent le besoin de se perfectionner pour gagner en compétences. "En 2005, j’ai fait par apprentissage le certificat de spécialisation lait, au centre de Kérel, à Crédin". Une passerelle appréciée "entre l’école et le salariat", avec le Seremor où il devient apprenti. "C’est une année de transition qui rend l’intégration plus facile. Une formation en alternance débouche très souvent sur une embauche chez Seremor", constate Benjamin Hazevis, responsable territorial du service de remplacement pour le secteur Est du Morbihan. Dont acte, à 21 ans, après son CS, Erwan décroche donc son CDI au Seremor. Car s’installer, il n’y songe même pas "en partant de rien, c’est très difficile".
Le remplacement n’est plus un tremplin pour l’installation. C’est devenu un métier à part entière
Métier à part entière
"Les différentes expériences, s’adapter aux changements, c’est riche humainement et professionnellement. Je ne suis pas saturé". Après 15 années passées à la fonction de remplaçant, Erwan, devenu papa, ne s’est pas lassé de son métier. Il enchaîne les missions, palliant l’accident ou la maladie (65 % des motifs d’appel au Seremor) au pied levé pour assurer la continuité des exploitations où il s’implique. "Je fais le même boulot que l’agriculteur, mis à part la gestion administrative", situe-t-il de la tâche qui exige rigueur et conscience professionnelle. Et si elle requiert des compétences, elle nécessite aussi des qualités… "Il faut s’adapter, vite comprendre l’environnement, y compris humain et relationnel. Le Seremor, c’est une bonne école pour se forger une expérience et un jugement", pointe Erwan Boschet pour qui le remplacement, n’est plus un tremplin pour l’installation. "C’est devenu un métier à part entière". Un métier qu’il a choisi de parfaire, encouragé aussi à le faire. Alors…
Développer ses compétences
Santé du veau, Caces télescopique, robot de traite - initiation, contention de bovins, examen du bovin malade, relation employeur - salarié, santé sécurité au travail, robot de traite - perfectionnement…, Erwan Boschet, par ces formations courtes (liste non exhaustive), continue à se perfectionner. "On a toujours besoin d’apprendre et de se perfectionner", note-t-il, convaincu, pointant au palmarès des formations suivies, "le robot, ça se développe dans les campagnes et le relationnel, c’est essentiel". Former, "c’est assurer l’employabilité des salariés du Seremor. Mais au-delà de l’obligation légale, cela permet d’accompagner le salarié dans ses besoins. Erwan a gagné en polyvalence", souligne Benjamin Hazevis. "C’est un peu plus de 1 000 journées sur les 29 000 qui ont été dévolues à la formation l’an passé", situe-t-il. "De nouvelles compétences que l’on acquiert aussi sur le terrain, par des stages, et puis j’ai fait un remplacement en poules pondeuses, cela varie un peu", note Erwan Boschet, qui est sorti aussi de son domaine laitier de prédilection et de sa zone de confort.
Transmettre à son tour
Demandeur en formation, Erwan formule ses attentes lors des entretiens annuels d’évaluation. "Là, c’est en bio que je souhaiterai me former. Cela se développe, c’est un besoin et c’est très pointu en matière de gestion du pâturage et des cultures. Et puis, il y a tout l’aspect réglementaire aussi à bien connaître. Techniquement, c’est intéressant", justifie-t-il, heureux aussi de transmettre ses savoir-faire et savoir-être. Car comptant parmi les salariés les plus expérimentés de la maison, Erwan est devenu tuteur. "J’ai reçu une jeune collègue remplaçante une semaine sur les aspects de conduite de la mélangeuse. C’est intéressant, c’est aussi en faisant que l’on apprend". Depuis lors, la jeune femme formée fait l’alimentation seule, matin et soir sur l’exploitation où elle effectue le remplacement de l’agriculteur. Gratifiant !












