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Les structures bretonnes et le Covid-19

Ce dossier est également l’occasion de voir dans les structures bretonnes comment se passe la période de Covid-19. Jean-Stéphane Blanchard, directeur de l’APBA, Claire Audic, animatrice du GIE Proralim, et Maude Jay, technico-commerciale chez Bretagne Viande bio, nous dressent l’actualité de leurs structures respectives.

Dès le début du confinement, les boucheries artisanales se sont adaptées afin de garder leur clientèle, voire de capter de nouveaux foyers. Ici, chez Yvon Marsoin, à Locminé.

En label rouge limousin, les bouchers s'adaptent

Regroupant éleveurs, abatteurs et bouchers, le GIE Proralim gère le label rouge Blason prestige de la race limousine. Claire Audic, animatrice, nous a confié ses impressions concernant l’évolution des volumes et des stocks en ferme pendant cette crise du Covid.

"Après un début d’année très calme, nous avons vu les volumes et la demande augmenter la première quinzaine de mars, juste avant le confinement, se souvient Claire Audic. Avec l’annonce du confinement, le nombre d’animaux abattus s’est stabilisé. La progression de la demande et des abattages, généralement observée avant les fêtes pascales, n’a donc pas eu lieu, contrairement à l’an passé. Au mois de mai, la demande et le nombre de bêtes abattues sont repartis à la hausse et n’ont pas cessé de progresser". Le poids de carcasse est en constante progression, avec 445 kg au premier trimestre. La conformation s’améliore aussi, avec plus de 63 % des animaux classés en U. Avec l’augmentation de la demande observée ces dernières semaines, les stocks en ferme d'animaux bien finis ont nettement diminué.

Capter de nouveaux foyers
Cette période de confinement a chamboulé le fonctionnement de la société française, avec une nette partie des citoyens forcés du jour au lendemain à rester chez eux. Il a donc fallu s’adapter et ce rapidement, pour permettre aux boucheries de garder leur clientèle voire capter de nouveaux foyers.
"Les bouchers se sont tout de suite adaptés à cette situation, en adoptant les mesures de protection nécessaires : masques, gants, mise en place de parois plexiglass, utilisation de visières, limitation du nombre de clients en magasin..., détaille l'animatrice du GIE Proralim. Les mesures varient selon les boucheries et le contexte local, pour être adaptées au mieux".

Revoir les canaux de distribution

Au-delà de l’aspect sécurité sanitaire, il a également fallu revoir et adapter les canaux de distribution, en proposant de nouvelles méthodes de commercialisation. Ainsi, certains bouchers du label se sont mis à faire des colis ou ont modifié les horaires d’ouvertures de magasins afin de pouvoir assurer des créneaux de livraison, sur une partie de la journée par exemple. Des drives ont aussi vu le jour pendant cette période. La question est désormais de savoir si la nouvelle clientèle ou les nouvelles méthodes de commercialisation vont perdurer dans le temps, offrant encore plus de souplesse au consommateur pour lui permettre d’acheter sa viande en boucherie artisanale.
"Les réponses et les nouveaux services sont d’abord adaptés au contexte local, et aux contraintes du point de vente. Beaucoup de bouchers ont vu leur clientèle évoluer : certains clients qui habitaient loin ne pouvaient plus se déplacer pendant la période de confinement, tandis que de nouveaux clients sont arrivés, attirés par la proximité, la crainte d’aller en grande surface, la recherche de sécurité …, affirme Claire Audic. Certains bouchers me disent qu’ils ont eu une belle progression de leur activité, tous produits confondus. Mais cette progression doit être relativisée selon la localisation géographique du magasin".
Lors de cette période, le label a cherché à donner un coup de pouce à la communication sur la filière, en ciblant notamment les nouveaux clients s’approvisionnant en boucherie. De nouvelles affiches à mettre en magasin et des flyers à joindre aux colis ont été remis aux bouchers, afin de mettre en avant les atouts de la viande issue du label rouge Limousin.

Margot Le Gac

 

 

La filière label blonde d’Aquitaine en évolution

filière label blonde d’Aquitaine

L’APBA, l’autre pays de la Blonde d’Aquitaine, rayonne sur tout le grand Ouest. Basée à Broons (22), la structure qui porte le label rouge de la race, est accompagnée par Agro-qualité qui gère huit filières qualité. Son directeur, Jean-Stéphane Blanchard nous présente la filière label blonde et ses perspectives.

L’APBA, ce sont 362 éleveurs répartis sur le grand Ouest. En 2019, ils ont fourni 3 303 bovins, abattus à 510 kg de carcasse de moyenne. La filière label rouge regroupe 11 organisations de producteurs, 48 fabricants d’aliments et 14 abattoirs (16 prochainement). La viande "APBA" est présente dans 141 points de vente, deux-tiers de boucheries artisanales et un tiers de GMS, grandes et moyennes surfaces, écoulant la moitié des volumes.
Les éleveurs fournisseurs doivent respecter le cahier des charges du label rouge mais aussi celui de Bleu blanc cœur, avec des obligations de teneur en oméga dans la viande. Le label blond est en train d’évoluer, avec l’obligation de fournir pour les animaux du troupeau une alimentation sans OGM. 80 % de l’alimentation du troupeau destiné au label rouge, y compris le pâturage, doit provenir de l’exploitation.
La crise liée au Covid a été l’occasion de renforcer les liens avec tous les points de ventes. Ceci a permis notamment de faire face aux menaces d’arrêt de rayons traditionnels dans les GMS. Le bilan aujourd’hui est très positif, avec une augmentation des points de ventes et de 8 % des volumes vendus. La grille de prix payé aux éleveurs vient d’être revalorisée.
L’APBA évolue aussi pour s’adapter au plan de la filière viande, en lien avec Egalim. Pour améliorer la valorisation des bovins et développer les volumes, des démarches sont en cours. L’APBA s’est rapprochée d’un label multi-races qui va permettre de se positionner sur le marché de la RHD, en simplifiant les démarches des opérateurs, et de compléter les gammes de produits. Le haché label rouge est en route et laisse entrevoir de bons espoirs.

Thierry Offredo

 

Une nette augmentation des volumes saisonniers pour le bœuf bio

bœuf bio

Chez BVB, Bretagne viande bio, coopérative de commercialisation de viande multi-espèces (bœuf, veau, porc, agneau, lapins) issue de l’agriculture biologique basée au Faouët (56), le moral est plutôt bon. Le point avec Maude Jay, technico-commercial bovin et veaux sous la mère.

"Bretagne viande bio travaille avec la boucherie traditionnelle, des magasins bio et des transformateurs et n’a donc pas subi la conséquence de l’arrêt quasi-total de la RHD, la restauration hors domicile", affirme Maude Jay, technico-commerciale. Au contraire, les repas étant exclusivement pris à la maison lors de la période de confinement, la demande en steak haché et surtout en steak haché surgelé a nettement augmenté. Ainsi, la structure a enregistré plus de 75 % d’activité en plus sur les vaches laitières de réformes sur les semaines de confinement comparativement aux même semaines en 2019.

+ 18 % en races allaitantes

Pour ce qui est du troupeau allaitant, si BVB a connu une hausse des volumes abattus moindre qu’en laitier, elle est tout de même significative. En effet, les magasins spécialisés bio et les boucheries traditionnelles ont plutôt bien tourné, permettant d’augmenter les abattages de 18 % toutes allaitantes confondus. C’est sur le segment des "qualités bouchères", des animaux de conformation R= minimum, avec plus de 330 kg de carcasse, que BVB enregistre la plus importante augmentation d’activité, +30 % de volume abattu sur la période de confinement comparativement à 2019.

Forte demande en steak haché

Si les vaches allaitantes n’ont pas progressé au même rythme que les vaches laitières, ça s’explique en partie par l’augmentation nette de la demande en steak haché, mais également par une moindre disponibilité des animaux type viande en élevage. En effet, assez peu de vaches de réformes sont finies en fin d’hiver (coût alimentaire élevé de la ration hivernale). "Les éleveurs attendent donc quelques cycles de pâturage pour les mettre en état avant le départ", explique Maude Jay.
Même s’il est difficile d’avoir une vision à long terme de ce que sera la consommation dans les semaines à venir, le vivier de vaches de réforme allaitantes va s’étoffer, contrairement au stock de vaches laitières, qui lui a diminué. "Si la demande reste forte en viande bio, l’approvisionnement sera donc assuré".

Margot Le Gac

 

BVB en bref

- Groupement d’éleveurs et de bouchers/transformateurs 100 % bio,
- Plus de 370 éleveurs adhérents,
- Productions : bovin, porc charcutier, agneau, veau et lapin,
- 2 232 tonnes équivalent carcasse commercialisées en 2019 dont 1 652 t de bœuf soit plus de 5 000 têtes

Renseignements complémentaires sur https ://www.bretagneviandebio.fr/ ou au 02 97 23 06 79.

 

 

 

 

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