Réforme des retraites : un accueil finalement mitigé dans le monde agricole
Le Premier ministre a présenté le 11 décembre les grandes lignes de sa réforme des retraites. Depuis, les commentaires et les débats ont été nombreux. Petit point de situation des annonces et des réactions, alors que de nouvelles journées de mobilisation sont programmées et qu’au niveau d’Édouard Philippe la concertation joue certainement à plein.

Le futur projet de réforme des retraites garantira "une pension minimale de 1 000 € nets par mois pour une carrière complète au Smic" dès 2022, a indiqué le Premier ministre Édouard Philippe lors de la présentation du projet du gouvernement devant le Conseil économique et social (Cese) le 11 décembre. "Le minimum de pension sera garanti par la loi à 85 % du Smic dans la durée et évoluera comme celui-ci" à partir de 2025, a-t-il ajouté. "Ce sera une révolution sociale qui restera comme une conquête notamment pour les agriculteurs, les artisans, les commerçants", a-t-il estimé. Le futur "système universel de retraite" à points maintiendra l’âge légal de départ à 62 ans mais prévoira un "âge d’équilibre" progressivement ramené à 64 ans en 2027, avec un système de bonus-malus. Édouard Philippe a par ailleurs précisé que la valeur des points de retraites serait fixée par les partenaires sociaux "sous le contrôle du Parlement". "La loi prévoira une règle d’or pour que la valeur des points acquis ne puisse pas baisser", a-t-il précisé. Le projet de loi de réforme des retraites sera "prêt à la fin de l’année" soumis au Conseil des ministres le 22 janvier et "discuté au Parlement à la fin du mois de février", a précisé Édouard Philippe.
Une réforme ambitieuse pour l'avenir.
Des réactions contrastées des syndicats agricoles
À la suite de ces annonces sur le futur système universel de retraites, la FNSEA a salué dans un communiqué du même jour "une réforme ambitieuse pour l'avenir", tout en regrettant l’absence de mesures pour les retraités agricoles actuels. Le syndicat voit dans la mise en place d’une retraite minimum à 1 000 € dès 2022 "une bonne nouvelle, puisque la date initialement prévue était 2025" et qualifie de "dynamique positive" la mise en place d’un régime universel. Au contraire, la Confédération paysanne a appelé "à poursuivre la mobilisation" contre la réforme. Les annonces d'Édouard Philippe "n’apportent pas de réponse à nos revendications pour une revalorisation immédiate des pensions les plus basses et pour un futur système de retraite solidaire, équitable et universel", indique le syndicat dans un communiqué. Pour la Coordination rurale, la réforme annoncée est "profondément injuste, signe d’un manque de considération du gouvernement envers les agriculteurs". La mise en place d’un minimum de retraite à 1 000 € "est issue d’une loi de 2003, mise en application pour les salariés en 2009, mais sans cesse repoussé pour les non-salariés agricoles", indique la CR. Celle-ci dénonce par ailleurs l’augmentation des taux des cotisations retraites prévues par la réforme.
L'autre information importante délivrée par le Premier ministre concerne le calendrier. Après des mois de discussion et de concertation, le calendrier s’accélère avec un texte finalisé avant Noël, une présentation en Conseil des ministres fin janvier, l’arrivée devant les parlementaires en février, et donc potentiellement un vote avant l’été ? À moins que la pression de la rue ne remette en cause ce bel édifice.











