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Renouvellement, un coût de 25 € des 1 000 litres

25 euros des 1 000 litres en moyenne, le coût du renouvellement est un poste de charges important et révèle de fortes disparités. Le gain potentiel pour les exploitations les plus dépensières est de 9 000 €. Travailler sur sa stratégie de renouvellement et le coût de production des génisses permet d’optimiser ce coût.

En 2017, le coût de renouvellement estenmoyennede25€ par 1000l vendus en conventionnel et de 30 € en agriculture biologique (1) (d'après résultats des 115 exploitations conventionnelles et 27 exploitations bio suivies dans le cadre de l’observatoire des systèmes laitiers de la chambre d’agriculture de Bretagne). Des chiffres stables par rapport à l’année précédente. La variabilité entre les élevages est très importante (2) . L’écart sur le coût de renouvellement entre les plus éle- vés et la moyenne est de 17 €/ 1 000 litres en conventionnel et de 31 € en agriculture biologique. Le gain potentiel est de 8840 € pour une exploitation conventionnelle à 520 000 litres vendus et de 9 455 € pour une exploitation bio à 305 000 litres vendus.

Shema genisse dossier
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Le coût de production en jeu

Les écarts s’expliquent principalement par le coût de production d’une génisse et la stratégie de renouvellement (taux de renouvellement et taux de réforme). En effet, les exploitations avec un coût de renouvellement élevé ont un coût de génisse plus élevé, lié au fort taux de réforme impliquant un renouvellement plus important. Dans le tableau 2 , on observe aussi un coût alimentaire plus important chez les plus élevés par rapport à la moyenne (écart de 116 € par génisse en conventionnel et de 129 € en bio). Le gain potentiel sur le coût alimentaire est d’environ 2890 € par exploitation en conventionnel et 2660 € en bio.

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D’autre part, le coût de la génisse est plus faible en bio : 1 321 € contre 1 441 € en conventionnel. Pourtant, le coût de renouvellement est plus élevé de 5 €/1000 L en bio. En effet, les besoins en renouvellement sont plus importants en bio pour produire la même quantité de lait : pour 100 000 litres vendus, six vaches sont réformées en moyenne en bio contre quatre en conventionnel, du fait d’un nombre de vaches plus important avec un niveau de production plus faible.


Élever trop de génisses peut coûter cher
Une génisse est un réel investissement, car elle coûte cher à produire (3) . Ce coût tient compte de la cession du veau et des charges affectées aux génisses : alimentation, fourrages et concentrés, frais d’élevage, charges de structure et dépenses financières. Comme pour le coût de renouvellement, les écarts sont très importants. L’ensemble des postes est concerné : coût alimentaire, mais aussi la mécanisation- bâtiment et frais financiers. Il faut veiller à maîtriser ce coût par des conduites d’élevage économes et en élevant le juste nombre de génisses. Réfléchir sa stratégie en fonction des besoins de l’élevage, des conditions sanitaires tout en gardant une marge de sécurité est essentiel pour optimiser ses résultats.

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Âge au vêlage, quel idéal ?

L’âge au vêlage est en moyenne de 27,5 mois en conventionnel et 27,7 en agriculture biologique. Dans les résultats de l’observatoire, le lien entre le coût de la génisse et l’âge au vêlage n’est pas significatif. Pour un même âge au vêlage, on observe d’ailleurs des coûts de génisses très différents d’un élevage à un autre. Par exemple, pour un âge au vêlage de 28 mois, le coût varie de900à2500€ par génisse.En revanche, réduire l’âge au vêlage permet de faire des économies de fourrages, de places de bâtiment et de temps de travail.

 

Et si on gagnait une lactation par vache ?

En moyenne, les vaches réformées ont réalisé un peu plus de trois lactations. Une primipare qui remplace une 3e lactation, c’est 1 500 kg de lait produit en moins, selon le contrôle laitier (source : Idele, 2018 – race Prim Holstein). L’année suivante, cette femelle en seconde lactation produit encore 200 kg de lait de moins que la vache qui aurait été en 4e lactation. Il faut attendre sa 3e lactation, pour que la différence de progrès génétique s’exprime, en sa faveur par rapport à la femelle qu’elle a remplacée. Sur trois ans, le remplacement d’une 2e ou 3e lactation par une primipare, c’est 1 300 kg de lait en moins, malgré le progrès génétique. Le remplacement d’une vache en 4me lactation par une primipare, c’est seulement 600 kg de lait de moins. Un taux de réforme de 25 %, c’est en moyenne des réformes à quatre lactations et non trois comme c’est le cas actuellement, avec plus de 31 % de réforme (boucherie et pertes).

Maîtriser le taux de réforme

Maîtriser le taux de renouvellement repose sur un véritable choix des vaches à réformer. Une fois les choix faits, reste à planifier les sorties et à prendre une marge de sécurité pour ajuster au mieux les effectifs aux objectifs de livraisons de lait.

Curable ou incurable ?
Les vaches nouvellement infectées de mammite subclinique ont au moins deux chances sur trois de guérir au tarissement. Il serait dommage de les ré- former sans avoir essayé. Par contre les vaches qui n’auraient pas guéri au tarissement sont à réformer. De même que des vaches qui ont fait plusieurs mammites cliniques dans le même quartier. Elles ont peu de chances de guérir, ne sont pas rentables, augmentent la consommation d’antibiotique et le risque d’inhibiteur. A défaut, il faut au moins arrêter de traire le quartier. D’une façon générale, les animaux devant sortir rapidement du troupeau sont ceux répondant aux cas de mammites évoqués précédemment et ceux atteints de maladies chroniques (boiteries incurables, troubles digestifs, maladies contagieuses). Les vaches qui ne remplissent pas font aussi partie des réformes obligatoires. Mais elles ont souvent une bonne persistance et leur réforme peut être décalée dans le temps.

Productive ou improductive ?
Les animaux qu’on ne souhaite pas garder pour des raisons autres que sanitaires (production, taux morphologie) peuvent servir de variable d’ajustement. Il convient de s’interroger si ces réformes sont réelle- ment obligatoires. Il faut se rappeler que le progrès génétique qu’on espère à s’en séparer, ne s’exprimera pleinement que si leurs remplaçantes ont le temps d’exprimer pleinement leur potentiel (après le 3e vêlage).

Une marge de sécurité de 4 %
Prévoir une marge de 5 % de réformes subies permet de sécuriser la prévision de production en cas d’accident sanitaire ou de potentiel litre de lait supplémentaire à réaliser. Ce chiffre minimum peut être discuté avec le vétérinaire ou les techniciens en fonction de la situation sanitaire de l’élevage. Il est conseillé de faire le bilan de ses causes de réformes sur au moins deux années. Ce bilan permet de comptabiliser les réformes obligatoires, donc les besoins en génisses et de travailler sur la réduction des problèmes sanitaires prépondérants de l’élevage. / Marylise Le Guénic

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