Terra 27 septembre 2018 à 10h00 | Par Arnaud Marlet

Jean-Marie Richard décroche le Graal au concours national de labour

À 27 ans, Jean-Marie Richard est chauffeur à la cuma de la Vallée de la Chèze à Tréffendel. Depuis Terres de Jim, il est aussi champion national de labour en planche. Une consécration pour ce jeune papa, qui participait pour la deuxième fois à la finale nationale.

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Après une ouverture réussie, Jean-Marie ne voulait pas laisser passer sa chance.
Après une ouverture réussie, Jean-Marie ne voulait pas laisser passer sa chance. - © Richard

Podium, Marseillaise... Pour les mordus des concours de labour, une finale nationale est un événement majeur qui cristallise la tension dûe à la concentration, avant de libérer toutes les émotions. À l'image des sportifs de haut niveau. "À l'annonce des résultats, je crois que c'est la première fois que je vois son papa avoir les yeux mouillés par les larmes, tellement il était ému", se souvient Céline, qui partage la vie de Jean-Marie.

Pas du tout issu du milieu agricole et dans une toute autre profession, elle même avoue s'être prise au jeu. "Quand j'ai compris qu'il avait gagné, j'ai été la première à crier et j'étais tellement fière de lui", ajoute la jeune femme, encore émue à l'évocation de ce moment, 15 jours après la "performance" de son compagnon.

Un aboutissement

Pour Jean-Marie, cette victoire est un aboutissement, une récompense. Si ces parents sont agriculteurs en production laitière à Plélan le Grand, lui n'a pas encore sauté le pas de l'installation. Pour sa formation, il commence par un BPEA, puis un Bac pro, avant d'enchaîner par un BEP machinisme en alternance, avec la cuma de la Vallée de la Chèze. Suite au départ d'un salarié, on lui propose le poste, à la sortie de son école en 2011. "Mes missions consistent principalement à conduire des engins agricoles, pour l'ensilage, les moissons, l'épandage et l'entretien du matériel", liste Jean-Marie. Pour autant, sa passion pour les concours de labour est plus ancienne. Tout petit déjà, il suit son père qui participait à quelques concours. "Tous les ans, on allait aux fêtes de l'agriculture pour regarder les concours et de fil en aiguille, j'ai eu envie d'essayer et de participer", confie Jean-Marie. Au départ c'est son papa qui lui donne les bases pour ses premiers concours. "Après, on apprend aussi de ses erreurs, on peaufine". Mais pour aller encore plus loin, Jean-Marie s'entraîne sur les terres de l'exploitation familiale, avec le tracteur de ses parents. Il franchit petit à petit les étapes, et finira donc par participer à quatre concours départementaux et deux régionaux. En 2015, il atteint pour la première fois la finale nationale à Metz. Pour l'occasion, c'est Pierrick Baudais, le dernier agriculteur bretillien à avoir remporté la finale nationale de labour en 1997, qui lui prête sa charrue. Peut être un signe... Toujours est il que ce n'est pas cette année là que Jean-Marie décrochera le graal. Mais qu'à cela ne tienne, il persévère et décide même de s'acheter sa propre charrue de la marque Kverneland, uniquement réservée aux concours. Outre l'investissement financier, le jeune homme investit beaucoup de temps sur sa machine. "J'ai changé les versoirs de la charrue et j'ai mis une roue tandem à l'arrière", confirme-t-il.

Pour sa 2e participation à la finale nationale de labour, Jean-Marie Richard devient champion de France de labour en planche.
Pour sa 2e participation à la finale nationale de labour, Jean-Marie Richard devient champion de France de labour en planche. - © A.M

Finale à domicile

Avec une petite fille de 21 mois et une maison à rénover, Jean-Marie pensait faire l'impasse cette année sur le concours de labour. Mais quand il a appris que la finale nationale se déroulait à Javené, la passion et l'envie ont été plus fortes. Il participe d'abord au départemental de Saint-Méloir en août dernier, où il décroche la 2e place, puis au régional le 7 septembre qu'il remporte, ce qui lui donne le droit de représenter la Bretagne à la finale nationale, pendant Terres de Jim. "J'étais déjà content d'être en finale à domicile, même si c'est aussi beaucoup de pression devant la famille, les amis, les collègues qui viennent vous voir", témoigne Jean-Marie. Au fur et à mesure de l'épreuve, il prend confiance et "comme j'avais réussi mon ouverture (NDLR : 1er tracé à réaliser en 20 minutes), je ne voulais pas laisser passer ma chance", ajoute le lauréat, qui se définit lui-même comme quelqu'un de "calme, patient et minutieux". Pointilleux ? Sans doute, mais c'est aussi cette marque de fabrique qui l'a emmené sur la plus haute marche du podium. Ce qui ne l'empêche pas d'être humble et de remercier ses collègues qui lui ont laissé du temps libre pour s'entraîner dans une période d'ensilage et donc de journées chargées. Comme le règlement lui l'impose, Jean-Marie ne pourra plus se présenter au concours de labour en planche, mais il pourrait passer le relais à son petit frère... Quant à lui, il va pouvoir consacrer un peu plus de temps à sa vie de famille, avant, qui sait, de tenter l'aventure sur le labour à plat...

Labour en planche : comment ça marche ?

Pour le labour en planche, chaque concurrent dispose d'une parcelle en forme de rectangle de 20 m de largeur par 100 m de longeur. Les juges disposent d'une grille de notation sur 300 points. Le concours débute par le tracé d'ouverture. Une épreuve qui ne doit pas dépasser 20 minutes et qui doit donner lieu à un sillon le plus droit et le plus propre possible. Après une pause de 30 minutes, les concurrents passe à la suite des épreuves. Il s'agit alors d'effectuer quatre tours en adossant. C'est ce qu'on appelle un "ado", soit refermer les sillons le mieux et le moins haut possible. Pour terminer, une fois que tout le terrain est labouré, on effectue la dérayure, en s'appuyant sur le tracé d'ouverture de son voisin de droite.

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