Terra 13 mars 2019 à 14h00 | Par Florence Delalande, agricultrice à Trédias (22)

"Petite Poucette"

Abonnez-vous Réagir Imprimer

En ce mois de mars 2019, le 8 mars, rappel de la journée du droit et de l’égalité entre les hommes et les femmes, cela vaut bien une réflexion toute féminine, cheffe d’entreprise co-responsable sur le devenir du monde agricole projeté en nos temps modernes sur l’ère de la révolution numérique.

Les femmes, à qui notre célèbre philosophe Michel Serres rend hommage dans son ouvrage "Petite poucette" qui porte une réflexion sur les inflexions du numérique. Michel Serres justifie son titre aux pouces utilisés fréquemment par les enfants du numérique et l’utilise au féminin comme un hommage à ces étudiantes qui sont plus studieuses que les garçons. Aussi, elles sont dotées d’une grande efficacité au travail précise ce philosophe. Les futures générations sont celles du numérique. En tant qu’agricultrice, je m’interroge sur les mutations du futur pour l’agriculture, les femmes et les hommes qui y travaillent de concert. Quelle place prendra la nourriture dans le quotidien de nos cybernautes connectés H24 ? Connecté pour le travail, pour les loisirs, pour s’informer, pour se socialiser, pour transpirer une vie en quête de sens et d’aventure. Comment nourrira-t-on cette génération perfusée au triomphe du jeu connecté en réseau. Serait-ce un avant-goût de ce que peuvent nous apporter ces jeunes : une agriculture de réseau et un travail d’équipe cyberconnecté ? Une agriculture qui, en se connectant, alimentera et éveillera les papilles du savoir : "Je suis ce que je mange".

C’est dans cette quête de raison, que nous devons être acteur du changement de modes de nos productions qui grâce à l’ère du numérique et de la robotique voient apparaître des tâches moins laborieuses et moins chronophages. Nous libérant davantage de temps et d’énergie pour influer des modèles d’élevages en recherche d’autonomie notamment l’autonomie alimentaire. Produire local et pourquoi pas produire ses propres aliments protéiques. La connaissance avance, les recherches font leurs preuves, nous sommes en mesure aujourd’hui de produire des fourrages pour l’alimentation des monogastriques. Preuve que toutes les générations apportent un renouveau par une différenciation et par l’adaptation.

C’est en tant que femme mais aussi en tant que mère, agricultrice, éleveuse mais aussi consommatrice et citoyenne que je m’intéresse à l’alimentation. Celle que je produis et celle que je consomme. L’entrée dans l’ère du numérique implique un changement au niveau de l’organisation des savoirs et de l’utilisation des connaissances. Ce monde se veut le monde de l’information, mutation majeure dans le développement de notre agriculture...

Fort à parier que les femmes y joueront un rôle majeur…

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Terra se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui