Éducation : une volonté forte mais des moyens insuffisants

Les slogans de campagne affirment que l'éducation est la priorité n° 1 du gouvernement malgache. Au détour des villes, aucun doute, nombre d'enfants vêtus de blouses colorées se rendent en classe. Il en est tout autre dans les villages. Dans les quatre villages traversés par la délégation, la très grande majorité des enfants ne suivent aucune instruction. Si l'État contribue à l'enseignement via des fonds et la distribution d'un kit scolaire, une partie de la charge financière (moins de 10 euros par an et par enfant) repose sur les parents qui se trouvent dans l'impossibilité d'abonder ou qui privilégient la main d'œuvre des enfants aux champs plutôt qu'à l'école. Certains parents choisissent de former tous leurs enfants pour qu'ils acquièrent un socle de connaissances minimum mais déscolarisent le premier lorsque le second arrive en âge d'être scolarisé, faute de moyen.
Ainsi, plus le niveau de la classe est élevé, et ce dès le primaire, plus les classes sont petites. Un autre frein est celui de la langue. Les cours en études supérieures sont donnés uniquement en français, or si la langue française est apprise dans les villages, la maîtrise nécessaire pour se former au supérieur n'est souvent pas acquise. Une situation délicate qui ne permet pas à la société rurale malgache de s'émanciper en masse et ainsi de proposer des solutions politiques concrètes pour leur village.














