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L'égalité et la parité : Nous sommes toutes et tous concernés

De nombreuses actrices et acteurs de l'égalité des droits femmes·hommes agissent en Bretagne contre des inégalités qui perdurent. La Région met à leur disposition le Conseil pour l’égalité entre les femmes et les hommes en Bretagne (CpeG). Ce lieu âgé de 15 ans est encore dans sa pleine jeunesse… Anne Patault vice présidente de la région Bretagne nous le fait découvrir.

Anne Patault, vice-présidente de la Région Bretagne en charge de l’égalité, de l’innovation sociale et de la vie associative.
© Thomas Crabot

"Pour certain·e·s, c’est un machin, car on ne sait pas trop comment l’appeler, mais on sait qu’on en a besoin et que cela nous est utile", aime à témoigner Anne Patault, lorsqu’elle cherche à définir ce lieu qui donne la parole à chacun·e et qui propose à toutes celles et ceux qui le souhaitent d’agir en faveur de l’égalité des droits fh de se retrouver une à deux fois par an.
C’est toujours beaucoup de plaisir : à se retrouver, à se découvrir, à toucher du doigt une réelle diversité d’expériences, d’actions, de personnes engagées au quotidien pour améliorer la vie des femmes en Bretagne. Il y a un vrai besoin de lieux et de moments dédiés pour témoigner de cela aujourd’hui.

Au cours de nos réunions, la vie des femmes, dans toutes ses dimensions y est racontée ; encore trop peu peut-être, par les femmes elles-mêmes, mais les associations et professionnel·le·s parlent d’elles ; car tous les jours, elles et ils reçoivent des femmes en recherche d’emploi, qui cherchent à se reconvertir, qui courent entre les enfants et leur emploi, qui gagnent moins que leurs collègues masculins, qu’on ne croit pas encore lorsqu’elles disent qu’elles dirigent leur exploitation agricole, et à qui on demande encore "où est le patron ?", des étudiantes qui s’autocensurent dans leurs choix de filières, des lycéennes qui n’osent plus s’habiller comme elles souhaitent, mais aussi des femmes qui créent leur entreprise, qui se reconstruisent après avoir vécu des années d’enfer de violences conjugales… Entendre ces réalités est décisif dès lors qu’on a pour objectif de définir des politiques. C’est là aussi qu’on puise les raisons d’espérer lorsqu’on entend l’enthousiasme des femmes qui se rassemblent au sein de réseaux ou des projets qui bousculent nos façons de faire et font tomber nos préjugés.

Partager nos ressentis, nos envies comme nos difficultés à faire de l’égalité femme-homme sur le terrain, qu’on soit élu·e, responsable d’une structure de jeunesse, formateur·trice, DRH d’une entreprise, chef·fe de projet Quartier Politique de la Ville, agricultrice… est donc à la fois déterminant et revigorant. Faire vivre ce type d’espace où nous sommes associé·e·s librement au service d’une politique d’égalité des droits entre les femmes et les hommes est un vrai privilège.

Depuis deux ans, nous travaillons à refonder notre outil, ce CpeG. En 2018, nous avons initié des rencontres départementales du CpeG destinées à se rapprocher des réalités des territoires bretons. Début 2019, lors, de ce que nous appelons une Plénière, nous avons travaillé à la fois à mieux identifier les priorités sur lesquelles nous pensions collectivement devoir faire davantage réseau en Bretagne comme à refonder une manière de travailler au sein de ce réseau. Nous avons partagé des constats, repéré des problématiques/urgences et formalisé des propositions sur cinq axes et dix-sept chantiers. Certains de ces chantiers peuvent constituer une "plateforme commune d’actions à investir", à la disposition de toutes et tous ; et c’est bien l’originalité et la force des réunions du CpeG que de faciliter cette interconnaissance voire ce repérage de partenaires potentiels pour des projets à investir ensemble sur les territoires.

D’autres chantiers restent à défricher : parfois, par manque de représentation au CpeG des principaux acteurs (on ne les connait pas, ils ne nous connaissent pas) et/ou par manque de dynamique "Égalité" de ces mêmes acteurs (peu ou prou sensibilisé·e·s à l’égalité fh, il est difficile de prendre l’initiative). La recherche de ces "manquants"  nous incombe sûrement ; des appels peuvent être lancés ou relayés par l’institution. Nous pouvons sûrement faire mieux.

En 2019 encore, nous avons initié un appel à manifestation d’intérêt pour susciter des projets qui ne rentrent pas "dans nos tuyaux" malgré leur pertinence ; 14 projets ont été retenus, ils nous ont permis d’accueillir de nouveaux venus, de s’attaquer à des priorités, les situations des familles en situation de monoparentalité par exemple. Fin 2020, au moment des bilans, la Région sera attentive à décliner et traduire leurs préconisations dans nos propres dispositifs.

Aujourd’hui, nous poursuivons notre démarche, en donnant au CpeG, outre des objectifs de développement et de renforcement de son propre réseau, une finalité de sensibilisation des communes et des EPCI (Communautés de Communes et Agglomérations) à la question de l'égalité femmes·hommes dans les politiques publiques. La période est opportune : les municipalités vont se renouveler, les EPCI élire de nouveaux exécutifs, définir de nouveaux projets pour les 6 ans à venir. Alors que la loi du 4 août 2014 "pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes", instaure l’obligation de présenter un rapport annuel d’activité et de préconisations aux collectivités de + de 20 000 habitant·e·s, et que sur les 59 EPCI en Bretagne, 49 sont concernés par cette disposition législative, comment vont-ils s’y prendre ? Comment améliorer la prise en compte, une meilleure appropriation d’objectifs de réduction des inégalités fh dans leurs domaines d’intervention ? Des CpeG départementaux pourraient se donner comme objectifs de sensibiliser les EPCI à l'égalité fh afin qu'ils la déclinent concrètement dans leurs actions et dispositifs. C’est le nouveau chantier que nous proposons…

Une méthodologie reste à affiner et des outils nous manquent. Produire un annuaire des faiseurs de l’égalité fh en Bretagne, une Égalithèque où piocher des ressources, un kit "par où commencer ?", une charte de valeurs et d’engagements… sont autant de pistes qu’il conviendrait de traduire en actes. Le temps presse car certaines des inégalités évoluent, se transforment sans vraiment disparaitre. Nous avons beaucoup de points d’appui en Bretagne mais Il y a encore des absent·e·s. Si nous sommes toutes et tous concerné·e·s, il faut bien le reconnaître, nous ne répondons pas toujours toutes et tous présent·e·s. Les entreprises, les jeunes, les élu·e·s, les associations, les hommes également... Des pans entiers de notre société restent encore trop peu irrigués par l’égalité fh. Le Conseil pour l’égalité entre les femmes et les hommes en Bretagne s’adresse aussi à ceux-là. Un prochain appel à manifestation d'Intérêt régional devrait nous permettre d’aller chercher ces manquant·e·s, ces ressources nouvelles notamment du côté des EPCI et des collectivités. Ce sont autant de richesses, d’envies, d’innovations que nous voulons valoriser et mettre au service de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, partout sur le territoire… pour agir au plus précis plus efficacement.

Un parcours vers l'emploi pour les familles en situation de monoparentalité

Le parcours mis en place par Émeraude Compétences et AO ressources tient compte des réalités : la monoparentalité est massivement assumée par les femmes, et celles-ci se retrouvent davantage mises en retrait dans leur souhait professionnel, ou même dans leur possibilité d’évolution professionnelle, éloignées de l’emploi, touchées par le peu ou l’absence de qualification, avec des périodes d’inactivité professionnelle consacrée à l’éducation des enfants, confrontées au coût de garde, à des horaires trop flexibles, à une mobilité difficile.
Les freins sont nombreux : une vie de parents organisée autour du rythme de l’enfant avec la culpabilité de rompre ce lien par la reprise d’un emploi, le silence et le repli sur soi dus à des situations de vie contraignantes, difficiles, douloureuses, une estime de soi dégradée, des certitudes ancrées sur des métiers, des difficultés financières obsédantes… auxquels il faut parfois ajouter une situation de handicap ou un mauvais état de santé persuadant la personne de son incapacité d’accès à un emploi, non adaptable à une nouvelle vie professionnelle, la méconnaissance des aides, une trajectoire de vie compliquée, la difficulté de s’appuyer sur des gardes d’enfants de proximité, une situation d’aidant·e familial·e…
Le projet de partenariat est innovant car il prend en compte l’ensemble de ces facteurs en formant à des outils utilisables tout au long de la vie pour développer la conscience de ses ressources, développer l’estime de soi et l’autonomie, en associant les apprentissages cognitifs à la gestion des émotions liées, en construisant les ateliers à partir des usages et des femmes elles-mêmes. Expérimental parce qu’il implique de s’appuyer sur l’expertise des organismes locaux en matière de formation professionnelle, de financement pour aboutir à un projet réaliste et réalisable en adéquation avec les aspirations des femmes et les réalités du marché de l’emploi. Il s’agit de co-construire un parcours dynamique d’accès à l’emploi jusqu’aux entreprises locales qui cherchent à recruter.

 

L'Île aux femmes ou les chroniques du matrimoine breton(1)

 

 

Égalité et parité

Le matrimoine est l’héritage culturel légué par les générations de femmes précédentes ; par analogie avec “patrimoine”, littéralement "ce qui est transmis par les pères". Jusqu’ici réduit au seul patrimoine, notre héritage culturel a fait l’impasse sur les créations et les apports des femmes privant ainsi des générations de modèles précieux. Un héritage culturel mixte, diversifié, ne peut que nous enrichir. C’est pourquoi le projet “L’île aux femmes” a pour objectif de faire découvrir de nombreuses femmes, restées dans l’ombre, qui ont participé à l’histoire de la Bretagne ; par la création d’une série radiophonique qui redonne place aux femmes dans l’histoire, diffusée sur les ondes et en podcast.
Ce projet porté par la CORLAB (Coordination de 18 radios locales et associatives de Bretagne) et par le mouvement HF qui agit pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes dans les arts et la culture en Bretagne, a été retenu par l’AMI proposé par la Région Bretagne "l’égalité fh, un levier pour accompagner celles et ceux qui agissent pour un développement des territoires au service de toutes et tous". Au travers de 10 épisodes, les chroniques présentent des artistes brillantes, des pionnières inspirantes, des drôles de dames bien embarrassantes pour leur époque et des femmes de transmission jamais entrées dans l’histoire : La créatrice Val Piriou, la harpiste Kristen Noguès, la projectionniste Marie de Kerstrat, la peintre Jeannine Guillou, la photographe Elisabeth Disderi…

Pour écouter les chroniques, rendez-vous sur les radios adhérentes de la CORLAB et le site internet : www.lile-aux-femmes.com

(1) Lauréat du prix régional de l’Economie Sociale et Solidaire 2019 organisé par la CRESS.

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