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"Se renseigner est du devoir de toutes les agricultrices"

Cheffe d’exploitation avec son fils et  un salarié (embauché depuis la retraite de son mari au 1er janvier), la présidente du comité de pilotage des agricultrices du département des Côtes d'Armor encourage les agricultrices à bien s'informer, sans délai, sur leurs droits en matière de propriété relatif à l'outil de production. Une femme avertie en vaut deux.

L'agricultrice Marie-Christine Le Crubière.

Mariée en 1985, Marie-Christine Le Crubière a débuté son métier d'agricultrice sur le ferme laitière de son mari avec le statut "d'ayant-droit" puis en 2000, celui de conjointe collaboratrice. Au fil du temps, la ferme s'est diversifiée avec un atelier porc puis de l'hébergement rural. Ce n'est qu'en 2017 que Marie-Christine devient cheffe d'exploitation au même titre que son mari et son fils installé en Gaec. Même si l'agricultrice a travaillé sur la ferme aux côtés de son mari mais avec un statut social différent, elle s'est toujours considérée à l'égal de son époux s'agissant des décisions. "Malgré cela, je me suis sentie cheffe d'exploitation. J'ai toujours eu la reconnaissance de mon mari Michel", confie-t-elle.
Devenue présidente du comité de pilotage "Agriculture au féminin" des Côtes d'Armor, elle ne peut qu'inciter les femmes à sortir de leur ferme, à venir s'informer, à discuter entre elles jusqu'à évoquer les tracas du quotidien. Car au sein du comité accompagné par la chambre d'agriculture, les complicités se nouent. "Il y a du lien qui se crée. O​​​n ne parle pas que des productions, on parle de nos problèmes. Les agricultrices se rendent compte qu'elles ne sont pas toutes seules", explique Marie-Christine Le Crubière.

 

S'informer sur ses droits

Sur la question de l'évolution du statut des agricultrices (Gaec entre époux, 2011 ou dernièrement le congé maternité), la présidente relativise, mettant dans l'équation les limites économiques des exploitantes et exploitants. "Avec tout ce qu'il y a à payer dans les exploitations, cela conditionne ensuite l'aspect social. Quant tu peux cotiser, tu le fais mais parfois tu ne le peux pas. Il y a quand même des bas revenus, notamment en lait, cela ne tire pas vers le haut. Le choix de la santé, par exemple, peut arriver après", estime-t-elle.
Mais au delà de l'évolution des statuts décidée par la loi, l'agricultrice s'inquiète de la situation des agricultrices en cas de changement familial, deuil ou divorce. "Il ne faut pas attendre le drame, cela n’arrive pas que chez les autres. Allez vérifier votre situation auprès d'un juriste de la chambre d'agriculture ! En cas de deuil ou de divorce, que devient la ferme, les baux et que reste-t-il à la femme ? Que devient-elle ? On assiste à des catastrophes, certaines n'ont plus rien", prévient-elle. Car même si la femme détient avec son mari 50 % des parts sociales de la société, le bail, par exemple, est-il au nom de monsieur et de madame ; l'outil de production appartient-il au mari ? Rencontrer son notaire, un juriste est "le devoir de toute femme". "Il ne faut pas attendre, il faut se renseigner avant...", conseille Christine Le Crubière.

 

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