Une caisse de micro-crédit entre agriculteurs

Seulement 13 % de la population malgache fait appel aux banques traditionnelles et 7 % aux prêts de micro-crédit. Des chiffres étonnants qui s'expliquent autant par les taux d'intérêts pratiqués (entre 6 et 10 %) que par la crainte de ne pas maîtriser les codes et usages bancaires. Sous l'impulsion de l'Apdip, des groupes d'agricuteurs se forment. Chaque groupement établit des règles à respecter que ce soit pour la souscription d'un crédit, la cadence de remboursement, le taux d'intérêt... Les membres de la communauté (entre 15 et 25 agricuteurs) disposent d'un cahier personnel conservé dans une caisse qui reprend toutes ses transactions en cours. Cette caisse se veut solidaire et efficace. Ainsi, le remboursement peut se faire en une fois ou petit à petit, les intérêts sont calculés sur les emprunts restants et répartis ensuite entre ceux qui sont à jour dans leur remboursement. Si la caisse ne peut pas financer l'ensemble des demandes de prêts, alors le groupement mettra en place la priorisation des demandes, déjà actées par le réglement de la caisse. À Liastsao, dans le village où réside Vincent, le cycle de prêt s'effectue sur neuf mois. Ensuite, chacun repart avec sa mise de départ. Ce système de caisse commune doit permettre de pallier des difficultés financières mais aussi d'investir dans son exploitation. Outre des prêts à vocation agricole, la caisse impose une cotisation dites "sociale" où chaque membre cotise à part égale. Cette réserve d'argent supplémentaire est disponible en cas de coup dur (maladie, crise sanitaire...) des membres du groupe.












