Terra 29 août 2018 à 16h00 | Par Chantal Pape

Etats généraux de l'alimentation : les JA attendent "des actes"

Lundi dernier, les Jeunes agriculteurs l'ont rappelé au Préfet : après un an d'échanges et de discussions,il est désormais temps que les EGA se déclinent en loi et décrets d'application, afin que les négociations commerciales avec la grande distribution se déroulent cet hiver sous de meilleurs auspices pour fournisseurs et producteurs.

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Les Jeunes agriculteurs ont été reçus par Pascal Lelarge, Préfet du Finistère, le 27 août dernier. De gauche à droite : Gurvan Philippe, vice-président et référent porc, Alexandre Castrec, membre du Bureau et référent lait, Stéphane Cornec, président, et Yvon Le Clech, trésorier et référent installation.
Les Jeunes agriculteurs ont été reçus par Pascal Lelarge, Préfet du Finistère, le 27 août dernier. De gauche à droite : Gurvan Philippe, vice-président et référent porc, Alexandre Castrec, membre du Bureau et référent lait, Stéphane Cornec, président, et Yvon Le Clech, trésorier et référent installation. - © Chantal Pape

"Il y a urgence". Le 27 août dernier, les Jeunes agriculteurs ont demandé à rencontrer le Préfet. Et c'est surtout d'EGA, états généraux de l'alimentation dont il a été question. "Quand on nous l'a demandé, l'été dernier, nous nous sommes rendus disponibles pour échanger dans les différents groupes de travail", rappelle Stéphane Cornec, leur président. Si la loi est encore en discussion entre députés et sénateurs, les JA rappellent qu'il n'y a plus de temps à perdre. "Les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs vont commencer dès le mois de novembre. Si les décrets d'application ne sont pas sortis pour la mi-octobre, on va perdre un an".

Un manque de rentabilité

Les Jeunes agriculteurs ont également profité de leur entretien avec le Préfet pour faire un tour rapide des différentes productions. "Le constat est le même partout : un manque de rentabilité et des perspectives compliquées". Et faute de prix rémunérateurs, les trésoreries se tendent.

"En porc, le décrochage avec les autres bassins de production européens n'a pas permis au prix de monter pendant l'été", dénonce Gurvan Philippe, référent porc à JA. Une hausse qui aurait pourtant permis "d'appréhender plus sereinement l'hiver". Et le différentiel avec l'Allemagne devrait atteindre les 8 centimes du kilo sur un an quand, dans le même temps, le prix des matières premières repart à la hausse.

"Nous avons rencontré tous les groupements pour leur demander de s'organiser pour peser sur le commerce". Et les JA de rappeler leur attachement au MPB, le marché du porc breton. "Il ne faut pas oublier qu'en plus de définir un prix deux fois par semaine, le MPB assure aussi une garantie de paiement, une grille de classement des animaux, la pesée et l'équité entre producteurs".

Des distorsions de concurrence

"En lait, on ne sait pas où on va, s'inquiète Alexandre Castrec, référent lait des JA. On nous avait annoncé une hausse des cours. Mais le prix du beurre n'est pas monté aussi haut que l'an passé. Et les stocks de poudre ne diminuent plus". Seul espoir des JA pour débloquer la situation : la sécheresse qui sévit dans certains grands bassins de production. "Peut-être pourra-t-elle faire repartir les cours à la hausse sur le marché mondial...".

En légumes, même si la diversité des situations rend compliquée une analyse globale, "de plus en plus de producteurs rencontrent eux aussi des difficultés de trésorerie, les rendant vulnérables au moindre aléa climatique". Sans oublier les distorsions de concurrence avec les autres bassins de production européens, "notamment sur le volet de la main d'oeuvre".

Installer

"Dans ces conditions, comment continuer à installer ?" Pour les JA, ce manque de rentabilité, toutes productions confondues, ne permettra pas de relever le défi du renouvellement des générations. "Dans le département, les bonnes années, on enregistre 135 installations aidées quand on nous annonce plus de 2 000 départs en retraite de chefs d'exploitation dans les 5 ans à venir".

Les JA ont aussi évoqué ces agriculteurs qui, bien avant l'âge de la retraite, décident d'arrêter l'élevage, pour raisons économiques ou par choix. "Et on assiste à une végétalisation du territoire, dont les conséquences se feront aussi sentir sur l'emploi dans l'agro-alimentaire", préviennent les JA.

Actualité oblige, il fut aussi question des difficultés de Synutra. "Il est hors de question que les agriculteurs paient l'amateurisme sur le montage de certains projets, prévient Stéphane Cornec. Nous ne sommes pas opposés à la reprise par Sodiaal. Mais nous resterons attentifs aux conditions de cette reprise. Qu'elle ne soit pas une raison pour payer encore moins cher le lait. Notre travail a un prix, nos produits aussi". Un message que les JA entendent bien faire passer en ce temps de rentrée syndicale.

 

 

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